LNMP : 12 élus languedociens interpellent Macron

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Parmi les élus signataires : R. Ménard, F. Commeinhes, P. Saurel, D. Mouly, ou P. Miralles.
Parmi les élus signataires : R. Ménard, F. Commeinhes, P. Saurel, D. Mouly, ou P. Miralles. (Crédits : Anthony Rey)
Douze élus languedociens - députés européens, parlementaires, présidents d'Agglos et maires -, réunis par Philippe Saurel (Montpellier), ont co-signé, le 25 septembre, un courrier adressé à Emmanuel Macron au sujet de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan. Ils l'enjoignent de maintenir le projet alors que l'État, par souci d'économie, pourrait le geler à la fin du mois.

Les propos tenus fin juin par le Président de la République, Emmanuel Macron, sur la nécessité de geler les projets de LGV en cours au profit des "transports du quotidien" n'en finissent plus de faire des vagues. Le 25 septembre à Montpellier, une douzaine d'élus languedociens, réunis sur l'initiative du maire Philippe Saurel, ont co-signé un courrier l'enjoignant de maintenir la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), qu'ils lui enverront dans le cadre des Assises de la mobilité, ouvertes par le gouvernement le 19 septembre dernier.

Décision connue fin septembre ?

Si Emmanuel Macron fait valoir la nécessité de revoir la politique de transports en France, notamment sur des critères de coûts, la décision de stopper le projet de la LNMP n'a pas été formellement prise. L'État pourrait faire connaître sa position dans ce dossier sur la base d'un rapport qui lui sera remis à la fin septembre.

Dans le calendrier évoqué sous le gouvernement Valls, les travaux de la LNMP devaient commencer en 2020, en vue d'une mise en service, au mieux, en 2030. Depuis, l'instruction du dossier (malgré la validation du projet de tracé) a connu de très nombreux rebondissements et retards : à cette heure, l'enquête publique, initialement prévue pour fin 2016, serait décalée à 2018, voire 2019.

Philippe Saurel a rappelé tous les critères justifiant, pour ce groupe d'élus, le maintien du projet : la desserte des grandes Agglos du littoral ("où vit l'essentiel de la population"), un moyen de remédier aux approximations d'horaires "en libérant des sillons pour les trains du quotidien" (TER et trains Intercités, NDLR), l'avantage d'une ligne mixte voyageurs-fret (sur le tronçon Montpellier-Narbonne, NDLR)... sans compter le respect de la parole donnée par l'État.

"Ce projet correspond à un accord passé entre la France et l'Espagne, dès l'entrée de la celle-ci dans le marché commun, rappelle-t-il. L'Espagne a fait son travail en réalisant la LGV entre Figueras et Perpignan. Et elle a lancé une procédure contre la France et l'Europe car la LGV qui, de notre côté, lui a été promise n'est toujours pas construite. J'entends le souhait d'Emmanuel Macron de contrôler les coûts sur les projets structurants... Mais le nôtre est le moins cher !"

Le coût global de la LNMP est estimé à 5,52 Mds €. À ce jour, les collectivités territoriales associées à son financement ont déjà versé 75 M€ en études préliminaires et acquisitions foncières.

Haro sur les absents

Les douze élus présents (ou représentés) pour la signature de ce courrier sont : Philippe Saurel (maire de Montpellier, président de la Métropole), Robert Ménard (maire de Béziers), François Commeinhes (maire de Sète, président de Sète Agglopôle), Didier Mouly (maire de Narbonne), Jacques Bascou (président du Grand Narbonne), ainsi que les députés de l'Hérault Patricia Miralles, Emmanuelle Ménard et Philippe Huppé, les sénateurs de l'Hérault Henri Cabanel et Robert Navarro, ou encore les députés européens Franck Proust et Éric Andrieu.

S'ils ont tous prôné le dépassement des clivages politiques dans la défense de la LNMP, les élus présents ont tout de même donné les noms des autres responsables politiques conviés à ce point presse, et qui n'ont pas souhaité s'y rendre, ou qui n'ont pas répondu. Parmi eux : Carole Delga (présidente de Région), Coralie Dubost (députée de l'Hérault), Gilles d'Ettore (président d'Hérault Méditerranée), Frédéric Lacas (président de Béziers Méditerranée), Jean-Marc Pujol (président de Perpignan Méditerranée) ou encore Patrick Vignal (député de l'Hérault).

"Les députés ont un devoir d'information du gouvernement sur des dossiers tels que la LNMP, du moins pour les plus courageux d'entre eux", cingle Philippe Huppé. "Les débats étaient en train de s'orienter sur une partie seulement du réseau de la LGV occitane (allusion au projet de LGV Toulouse-Bordeaux, NDLR), heureusement mes interventions sur le dossier LNMP ont poussé la Région et le Préfet à se positionner", commente Philippe Saurel.

Sur le fond, nombre d'élus présents ont, à tour de rôle, énuméré les arguments justifiant le maintien de la LNMP : "Il ne sert à rien d'évoquer les trains du quotidien si ce projet ne se fait pas : ce n'est pas une alternative, c'est l'un et l'autre" (Robert Ménard), "Nous avons gelé une bande de 5 km sur le bassin de Thau depuis plusieurs années en attendant que ce projet se fasse" (François Commeinhes), "C'est un projet nécessaire pour assurer la jonction entre l'Europe du nord et celle du sud" (Didier Mouly), etc.

Carole Delga, présidente de Région, a convoqué des Assises de la mobilité à Toulouse mercredi 4 octobre, où certains de ces élus, dont Philippe Saurel, se rendront. Dans une suite de communiqués publiés depuis les propos d'Emmanuel Macron sur les LGV, elle martèle son soutien aux projets concernant l'Occitanie (LNMP et Toulouse-Bordeaux) :

"Qu'il s'agisse de Bordeaux-Toulouse ou de Montpellier-Perpignan, les enjeux sont considérables en termes de développement économique, d'attractivité ou de qualité de vie. Toutes les études le montrent. Avec les forces vives de nos territoires, aux côtés des élus locaux mobilisés depuis le début, nous rappellerons que des solutions innovantes peuvent être mobilisées sur la question des financements notamment", déclare-t-elle, dans un communiqué daté du 18 septembre.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2017 à 18:42 :
La LGV Perpignan-Montpellier revêt effectivement une importance majeur en terme de réseau européen... et rappelons le un engagement de la France envers ses partenaires européens, notamment l'Espagne. La question se pose en revanche sur le tronçon Toulouse-Bordeaux quand on sait que les tarifs du train ne pourront pas s'aligner sur ceux de l'avion vers Paris ! Le TGV Toulouse Paris restera toujours l'option la plus chère !

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