Plan Littoral 21 : des ambitions pour l’économie bleue

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Lucien Chabason, Agnès Langevine et Serge Paillarès, le 20 avril à La Grande Motte.
Lucien Chabason, Agnès Langevine et Serge Paillarès, le 20 avril à La Grande Motte. (Crédits : Cécile Chaigneau)
Le 20 avril à La Grande Motte, le Parlement de la Mer consacrait une session extraordinaire au Plan littoral 21 et recevait les auteurs du rapport final commandé par le gouvernement. Cette session entérinait les grandes orientations à venir pour soutenir l’économie bleue. Les premiers financements (1 Md € au total) seront débloqués d’ici fin 2017.

Cinquante ans après la Mission Racine, le Plan littoral 21, souhaité par la présidente de Région Occitanie Carole Delga dès le début de son mandat, a pour vocation de porter l'économie bleue (tourisme, aménagement des ports, protection du cordon littoral, soutien aux énergies marines renouvelables).

Après une première étape de large concertation des collectivités locales et des acteurs de l'économie régionale, un accord-cadre a été signé le 10 mars dernier, en présence du Premier Ministre Bernard Cazeneuve, entre l'Etat, la Région et la Caisse des Dépôts (CDC), sanctuarisant 1 Md € de financement pour les trois prochaines années (dont 300 M€ pour la Région Occitanie).

Par ailleurs, la Région, avec le soutien de l'Etat et de la CDC, répondra à l'Appel à Manifestation d'Intérêt lancé par le Commissariat Général à l'Investissement, en choisissant le littoral comme territoire de référence pour l'Occitanie, dans le but d'obtenir 40 M€ supplémentaires pour le Plan Littoral 21.

Accélérer le processus

Le 20 avril, en marge du Salon international du multicoque qui se tient actuellement à La Grande-Motte (34), le Parlement de la Mer organisait une session extraordinaire consacrée au Plan Littoral 21. C'était l'occasion, pour les architectes-urbanistes Elisabeth et Christian de Portzamparc et pour la négociatrice de l'accord de Paris sur le climat Laurence Tubiana, de remettre leur rapport final, dont une ébauche avait été esquissée le 10 mars.

« Nous allons accélérer le processus, le Parlement de la Mer est une force mobilisatrice pour enrichir le programme Plan Littoral 21 », affirme en préambule Didier Codorniou, président du Parlement de la Mer et vice-président de la Région Occitanie, soulignant que plus de 160 personnes travaillent au sein des quatre commissions (économie, culture-patrimoine, attractivité du littoral, relations internationales).

Trois tables rondes thématiques (environnement, économie, identité régionale) étaient organisées afin d'aborder les enjeux et les orientations du Plan Littoral 21. Dont sont sorties quelques idées fortes.

Un pôle de génie écologique

Lucien Chabason, conseiller à la direction de l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) et représentant Laurence Tubiana, préconise la création d'un pôle de génie écologique sur la base des « savoirs écologiques et paysagers déjà acquis dans la région et qu'il est important de valoriser ».

« Les 70 ports régionaux se sont engagés depuis quinze ans environ dans une opération "ports propres", avec de lourds investissements, des labels donnés, rappelle quant à lui Serge Paillarès, Président de la Fédération française des ports de plaisance, président de l'Union des villes portuaires du Languedoc-Roussillon et conseiller technique pour le ministère de l'écologie. L'objectif est le rejet zéro sur le milieu naturel. Nous y arriverons d'ici cinq à dix ans... Les ports sont devenus des espaces convoités. Aujourd'hui, ils sont une porte d'entrée sur les territoires et pas seulement une fenêtre sur la mer. »

Urbanisation en archipels

De son côté, Christian de Portzamparc préconise « une urbanisation en archipels », optimisant l'alternance actuelle entre ensembles naturels et villes denses, évitant le phénomène de mitage, et élaborant de nouvelles logiques de fonctionnement avec l'arrière-pays. Et afin de cadrer l'action urbanistique, il propose la création d'un Parlement des urbanistes au sein du Parlement de la Mer.

Pour Elisabeth de Portzamparc, qui suggère notamment de faire classer à l'Unesco le patrimoine immatériel de l'Occitanie, la romanité qui a imprégné le territoire est l'un des fils conducteurs avec lesquels dérouler l'action culturelle, tout comme la grande diversité des paysages et le patrimoine naturel.

Ainsi, la création d'une Fondation des Arts, Culture et Nature à ciel ouvert se traduirait-elle par une constellation de pavillons accueillant de grands artistes un peu partout sur les grands sites naturels régionaux.

« Ce serait une manière d'attirer l'attention du monde sur les richesses et les caractéristiques de l'Occitanie, assure-t-elle. Nous pourrions commencer avec trois sites : l'abbaye de Fontfroide, le site de la Maguelone et le Pont du Gard. »

Approche innovante

« Je souhaite que le Plan Littoral 21 soit le fer de lance d'une approche innovante, lance Carole Delga en conclusion des débats. Nous allons notamment soutenir des expérimentations telles que la création d'une zone d'hébergement flottant en partenariat avec les ports de plaisance et l'industrie nautique régionale, ou l'installation de haltes éphémères TER pour accéder aux plages en période estivale. La Région va s'impliquer pour la reconquête de sites dégradés afin d'optimiser la gestion du foncier, mais aussi en faveur d'une évolution réglementaire pour le développement portuaire des ports décentralisés. »

Parmi les premiers projets soutenus : le concept « Ville et Port » à La Grande Motte (34), la création d'une Zone Economique Nautique (ZEN) à Mauguio (34), l'aménagement du cœur de la station touristique de Cap d'Agde (34), la construction d'un nouvel équipement touristique (aquarium et espace commercial) sur le Port de Canet-en-Roussillon (66), le Terminal passagers du port de Sète-Frontignan (34), l'extension du port de Port-La-Nouvelle (11), l'aménagement du lido de Frontignan (34), la requalification de la station et du port Barberousse à Gruissan (11) ou la mise en valeur du phare de l'Espiguette au Grau-du-Roi (30).

La présidente de Région a annoncé son intention de débloquer les financements prévus avant la fin de l'année 2017 pour permettre aux premiers projets mûrs de voir le jour rapidement.

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