RSE : APF Entreprises 34 devient n°1 en France

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(Crédits : APF Entreprises 34)
Avec 809 points sur 1 000, la PME montpelliéraine (câblage électrique et recyclage industriel) vient d’obtenir le score le plus élevé de l’évaluation AFAQ 26 000 menée par Afnor Certification. La 2e place du classement est aussi occupée par une entreprise régionale : les Laboratoires Pierre Fabre.

« Le 5 avril, le groupe Afnor nous a annoncé les résultats de l'évaluation AFAQ 26 000 menée dans notre entreprise pendant cinq jours en février dernier, déclare Christophe Rey, le directeur d'APF Entreprises 34 (Montpellier). Avec 809 points sur 1 000, nous avons atteint le score le plus élevé en France, jamais encore donné. »

Cette performance récompense la politique de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) de la PME héraultaise créée par l'Association des Paralysées de France (APF)  qui compte 61 salariés (dont 45 salariés reconnus travailleurs handicapés) et qui est spécialisée dans le câblage, le montage électronique ainsi que dans l'activité de recyclage industriel.

Les Laboratoires Pierre Fabre (Castres, 81) sont numéro 2 avec un score de 805 points. L'entreprise tarnaise compte plus de 10 000 collaborateurs réparti dans le monde et réalise un chiffre d'affaires de plus de 2 Mds € (2014).

"Petit poucet"

« C'est une gratification qui prouve qu'une petite entreprise, majoritairement composée de personnes en situation de handicap, peut parvenir à  mettre en place une démarche ISO 26000 avec succès », se réjouit le directeur.

L'événement contredit en effet l'idée selon laquelle la RSE est une politique réservée aux grands groupes, un a priori évoqué dans une étude publiée le 7 janvier par France Stratégie (organisme sous tutelle de l'État).

APF Entreprises 34 a entamé une démarche RSE avec l'Afnor en 2009. Mais le sujet du bien-être des salariés et d'un développement durable de l'entreprise était déjà appréhendé par les dirigeants.

« Nous sommes convaincus qu'une entreprise qui respecte un certain nombre de valeurs sociales et environnementales fonctionne mieux, explique Christophe Rey. Avant la mise en place de l'Iso 26 000, nous fonctionnions avec le bon sens paysan. Cette simple approche, nous a permis d'atteindre le niveau 3 dit de la « maturité » de l'Afaq 26 000 lors du premier audit en 2009. Par la suite, la démarche a été pour nous une sorte de GPS qui nous guide dans nos choix de management. »

Exemples de pratiques

Parmi les pratiques mises en place figurent la création d'une conciergerie qui permet aux salariés de disposer des services de pressing, blanchisserie, cordonnerie, couture ou encore réparation mécanique sur leur lieu de travail. Autre innovation : la présence d'une assistante sociale trois heures par semaine pour accompagner les salariés confrontés à des difficultés.

« Nous avons observé qu'un tel accompagnement contribue à régler des problèmes extérieurs à la vie de l'entreprise et qu'en allant mieux en dehors, le salarié va aussi mieux en dedans de la société, observe le dirigeant. »

La venue d'un travailleur social dans les locaux d'APF Entreprises 34 coûte 10 000 € par an à l'entreprise. Et ce budget ne comprend pas le coût associé à la perte de productivité car  les consultations se passent durant les heures de travail des salariés.

Pour quels gains ?

« On se trompe lorsqu'on entame une démarche RSE pour apporter uniquement du business, confie Christophe Rey. Ce sont des convictions qui ont motivé notre démarche, et non pas la recherche de valeur ajoutée. »

L'une des conséquences des pratiques mises en place ces dernières années est l'instauration d'un climat de confiance dans l'entreprise. Autre atout : elles créent un contexte social, notamment en termes de reconnaissance, plus favorable au recrutement de « jeunes talents » qui « n'ont plus la même relation au travail ».

Côté business, la démarche ISO 26 000 peut-être un critère de sélection dans les appels d'offre. Elle a ainsi probablement participé au fait qu'APF Entreprises 34 remporte certains contrats.

« Que ce soit pour des marchés publics ou privés, les appels d'offres demandent de plus en plus des rapports RSE, constate le dirigeant. À proposition équivalente, nous pouvons faire la différence avec notre engagement dans la norme ISO 26 000. »

Le lien de cause à effet peut être difficile à déterminer mais ses résultats attestent de sa bonne santé financière avec un chiffre d'affaires qui est passé entre 2014 et 2015 de 2,9 M€ à 3,5 M€. Un constat qui rejoint l'une des conclusions de l'étude de France Stratégie, à savoir que « la RSE procure un gain de performance économique de l'ordre de 13 % par rapport aux entreprises qui ne s'en soucient pas ».

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