Carole Delga promet un Big Bang des agences régionales

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(Crédits : Rémi Benoit)
Dix-huit mois après son élection à ce poste, la présidente de Région, lors d’un débat organisé le 15 juin à Montpellier par La Lettre M, a fait un large tour d’horizon de ses priorités (innovation, formation, transports, etc.). Sur le volet des agences économiques, elle a confirmé leur fusion au 1er janvier 2018, et annoncé un nouveau dispositif d’agences thématiques pour la rentrée.

La présidente du Conseil régional Occitanie, Carole Delga, lors d'un Petit déj organisé par La Lettre M le 15 juin, a procédé à une revue de détail de son plan d'actions sur les années à venir sur de nombreux sujets : investissement, infrastructures, transports, entreprises, formation, etc. Louant le duo formé avec l'État, elle a néanmoins appelé à un renforcement de la décentralisation et des compétences régionales, en soulignant qu'elle a demandé au Président de la République, Emmanuel Macron, le statut de Région pilote dans la formation, « de sorte à coordonner les acteurs de la formation et de l'emploi et bâtir des plans dans les 18 bassins d'emplois régionaux, où les besoins sont différents de l'un à l'autre ».

Les agences régionales : « Les agences économiques que sont Madeeli, Transferts, Sud de France Développement, Invest Sud de France et LR SET vont fusionner au 1er janvier 2018. Cette agence unique sera donc compétente sur des sujets tels que l'innovation ou l'attractivité, et disposera d'antennes territoriales positionnées dans les Maisons de la Région (dans chaque département, NDLR) pour accompagner les entreprises dans leurs projets de développement, d'export, etc. De la même façon, nous aurons un seul comité régional du tourisme, une seule agence de l'aménagement, et nous allons créer une agence de l'énergie par effet de réorganisation. Certaines d'entre elles auront leur siège à Montpellier. Nous arrêterons ce nouveau schéma à la rentrée ».

Les Maisons de la Région : « C'est un dispositif qui existait dans l'ex-Languedoc-Roussillon, et que nous étendons à l'ex-Midi-Pyrénées. Elles interviennent dans le développement économique, pour l'accompagnement des entreprises, et ce en partenariat avec les intercommunalités et les acteurs consulaires : il n'y aura pas de concurrence entre nous. Elles auront aussi des compétences sur la formation et l'emploi, ainsi que les transports - le Conseil départemental de l'Hérault vient d'ailleurs de nous transférer 30 agents sur cette thématique. Nous allons construire une Maison à Nîmes sur la zone du Triangle. À Montpellier, elle sera installée dans la future Cité de l'économie nouvelle. Et à Béziers, nous venons d'acquérir du foncier. »

Les Cités du numérique : « Nous travaillons sur deux projets, qui ne seront pas du copier/coller. À Toulouse, nous allons créer, dans les Halles Latécoère, un campus autour de l'innovation, qui disposera d'une pépinière, d'un FabLab, et accueillera des mentors. À Montpellier, cette Cité de l'économie nouvelle sera plus orientée vers les métiers de demain. Nous veillerons à sa complémentarité avec des structures qui ont fait leur preuve comme le BIC. Le lieu reste à définir. La mise en service est prévue pour 2019. »

Les aides aux entreprises : « Je présenterai l'ensemble de la contracturalisation aux entreprises le 30 juin. Il y aura les contrats « Pass », pour tous les projets d'entreprises inférieurs à 40 000 € ; les contrats « Occitanie », prévus sur le moyen et long terme, pour aider les entreprises à passer le cap des 50 salariés ou à passer en ETI ; les contrats « Expertise » pour les aides dans l'ingénierie des procédés. Nous allons également réduire à 40 jours le délais d'instruction des dossiers dans les demandes de subventions. Celles-ci seront soumises au respect de critères socio-environnementaux (comme l'avait annoncé la vice-présidente Nadia Pellefigue à Objectif, NDLR). »

Le Port de Sète et son lien à l'écosystème toulousain : « Cette liaison se fera naturellement. Dès les années 70, Georges Frêche avait compris que Toulouse a besoin d'un débouché maritime sur la côte languedocienne, et je suis d'accord. Il faut désormais faire connaître aux acteurs toulousains, aux entreprises agricoles et industrielles, tout ce potentiel. Il existe déjà un fret important pour les céréales, et c'est pourquoi nous investissons sur la ligne ferroviaire Auch-Agen. Nous investissons aussi sur le port de Sète : le nouveau quai H (inauguré en 2016, NDLR) le met en capacité pour les portes-conteneurs. Nous allons également construire un vrai pôle passagers, avec une entrée de ville, pour augmenter le trafic de croisières. À Port-la-Nouvelle, nous allons investir 200 M€ sur le futur pôle destiné à l'assemblage et l'entretien du parc d'éoliennes flottantes (projet porté par Quadran, NDLR). »

Les lignes à grande vitesse : « Pour la ligne Montpellier-Perpignan, nous avons veillé à la faire à nouveau reconnaître d'intérêt européen, de sorte à bénéficier de crédits. Nous pouvons donc engager une première phase sur la section Montpellier-Béziers, puisque le tracé ne pose pas de problème. L'enquête publique démarrera en 2018, et ce tronçon permettra de gagner 18 mn de temps de trajet par rapport à la liaison actuelle. S'agissant du contournement Nîmes-Montpellier, et de la future gare TGV de Manduel, je m'en tiens à ce principe : quand on engage de l'argent public, une gare doit être utile, et contribuer à la revitalisation du territoire. C'est ce qui se passe à Béziers, où la nouvelle gare se fera en cœur de ville, et nous y avons veillé. À Montpellier et Nîmes, les projets ont été définis différemment. J'ai demandé qu'il existe un service correspondant au fonctionnement normal d'une gare, ce qui suppose plus de quatre trains par jour (projection en nombre de TGV donnée par la SNCF lors de la mise en fonction de la gare Montpellier Sud de France, NDLR) et une connexion au réseau de transport classique (pour Manduel, NDLR). »

Le secteur du tourisme : « C'est la deuxième plus grosse filière régionale, avec un chiffre d'affaires global de 14 Mds €. Or désormais, notre enjeu, ce sont le e-tourisme et la montée en gamme, de sorte à pouvoir nous positionner par rapport à la concurrence internationale. Ceci implique de nouvelles approches dans le partage de la culture et la différenciation territoriale. Dans le nouveau schéma régional du tourisme (présenté aux professionnels le 26 juin à Toulouse, NDLR) nous consacrerons par exemple 9 M€ par an en subventions pour aider les hôtels familiaux à investir dans leur rénovation énergétique et leur accessibilité. Ce travail a été très bien fait pour l'hôtellerie de plein air, et c'est désormais sur cette cible que nous devons faire porter nos efforts. »

Le secteur du BTP : « Nous lui avons consacré un plan de 880 M€, et au-delà, je rappelle que la Région investit 1 Md€ par an, soit 20 % de plus que les budgets précédents. En 2016, nous avons réalisé 94 % des chantiers sous maîtrise d'ouvrage régionale. J'ai signé des mandats à hauteur de 160 M€ pour le seul département de l'Hérault. Si nous n'avons pas créé de nouveaux chantiers, nous les avons au moins accélérés. Il n'y a pas eu d'année blanche. Nous avons aussi mis en place un système de préinformation (à six mois) sur les appels d'offres portant sur les plus gros marchés publics, de façon à permettre aux TPE-PME de se regrouper. Nous avons accentué les travaux sur les lycées et augmenté de 30 % les aides aux collectivités pour les travaux de rénovation énergétique et d'accessibilité. Pour les travaux individuels, nous avons lancé l'Écochèque, en faveur de la rénovation énergétique : un millier d'entre eux ont été utilisés dans l'Hérault depuis le début 2017. Ce dispositif va être étendu. »

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Commentaires
a écrit le 15/06/2017 à 18:36 :
Un " big bang " des agences suppose un " big bang bang " des financements. Et d'où vont venir les fonds, alors que l'Etat a déjà des problèmes avec son endettement, ce qui ne va pas changer avec Mr. Macron à cause des engagements de Mr. Hollande et des siens.
Il faut arrêter de promettre monts et merveilles pour se faire applaudir.

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