Carole Delga se pose en militante pro-européenne à Bruxelles

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(Crédits : M.C.)
L’inauguration de la nouvelle Maison de la Région Occitanie à Bruxelles, le 31 mai, n’aura été, pour Carole Delga, qu’un prétexte pour annoncer une nouvelle ère dans les relations qu’entretient la collectivité avec les institutions européennes. Le travail de lobbying s’amorce sous l’étendard Occitanie et non plus sous celui de Sud de France.

La Maison de la Région Occitanie à Bruxelles est officiellement née le 31 mai 2017.  Inaugurée par Carole Delga, la présidente de Région, ce lieu remplace les deux précédentes implantations des ex-Régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées dans la capitale belge, siège de la Commission européenne.

La nouvelle structure s'est installée dans les locaux de l'ex Maison Languedoc-Roussillon, la « mieux placée » vis-à-vis de l'organe exécutif de l'Union européenne. Car tel est bien l'enjeu : donner un pied à terre à la région Occitanie dans un des lieux où s'élabore et se décide la politique communautaire.

« Cette Maison de la Région à Bruxelles est aujourd'hui le lieu qui incarne notre ambition européenne, déclare Carole Delga. C'est le début d'une nouvelle ère concernant notre implication dans le projet européen. La Région est composée d'une majorité qui croit plus que jamais en l'Europe. Mais il faut la refonder afin qu'elle soit une solution et non un problème. Il faut la rendre plus efficace, plus concrète et plus proche des citoyens. Mon Europe est l'Europe des Régions. Nous voulons peser dans les futurs choix de l'Union européenne. »

Physique et stratégique

Pour « peser », rien de mieux que la proximité. L'équipe de neuf personnes employées par la « Maison Occitanie » bruxelloise doit être aux avant-gardes pour nouer des relations privilégiées avec les décideurs européens et servir de courroies de distribution entre les institutions européennes et la Région.

« Il faut frapper aux portes pour se faire entendre mais encore faut-il frapper à la bonne porte et au bon moment, résume Damien Alary, vice-président de la Région délégué à l'attractivité et aux relations internationales. Ce lieu nous aidera en cela. Il assurera également un travail de veille en identifiant les projets qui touchent aux intérêts de la région et il sera un pied-à-terre pour les élus qui viendront désormais tous les trois mois à Bruxelles. »

La pertinence d'une telle stratégie ne fait pas de doute pour Pierre Moscovici, le Commissaire européen aux affaires économiques et financières de la Commission européenne, que Carole Delga a rencontré en fin de journée, le 31 mai.

« L'inauguration de la Maison de l'Occitanie est la meilleure des initiatives, déclare-t-il à la suite de cette rencontre. C'est une opération où le retour sur investissement est garanti. Toutes les grandes régions d'Europe sont implantées ici. À titre d'exemple, il y a 35 personnes qui travaillent à la Maison de la Bavière et les Allemands n'investissent jamais en vain. »

Si la Commission ne vient pas à toi...

Présent à l'inauguration, l'eurodéputé José Bové abonde dans ce sens :

« Les politiques européennes s'appliquent à l'échelle des Régions, explique l'ancien syndicaliste agricole. Les financements passent par ces collectivités. Elles sont l'outil le plus proche de l'Europe mais aussi du citoyen. Aussi bien le Parlement que la Commission européenne sont aujourd'hui demandeurs de remontées et propositions du terrain. Souvent, la Commission est coincée avec les États et l'implication grandissante des Régions est bienvenue pour cette institution. »

Les Régions n'ont d'autre choix que d'être moteur dans l'instauration de ce dialogue car l'exécutif européen ne prendra pas les devants. Il n'en a pas les moyens, selon Pierre Moscovici.

« Finalement, nous sommes une petite administration, explique l'ancien ministre de l'économie de F. Hollande. La Commission européenne emploie 33 000 fonctionnaires au service de 500 millions d'Européens. Dans ces conditions, nous n'avons pas les moyens de nous adresser à l'ensemble des citoyens. Ce n'est pas nous qui allons identifier les ressources et les projets sur le terrain. Il faut que les Régions et les entreprises viennent. »

Au-delà d'un rapprochement physique, Pierre Moscovici évoque également la question de l'organisation interne des collectivités et l'intérêt de s'inspirer du fonctionnement des institutions européennes.

« Certaines Régions sont très bien outillées car elles s'organisent en pôle de projets, détaille-t-il. Cela facilite les échanges avec la présence d'interlocuteurs dédiés. »

Invité par Carole Delga en Occitanie, le Commissaire européen a annoncé son déplacement en région en septembre ou octobre prochain.

La Région Occitanie gère plus de 2,8 Mds € de fonds européens pour la période 2014-2020. Pour la seule année 2017, ces fonds apportent plus de 560 M€ au budget de la Région qui s'élève à 3,44 Mds €.

Encart

  • Changement de gouvernance des Maisons régionales

La Région Occitanie compte cinq Maisons internationales. Autrefois portées et coordonnées par Sud de France Développement (société anonyme d'économie mixte œuvrant pour la Région Occitanie), « l'ensemble de ces Maisons » fait aujourd'hui l'objet d'une réflexion stratégique et on « assiste à un changement de gouvernance », déclare Carole Delga. À l'heure actuelle, ce changement est acté pour la Maison de la Région Occitanie de Bruxelles qui est désormais gérée par un collectif, l'association Occitanie Europe. Parmi ses membres figurent la Région, huit Conseils départementaux, Toulouse Métropole, Sicoval, la CCI Occitanie et l'Université fédérale de Toulouse Midi-Pyrénées. « Des évolutions » sont attendues sur la Maison de Casablanca « à partir d'octobre », annonce la présidente de Région qui souhaite notamment positionner cette implantation comme « une porte d'entrée vers le continent africain ». Le développement économique, la formation et l'agroalimentaire sont des thèmes prioritaires. Les trois autres Maisons « restent Sud de France », nous précise-t-on. La Maison de Londres va déménager car « les locaux actuels ne sont pas adaptés ». Le lieu est destiné à être « un comptoir commercial, très tourné vers la viticulture ». « Véritable succès », la Maison de Shanghaï sera conservée dans son rôle de promotion des produits viticoles et Sud de France. Enfin, la Maison de New York sera dédiée à « la promotion de l'ensemble des filières économiques et agroalimentaires de la région Occitanie ».

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Commentaires
a écrit le 02/06/2017 à 10:15 :
Nous voilà repartis dans des dépenses somptuaires qui n'apportent strictement rien. Georges FRECHE lui même avait part de sa déception après ses tentatives d'ouvertures de "Maisons du Languedoc" dans plusieurs pays. Madame DELGA dépense d'autant plus qu'elle dispose de l'argent du contribuable et qu'elle puise allègrement dedans. Ainsi, à NIMES, a-t-elle a jugé nécessaire d'implanter une nouvelle "unité" de la Région alors que la précédente remarquablement implantée (à côté des Arènes) n'a jamais véritablement fonctionné. Tous ces "politiques" ne pensent qu'en fonction de la théorie de l'Offre. Cette pensée "keynesienne" est suicidaire. Reconnaissons tout de même à Madame DELGA le mérite d'avoir stoppé ou tout au moins ralenti le projet de construction de la gare TGV de MANDUEL, et de son opération commerciale "satellite". La "rente" n'a d'intérêt que pour autant qu'elle provient de la création de valeurs ajoutées nouvelles, pas de sa tentative de captation.

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