Alain Di Crescenzo : « Nous devons jouer sur nos synergies »

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Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, intervenait sur le colloque organisé par le Cercle Mozart.
Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, intervenait sur le colloque organisé par le Cercle Mozart.
Le 18 avril, le Cercle Mozart organisait, à Montpellier Business School, un colloque sur la thématique « En route vers l’Occitanie ». Plus d’un an après la fusion des régions, le monde économique s’interroge toujours sur les stratégies payantes à mettre en place pour transformer l’essai.

Devant un parterre de 400 personnes environ, les intervenants du colloque « En route vers l'Occitanie », organisé par la commission Entreprise du Cercle Mozart, ont refait le diagnostic des atouts économiques de la région Occitanie et évoqué les orientations stratégiques à déployer pour optimiser le rapprochement des deux anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

L'idée récurrente et partagée d'une nécessaire complémentarité et d'un « faire mieux ensemble » est revenue sur le devant de la scène.

« Ensemble, on est plus fort, martèle Alain Di Crescenzo, le président de la CCI Occitanie. Nous devons relever les challenges de la croissance, de l'emploi et de la mobilité. Et pour ça, jouer sur nos synergies. »

L'élu souligne avec force le triptyque dont il a fait son leitmotiv : les atouts « air-terre-mer » de la région, citant tour à tour Airbus et ses dix ans de carnets de commandes devant lui, les 220 km de littoral et son potentiel sur l'éolien ou le nautisme, et les nombreux emplois fournis par des secteurs comme l'agroalimentaire.

« Peu de régions dans le monde rassemblent autant d'atouts ! », lance-t-il, optimiste.

Mutualisation des financements

L'intérêt du rapprochement et de la mutualisation vaut aussi en terme de financements.

« Dans une région aussi étendue, avec autant de projets à soutenir, on a besoin d'avoir des financements et des compétences de proximité, déclare Christine Fabresse, président du Directoire de la Caisse d'Epargne Languedoc-Roussillon. Fin 2016, nous avons créé une structure commune, Irdi-Soridec (capital-investissement dans le grand sud-ouest, NDLR), avec une gouvernance partagée. Les fonds sont mutualisés et cela permet d'avoir des expertises plus fines. Nous sommes en train de créer un fonds dédié à l'innovation, et nous allons pouvoir aider des ETI avec des tickets jusqu' à 10 M€ par entreprise. »

Des ponts sont aussi à bâtir entre les différents territoires de la région, « entre Toulouse et Béziers pour développer le côté industriel », affirme par exemple André Deljarry, président de la CCI Hérault.

« Nous avons deux Business School sur l'Occitanie, ajoute-t-il. Un jour ou l'autre, il faudra des ponts entre les deux pour être plus forts internationalement, c'est une nécessité. »

Aéroports : quel choix ?

Le schéma régional aéroportuaire, que la Région Occitanie doit établir d'ici cet été, tranchera la question des dix aéroports maillant le territoire régional.

« L'aéroport de Montpellier est un puissant moteur de développement économique, souligne Emmanuel Brehmer, président du Directoire de l'aéroport Montpellier Méditerranée. Le contexte impose des investissements lourds, des budgets importants, et entraîne une compétition très forte en Europe. C'est de plus en plus compliqué pour un aéroport moyen, et ça le sera pour l'aéroport de Montpellier s'il ne grandit pas rapidement. Nous devons devenir l'aéroport de l'est de l'Occitanie. Et pour ça, nous devons franchir un cap, accéder à une taille critique : plus de 2,5 millions de passagers. Ce qui nécessitera 50 M€ d'investissements : 40 M€ sur les infrastructures et une dizaine pour accompagner les prises de risques sur les ouverture de lignes. »

Les aéroports régionaux sont en effet en concurrence avec les 460 aéroports européens, et faire venir des compagnies aériennes est un exercice complexe et coûteux.

« Hop ! entre Montpellier et Toulouse, on y travaille, mais il faut une réalité économique, affirme-t-il. 85 % de nos coûts sont des charges fixes liées à l'infrastructure. Il faut augmenter la qualité de service dans un niveau de sécurité et de sûreté maximum. Il faut trouver des recettes ailleurs, comme développer le domanial. La 1e pierre de l'hôtel Accor, 154 chambres, sera posée avant la fin de l'année et 12 000 m2 de tertiaires lancés. On espère pouvoir annoncer bientôt l'arrivée d'Asics sur notre zone logistique. »

« On ne pourra pas maintenir une bonne sécurité sur tous les aéroports et nous aurons donc à faire des choix », confirme de son côté Alain Di Crescenzo.

Emmanuel Brehmer alerte aussi sur la nécessité d'une politique touristique régionale plus forte, d'un marketing territorial plus offensif pour mieux vendre la région, car « notre territoire n'a pas une image aussi claire que Toulouse, Marseille ou Strasbourg auprès des compagnies ».

En meute

Les CCI veulent dès lors s'affirmer comme un acteur incontournable de la croissance économique régionale.

« Nous faisons deux promesses aux entreprises, rappelle Alain Di Crescenzo en conclusion. Quel que soit le lieu où l'on entreprend sur le territoire, il faut un socle commun de prestations, et à chaque opération avec de l'argent public dans les CCI, il faut "simplifier, dynamiser la croissance, favoriser la compétitivité". J'ai envie de faire une meute : les CCI ensemble, les collectivités et les clusters avec nous. »

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