Le Grand Narbonne de moins en moins agricole

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L'agriculture, dont la viticulture, ne représente plus que 4 % des emplois du Narbonnais
L'agriculture, dont la viticulture, ne représente plus que 4 % des emplois du Narbonnais (Crédits : Agence Appa)
C'est l'une des conclusions de l'étude sur la structure de la population et de l'emploi local publiée, le 24 mars, par l'Agglo et l'Insee Occitanie. Alors que l'agriculture voit ses effectifs baisser régulièrement, et que les services demeurent archi dominants, le Grand Narbonne veut trouver de nouvelles pistes à horizon 2030.

Le Grand Narbonne et l'Insee Occitanie ont produit en commun une étude visant à identifier les atouts et les faiblesses du premier. Ce document, dévoilé le 24 mars, définit ces indicateurs en les comparant au reste de l'Occitanie, mais aussi à cinq Agglos voisines (Hérault Méditerranée, Bassin de Thau, Béziers Méditerranée, Carcassonne Agglo, Perpignan Méditerranée Métropole) et neuf Agglos semblables, dont cinq situées sur la côte atlantique.

Une démographie bondissante

L'indicateur le plus fort identifié par l'Insee est la croissance démographique du Grand Narbonne qui, avec 126 244 habitants au 1er janvier 2014 (derniers chiffres disponibles), affiche une hausse annuelle de 1,1 % de sa population (soit 6 800 habitants) entre 2008 et 2013. Cette hausse se situe à 0,96 % pour le reste de la région et dans les Agglos semblables.

Le solde migratoire est positif, sauf pour la tranche des 18-30 ans, avec plus d'un millier de personnes de différence entre celles qui sont parties (5 190) et celles qui se sont installées (6 160) sur le territoire en 2012. Parmi les nouveaux arrivants, 63 % ont moins de 40 ans, 40 % ont un emploi, et 20 % se déclarent chômeurs.

Une économie fortement tertiarisée

En 2013, le Grand Narbonne affichait 43 800 emplois, dont 80 % dans le secteur tertiaire. Celui-ci écrase littéralement les autres domaines d'activités : l'industrie (2 900 emplois, 7 %), la construction (3 619 emplois, 8 %) et surtout l'agriculture, qui, avec 1 937 emplois, ne représente que 4 % du bassin local. Au sein de ce dernier secteur, la viticulture demeure archi dominante : 90 % des entreprises sont des exploitations viticoles.

"Un secteur tel que la viticulture a un poids culturel fort, mais son nombre d'emplois a sensiblement baissé, commente Jacques Bascou, président du Grand Narbonne. Nous continuerons à le soutenir, avec d'autres activités traditionnelles telles que le BTP, mais ce document doit aussi nous aider à valoriser de nouveaux atouts, comme l'économie du vent."

Autre secteur clef, le tourisme (7,8 % de l'emploi local), qui concentre sur le Grand Narbonne quelque 230 000 lits, soit la capacité d'accueil régionale la plus forte avec l'Agglo agathoise. Tendance affirmée depuis les années 70 et 80 et qui se perpétue, 90 % des hébergements touristiques sont des résidences secondaires.

"Le Grand Narbonne présente un déficit d'hôtels et de campings haut de gammes", commente l'Insee. Les campings, notamment, ne représentent que 9 % de l'accueil, contre 15 % en région et 20 % dans les Agglos semblables.

Un nouveau plan de développement à horizon 2030

Parmi les faiblesses de l'Agglo, l'Insee pointe "un territoire vieillissant", avec un âge médian situé à 45 ans, en augmentation de trois ans depuis 1999, alors qu'il est évalué à 42 ans en Occitanie. De même, la population est précarisée : 20 % des ménages vivent sous le seuil de pauvreté, alors qu'ils sont 16,7 % ailleurs en région, et 16,3 % dans les Agglos semblables.

"L'ensemble de ces données nous sert à réactualiser les priorités fixées et approuvées par l'ensemble des groupes en 2008 dans notre SCOT en ce qui concerne les grandes infrastructures, et à repenser notre stratégie, désormais contenue dans le projet Grand Narbonne 2030", rajoute Jacques Bascou.

Ce projet devait être présenté aux conseillers communautaires le soir même. Il se décline en plusieurs axes : croissance verte, convergence des mobilités, innovation économique, nouvelle offre touristique, politique d'accueil et de culture.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2017 à 14:05 :
2 aspects économiques :
Le tourisme sportif : qu’en est-il du dossier du développement des activités sportives liées au domaine des sports de glisse – suite aux 1ères Assises de la Glisse et du Vent de 2015 qui furent un événement intéressant et prometteur.

De part les liens régionaux qui maintenant nous unissent à Toulouse, on pourrait certainement proposer une offre touristique spécifique. Même si les Toulousains fréquentent le littoral Audois depuis toujours, il y a certainement de nouveaux partenariats à développer et dans de nombreux secteurs d’activités.
Ne serais qu’en raison de la situation de Narbonne, à un embranchement stratégique et entre les deux capitales régionales.
Atout logistique ou simple lieu de passage, à voir ?
Le littoral constitue un atout, à condition de ne pas trop le dénaturer et à préserver à tout prix des zones telles que le PNR Narbonnaise.

Il reste beaucoup à faire du côté des énergies renouvelables. Pour l’énergie électrique, la région Occitanie à eu un solde importateur de 505 GWh en 2015 (source RTE : http://www.rte-france.com)

Solaire photovoltaïque :
En France : qui était en 2015 à la 4 e place en Europe en puissance PV installée, derrière l’Allemagne, l’Italie et le Royaume Uni. (source Observ-er)

État des lieux départemental à fin 2015 : 101 MWc installés
Gard = 193 MW, Hérault = 186 MW, PO = 150 MW
Alors que l’Aude est leader régional dans l’éolien avec 342 MW installés à fin 2015

Source : TDB solaire photovoltaïque 2016 - www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr, Service de l'Observation et des Statistiques (SOeS) et www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/

Mieux vaut diversifier pour optimiser le mix énergétique.
Dans l'Aude, un important potentiel en solaire photovoltaïque reste encore à exploiter.
Par exemple
- incitation au désamiantage des vieux bâtiments et au remplacement par toitures photovoltaïques
- centrales au sol, MAIS sur des terres non cultivables et éviter de toucher au patrimoine environnemental et aux zones naturelles, y compris la garrigue.
- ombrières et parkings solaires
- développement de "campings écologiques" avec des équipements solaires thermiques et photovoltaïques
- développement des véhicules électriques et donc des bornes de recharge.


Bien sur tout le secteur du bâtiment et de l'efficacité énergétique offre un fort potentiel d'emplois, mais malheureusement nécessite également des investissements, pas toujours amortissables.

Oublions l’industrie, qui ne semble pas faire partie de l’expertise locale. Hors secteur agroalimentaire bien sur, mais qui a aussi tendance à s'automatiser, se mécaniser.

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