Myriam El Khomri : "L’apprentissage est une voie d’excellence"

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Myriam El Khomri, la ministre du Travail, était présente à l'inauguration de la Maison des Compagnons du Devoir à Baillargues (34), le 23 mars 2017, aux côtés notamment de Bertrand Nauleau (premier conseiller des Compagnons du Devoir), Jean-Luc Meissonnier (maire de Baillargues), Hussein Bourgi (conseiller régional Occitanie), Pierre Pouëssel (préfet de l'Hérault), et Chantal Marion (vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole).
Myriam El Khomri, la ministre du Travail, était présente à l'inauguration de la Maison des Compagnons du Devoir à Baillargues (34), le 23 mars 2017, aux côtés notamment de Bertrand Nauleau (premier conseiller des Compagnons du Devoir), Jean-Luc Meissonnier (maire de Baillargues), Hussein Bourgi (conseiller régional Occitanie), Pierre Pouëssel (préfet de l'Hérault), et Chantal Marion (vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole). (Crédits : Edouard Hannoteaux)
La Maison des Compagnons du Devoir de Baillargues a été inaugurée en grande pompe le 23 mars, en présence de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. L’occasion pour elle de valoriser la voie de l’apprentissage et de souligner l’action du gouvernement en la matière.

La région Occitanie compte neuf Maisons des Compagnons du Devoir : sept sur l'ex-Midi-Pyrénées (Colomiers, Labruguière, Rodez, Saint-Girons, Toulouse, Albi, Eauze), une à Nîmes, et enfin une près de Montpellier, la nouvelle Maison des Compagnons du Devoir de Baillargues, qui était inaugurée le 23 mars 2017, en présence de Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Cette inauguration était, pour celle-ci, une de ses dernières prises de parole publiques (elle se rendait à Toulouse l'après-midi), et du même coup sa dernière sortie en qualité de ministre, avant le début de la période de réserve électorale qui commençait ce même jour à minuit.

Les Compagnons du Devoir sont installés à Baillargues depuis 1995. La nouvelle structure (5 240 m2, dont 2 200 m2 pour le pôle formation) permet d'accueillir deux fois plus de compagnons, soit 120 jeunes apprentis dans les métiers de charpentier, menuisier, plombier, métallier, tailleur de pierre et maçon. Des formations pour les entreprises sont également proposées.

Une maison à 10 M€

La Maison des Compagnons du Devoir aura coûté près de 10 M€. Le pôle formation (4,9 M€) a été financé pour partie en autofinancement des Compagnons du Devoir (3,27 M€), et pour partie par des subventions (Caisse des Dépôts au titre du PIA* : 700 000 € ; Région Languedoc-Roussillon : 1 M€).

Le pôle Hébergement (2 563 m2), adossé au centre de formation, aura coûté, quant à lui, 4,9 M€. Confié à FDI Habitat, il a été financé par plusieurs prêts (Caisse des Dépôts, Cileo, Caisse d'allocations familiales) et des subventions (PIA*, Montpellier Méditerranée Métropole, Département de l'Hérault, CAF, Conseil régional Languedoc-Roussillon).

Sept jeunes sur 10 en emploi

L'inauguration, qui rassemblait bon nombre d'élus locaux, était l'occasion pour la ministre d'encenser l'apprentissage, dont l'enjeu est toujours de revaloriser une voie encore très déconsidérée par le grand public.

« Sept jeunes sur 10 sont en emploi après l'apprentissage, souligne-t-elle. Je ne considère pas la voie de l'apprentissage comme une voie de lutte contre l'échec scolaire et contre le chômage, mais comme une voie d'excellence. Il faut rendre cette voie plus attractive... Les Compagnons du Devoir, c'est une institution et un vecteur de rayonnement de notre pays au-delà de nos frontières. »

Lors d'une table ronde, organisée avec des jeunes Compagnons et quatre entreprises locales, la ministre a répondu à leurs interrogations.

« Un apprenti ne coûte rien la 1e année pour l'entreprise, rappelle-t-elle. Notre problématique, c'est la question de l'orientation, de la rénovation des diplômes pour répondre aux besoins des entreprises. Il faut remettre à jour la grille de financement de l'apprentissage. Ce chantier est entre les mains des organisations syndicales et professionnelles... Avec la ministre de l'Éducation Nationale, nous avons avancé sur la rénovation des diplômes en fonction des compétences recherchées par les entreprises. Raison pour laquelle nous avons souhaité ouvrir 85 titres professionnels, sur les 220 existants, à l'apprentissage. »

Inauguration de la Maison des Compagnons du Devoir de Baillargues (34), le 23 mars 2017

6 000 places d'apprentis supplémentaires en Occitanie

Le titre professionnel est une certification professionnelle délivrée, au nom de l'État, par le ministère de l'Emploi, attestant que son titulaire maîtrise les compétences, aptitudes et connaissances permettant l'exercice d'un métier. Il s'obtient au terme d'un parcours de formation professionnelle ou par le biais de la validation des acquis de l'expérience.

Leur ouverture à l'apprentissage a pour objectif d'offrir aux jeunes davantage de possibilités de formation, et aux entreprises plus de facilité pour pourvoir des emplois sur des métiers parfois en déficit d'attractivité.

« Aujourd'hui, nous avons 34 000 places en apprentissage en Occitanie, déclare Hussein Bourgi, conseiller régional d'Occitanie. L'ouverture des titres professionnels va permettre d'offrir 6 000 places d'apprentis supplémentaires d'ici cinq ans. »

Le conseiller régional glisse en aparté que la Région Occitanie « va voter, à la fin du mois, des aides aux entreprises qui embauchent des apprentis ». Des aides qui s'ajouteront à celles déjà distribuées par l'Etat.

Un Erasmus professionnel

D'autres pistes sont explorées pour favoriser la voie de l'apprentissage. La ministre a fait état d'une expérimentation, menée en 2016, de mobilité franco-allemande avec des jeunes et 12 entreprises partenaires.

« Et ça marche !, assure-t-elle. La France soutient l'idée d'un Erasmus professionnel pour les apprentis, ce qui nous permettrait de redonner du sens à l'Europe sociale. »

Bertrand Nauleau, premier conseiller des Compagnons du Devoir, présent à l'inauguration, s'indignait : « À quand une filière professionnelle autant valorisée que les filières générales ? ».

« Notre volonté est de doubler le nombre de compagnons d'ici cinq ans car nous sommes persuadés qu'il va y avoir un important appel d'air en matière de besoins de main d'œuvre dans les prochaines années, annonce-t-il. Mais l'offre d'apprentissage doit s'adapter à l'évolution très rapide des métiers. C'est pourquoi nous voulons concevoir l'apprentissage différemment : nous proposons que 95 % de la formation se fasse dans l'entreprise, afin de donner aux jeunes les codes culturels, de comportement. Une expérimentation commencera cet été. »

* Programme d'investissement d'avenir.

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Commentaires
a écrit le 26/03/2017 à 11:59 :
Non, l'apprentissage n'est pas une voie d'excellence mais un gage d'efficacité et d'employabilité. C'est la filière générale qui est (ou devrait être) la voie d'excellence. D'ailleurs, si toutes les voies sont des "voies d'excellence", cela signifie en réalité qu'aucune voie n'est plus d'excellence. Et c'est justement parce que la filière générale est désormais ouverte à tout le monde et qu'elle a abandonné son objectif d'excellence qu'elle forme autant de chômeurs et de déclassés .
a écrit le 24/03/2017 à 15:48 :
L'apprentissage quand il se repose sur la volonté des salariés c'est indispensable, vital même, mais si c'est forcé c'est l'horreur assurée.

ET ce qui serait déjà bien c'est que les milliards publics devant servir à l'apprentissage ne soient pas détourner par le secteur privé avec la complicité des décideurs politiques, merci.

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