La Métropole obtient (finalement) 266 M€ au titre du CPER

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De gauche à droite : P. Saurel (M3M), C. Delga (Région), P. Mailhos (Préfet de région) et P. Pouëssel (Préfet de l'Hérault)
De gauche à droite : P. Saurel (M3M), C. Delga (Région), P. Mailhos (Préfet de région) et P. Pouëssel (Préfet de l'Hérault) (Crédits : Anthony Rey)
Après de longs mois de discussion, l'Etat, la Région et la Métropole de Montpellier ont annoncé, le 3 juin, la signature du volet métropolitain du contrat de plan Etat-Région. Il mobilisera 266 M€ d'ici 2020 sur des axes tels que la mobilité, le numérique, ou la culture, entre autres.

"C'est un signe de la détente entre la Région et la Métropole". "Après cette signature, toutes les conventions d'application du contrat de plan Etat-Région ont été signées sur l'ensemble de la région LRMP"... A la façon policée des commis de l'Etat, Pierre Pouëssel, Préfet de l'Hérault, et Pascal Mailhos, Préfet de région, ont successivement signifié leur soulagement de voir enfin signée, le 3 juin, la convention d'application du CPER 2015-2020 entre le Conseil régional et Montpellier Méditerranée Métropole (M3M), cinq mois après l'élection de Carole Delga comme présidente de Région, et dix-sept mois après la signature initiale entre le Premier ministre, Manuel Valls, et le président de l'ex-Région Languedoc-Roussillon, Damien Alary.

Enfin le dégel ?

La conférence de presse du 3 juin, organisée en Préfecture de l'Hérault à Montpellier, était donc destinée à minimiser les relations souvent tendues entre Carole Delga et Philippe Saurel, président de M3M, et les discussions laborieuses pour en arriver à cet accord, en insistant sur l'ampleur de ce protocole. Ce sont 266 M€ qui seront mobilisés conjointement par l'Etat (à hauteur de 111,3 M€), la Région (114 M€) et M3M (40,4 M€), pour financer, d'ici 2020, des opérations structurantes sur le territoire de la Métropole montpelliéraine et de son bassin de vie.

"Nous avons du faire un travail exhaustif, de fond, pour partager les projets structurants, justifie Carole Delga. Afin d'avoir une opérationnalité forte, d'être le plus réactif possible, il fallait bien détailler les budgets, bien préciser le rôle des uns et des autres."

"Quand on est à la tête d'une institution, il est naturel qu'on la défende, avec les élus qui la représentent, complète Philippe Saurel. Nous arrivons aujourd'hui au bout d'un processus qui a nécessité beaucoup de discussions et de réunions. Même si, en démocratie, il est normal qu'on ne soit pas d'accord sur tout, il faut aussi qu'on trouve un accord dans l'intérêt général."

Plusieurs axes stratégiques

Pascal Mailhos a salué les efforts consentis en matière de mobilité (123,4 M€ d'investissements publics, dont 42,4 M€ pour l'Etat, 18,7 M€ pour la Région, et 17,1 M€ pour M3M), qui permettront notamment de financer le contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier, la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan ou encore le contournement ouest de Montpellier. De même, le Préfet de région a insisté sur le volet enseignement supérieur et recherche, doté de 140 M€ (Etat : 47,2 M€, Région : 50,3 M€, M3M : 15,1 M€), qui viendront soutenir le projet Agropolis International, les halles technologiques pour les filières alimentaires (Tech Alim), la réhabilitation de la Faculté de médecine de Montpellier, la recherche-formation dans la filière Vigne et Vin, etc.

Les autres axes majeurs de ce protocole visent la transition écologique (47 M€), avec des projets tels qu'Aqua Domitia ou les programmes d'actions contre les inondations ; le numérique (16 M€), avec notamment un objectif de résorption des zones blanches ; ou encore la culture et la patrimoine (6,5 M€), avec, entre autres, la restauration du château de Castries et du site archéologique de Lattes.

A ceci se rajoutent les projets portés par la Métropole, et que la Région (30 M€) et l'Etat (7,5 M€) acceptent de co-financer, selon trois priorités : l'équilibre territorial, avec des opérations telles que les futurs Conservatoire à rayonnement régional et Centre d'art contemporain métropolitain ; la politique de la ville, avec des actions de rénovation et d'Eco-Cité pour 12 quartiers prioritaires ; et la littoral, avec la 2e phase d'aménagement du Lido de Villeneuve-lès-Maguelone.

Un contrat triennal encore à venir

Enfin, ce protocole au CPER se doublera, dans les prochaines semaines, d'un contrat triennal signé entre la Région et M3M. La première mobilisera 26 M€ supplémentaires pour soutenir les projets de la deuxième, sur des sujets tels que la mobilité (ce qui englobe notamment le projet de déviation est de Montpellier), le transport collectif (avec notamment ligne 4 du tramway), le numérique, la formation professionnelle, la cohésion sociale, etc.

Dix autres contrats triennaux de ce type ont déjà été conclus entre la Région et d'autres collectivités territoriales de LRMP. Le véhicule juridique utilisé avec Montpellier sera le contrat régional unique (CRU), qui a déjà été conclu avec Toulouse Métropole.

"Le CPER doit être complété avec des contrats triennaux, qui sont des contrats de territoire car c'est dans les sujets servant les citoyens que nous démontrons notre attachements aux territoires et notre volonté de réussir ensemble", veut croire Carole Delga.

Les assemblées délibérantes de la Région et de M3M doivent encore approuver le protocole du CPER, respectivement le 24 et le 30 juin.

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Commentaires
a écrit le 03/06/2016 à 22:31 :
La déviation Est de Montpellier enfin sur les rails avec la région? J'ai du mal à y croire. Combien d'années encore à passer par le quartier du Millénaire et l'avenue Mendès-France pour aller vers l'autoroute et la mer?

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