La Région veut redorer le blason de l’apprentissage

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Au premier plan, de g. à d., Armande Le Pellenc Muller et Carole Delga. Elle sont entourée des six représentants des partenaires sociaux et du directeur de la Direccte.
Au premier plan, de g. à d., Armande Le Pellenc Muller et Carole Delga. Elle sont entourée des six représentants des partenaires sociaux et du directeur de la Direccte. (Crédits : M.C.)
La Région Occitanie a acté sa politique de formation professionnelle et d’apprentissage pour les trois ans à venir en signant, le 16 mars 2017, le Contrat de plan régional de développement de la formation et de l’orientation professionnelles avec l’État, l’autorité académique et les partenaires sociaux.

Quadripartite, le Contrat de plan régional de développement de la formation et de l'orientation professionnelles (CPRDFOP) a été signé par Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, aux côtés de Christophe Lerouge, directeur de la Direccte, représentant le préfet de la région Occitanie pour l'occasion, Armande Le Pellec Muller, rectrice de la région académique Occitanie, et six représentants des partenaires sociaux.

Instrument central de coordination de la politique régionale en matière de formation et d'apprentissage, le CPRDFOP est un outil de programmation qui fixe les priorités et les plans d'actions en matière d'orientation et de formation professionnelle sur la période 2017-2020. Son objectif est d'adapter l'appareil de formation aux réalités économiques et sociales pour favoriser l'accès, le maintien et le retour à l'emploi de la population active.

« Au-delà des sigles et des acronymes qui ne parlent à personne, je veux réaffirmer que l'engagement que nous prenons aujourd'hui, c'est est avant tout du concret avec un seul objectif : l'emploi, toujours l'emploi ! Le CPRDFOP est notre socle commun, le cadre de notre stratégie en matière de formation professionnelle, mais il doit très concrètement permettre à chaque personne entrée en formation de trouver un travail  à la sortie », déclare Carole Delga.

La méthode « Carole Delga »

Ce document porte la marque de fabrique de la méthode « Carole Delga », à savoir « une démarche participative faite de plusieurs mois de dialogue et de concertation ». Dans les faits, cela s'est traduit par la consultation de 4 000 personnes entre juin et décembre 2016.

« Deux premières réunions de concertation ont été organisées à Montpellier et Toulouse réunissant 2 000 personnes, indique Thomas Delourmel, directeur de la formation professionnelle et de l'apprentissage à la Région. Ensuite, dix-huit réunions territoriales se sont tenues réunissant également 2 000 personnes. De septembre à décembre, des séances de travail et de négociation entre les différents acteurs ont permis de définir les priorités. »

Autre spécificité de la méthode : « tout est imbriqué ». Traduction : le CPRDFOP a été construit de façon conjointe avec les deux autres schémas régionaux : le schéma de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII) et celui dédié à l'enseignement supérieur, à la recherche et à l'innovation (SRESRI).

« Le CPRDFOP, le SRDEII et le SRESRI sont les trois piliers d'une seule et même stratégie, la Stratégie régionale pour l'emploi et la croissance que nous avons présentée le 12 décembre 2016 », précise Carole Delga.

Salué par le représentant de l'État, Christophe Lerouge, la démarche a permis de « de créer une cohérence entre les sujets économiques, l'emploi et la formation ». Et ainsi de lever « certaines barrières [car] parfois le monde économique et le monde de l'éducation ont des regards différenciés», ajoute Armande Le Pellec Muller.

Cet effort de mise en adéquation des intérêts a débouché sur un document contenant quatre grandes orientations déclinées en trente-trois actions concrètes. Ces quatre priorités sont : augmenter le taux d'emploi des actifs, déployer une offre de formation de proximité contribuant à l'égalité des chances, garantir un service public régional de l'orientation performant, impulser une nouvelle gouvernance.

Augmenter le niveau de qualification

Face à un fort taux de chômage (11,7 % au 4e trimestre 2017 contre 10 % à l'échelle nationale), la région Occitanie a devant elle deux leviers et marges de manœuvres majeures en matière de formation, alors que 14 000 emplois ne sont pas pourvus en région. Il s'agit tout d'abord d'accroître le niveau de qualification, peu élevé en région, notamment du côté de l'ex Languedoc-Roussillon.

« Dans un territoire où l'on ne va pas forcément vers les diplômes, il est important de rappeler que le taux de chômage diminue avec le niveau qualification, indique Armande Le Pellec Muller. Ce taux est de 19 % pour un ouvrier non qualifié alors qu'il est de 11,4 % pour un ouvrier qualifié et de 4,4 % pour un cadre. La qualification est donc un enjeu central en Occitanie. »

Efforts sur l'apprentissage

Autre marge de manœuvre prometteuse : l'apprentissage. Alors que les apprentis ont 80 % de chance de trouver un emploi, ils ne sont que 35 000 en Occitanie et seules 4 % des entreprises ont recours à eux. Résultat : la région fait partie des mauvais élèves français en la matière.

« Le faible taux d'apprentis en région tire l'une des ses origines dans la présence de nombreuses entreprises individuelles, explique Thomas Delourmel. Néanmoins, nous avons une marge de progression importante. C'est pour cette raison que l'une des déclinaisons du CPRDFOP est un plan dédié à l'apprentissage avec des mesures très concrètes qui sera voté le 24 mars. »

Un budget annuel de 430 M€

Doté d'un budget annuel (hors plan d'urgence) de 430 M€, le CPRDFOP consacre 143 M€ à la politique de l'apprentissage dont 9 M€ seront directement fléchés vers ce plan d'apprentissage.

« Ces crédits spécifiques témoignent véritablement de l'engagement de la Région en faveur de l'apprentissage, précise Thomas Delourmel. Il ne s'agit pas d'une action de communication mais d'une politique très concrète et volontariste. »

Parmi les actions prévues par la Région figurent la création d'une plateforme téléphonique, une assistance pour les démarches administratives, des aides pour les petites entreprises et « la volonté de donner une grande fierté aux apprentis », déclare Carole Delga.

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Commentaires
a écrit le 18/03/2017 à 0:11 :
Les artisans sont les princaux formateurs des apprentis
.Mais depuis 20 ans qu'a t'on fait pour maintenir le petit commerce de proximité et l'entreprise individuelle ?
Les charges ont augmenté proportionnellement avec la baisse des revenus de la petite entreprise ,ce qui a provoqué leur disparition progressive.
Les normes et les obligations du code du travail ont poussé le petit entrepreneur a ne plus embaucher ni salarié ni apprenti sans que cela n'affecte nos (incompétants )décideurs.
Maintenant il n'y a plus assez d'artisans experimentés pour la formation.
Alors l'apprentissage !!! Bon courage
Patrick

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