Choisie comme pôle de l'Agence française de la biodiversité, Montpellier veut en être le siège

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(Crédits : Reuters)
Montpellier est devenue, le 1er janvier, l’un des trois pôles de la nouvelle Agence française pour la biodiversité. Des élus de la région militent pour que la ville soit maintenant désignée comme le siège de cet établissement public.

Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, et Philippe Saurel, le maire et président de la Métropole de Montpellier, ont tous deux salué, fin décembre, la décision du Ministère de l'Environnement de retenir Montpellier (le lieu précis n'est pas encore défini) parmi les trois pôles nationaux de la nouvelle agence pour la biodiversité (AFB).

Signé le 23 décembre, le décret rendant opérationnelle l'AFB est paru le 27 décembre au Journal officiel. Ce nouvel établissement public est issu de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité. Il s'organise autour de trois pôles nationaux : à Brest (29), Montpellier (34) et Vincennes (94).

« La Région a toujours soutenu l'implantation d'un pôle de l'Agence pour la biodiversité à Montpellier, déclare Carole Delga. Je me félicite que le Ministère ait reconnu tous les atouts et le potentiel de notre territoire pour accueillir une telle structure qui permettra d'impulser une politique ambitieuse et coordonnée pour l'indispensable préservation de notre patrimoine culturel. »

Destinée à être le fer de lance de la protection de la faune et la flore sur le territoire national, l'AFB réunit dans une même structure quatre établissements publics préexistants : l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), l'Agence des aires marines protégées, l'Atelier technique des espaces naturels (Aten) et les Parcs nationaux de France (PNF).

À l'heure actuelle, le siège de l'AFB n'est pas encore défini : il sera fixé prochainement par arrêté du ministre chargé de l'environnement. Mais déjà des voix régionales se font entendre afin que le pôle montpelliérain accueille ce siège. La ville est déjà le centre administratif des PNF et de l'Aten.

Montpellier, capitale de l'AFB ?

« Je souhaite que Montpellier devienne le siège scientifique de l'Agence française pour la biodiversité, indique Carole Delga. Ici en Occitanie, nous avons un patrimoine naturel d'une exceptionnelle richesse, avec plus de la moitié des espèces françaises de faune et de flora présente sur notre territoire. Nous sommes également la première région de France pour la recherche avec près de 30 000 chercheurs et 3,7 % de notre PIB consacré à la R&D. Je suis convaincue que nous avons la ressource pour relever ce défi avec succès. »

L'appel est également relayé par Philippe Saurel :

« C'est une étape que d'avoir été sélectionnés avec Brest et Vincennes par Madame Royal, Ministre de l'Environnement, pour être l'un des 3 pôles nationaux de l'AFB, indique le maire et président de Montpellier Métropole. Mais ma satisfaction sera totale si Montpellier et son territoire, l'un des 35 hotspots mondiaux en matière de biodiversité, sont retenus pour accueillir le siège scientifique de l'Agence. C'est cette décision que nous défendons et que nous attendons depuis plusieurs années, au regard de notre expertise et de notre excellence reconnues internationalement."

Vincennes favorite

Le vœu formulé par les élus locaux ne sera pas obligatoirement satisfait si l'on en croit la députée de l'Hérault, Anne-Yvonne Le Dain. Également rapporteure du projet de Loi Organique sur la Biodiversité, elle évoque la possibilité d'une implantation du siège à Vincennes.

« Le siège de l'AFB ne doit pas être trop loin des ministères, explique l'élue. Il ne sera pas forcément volumineux et n'entamera pas la puissance de deux autres antennes. Montpellier peut d'ailleurs se prévaloir d'une légitimité très forte dans le domaine de la biodiversité terrestre cultivée et naturelle. »

Dirigée par Christophe Aubel, l'AFB regroupera 1 200 fonctionnaires auxquels s'ajouteront « 50 emplois supplémentaires  pour la réalisation de ses nouvelles mission », a annoncé par Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, le 23 décembre. L'établissement sera doté d'un budget annuel de 225 M€ (la somme des budgets des établissements publics fusionnés). Néanmoins, celui-ci vient déjà d'être ponctionné de 90 M€ dans le cadre de la loi de finances rectificative.

« C'est un peu paradoxal, convient Anne-Yvonne Le Dain. Néanmoins, je ne suis pas inquiète. Il y a des choses qui se rectifient.»

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Commentaires
a écrit le 03/01/2017 à 16:17 :
Vu l'irrégularité et l'incohérence du secteur privé on comprend que les villes préfèrent voir arriver des institutions publiques, maintenant attention tous ne se valent pas.

Public ou privé tout dépend de leurs décideurs et vu le niveau de l'oligarchie il est préférable de se méfier de tous.

Bref il vaut mieux se débrouiller par soi-même.

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