Grand Paris Express : Prunières investit "le chantier du siècle"

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Le néo-Lozérien Prunières investit 1,5 M€ en flotte et personnel pour participer au chantier du siècle
Le néo-Lozérien Prunières investit 1,5 M€ en flotte et personnel pour participer au "chantier du siècle" (Crédits : Prunières Transports)
Prunières Transports (location de véhicules industriels) participe au pharaonique chantier du Grand Paris Express. Forte d’un investissement de 1,5 M€ en matériel et en hommes, la société de Poussan (34) a été parmi les premières à démarrer le chantier en juillet, avec dix camions sur place, et vingt prévus d’ici janvier 2018.

Grand Paris Express. Le projet est énorme et ne prévoit rien de moins que de doubler la capacité actuelle du réseau de transport souterrain parisien, en créant 200 km de lignes automatiques et quelque 68 gares supplémentaires.

« C'est dans les cartons depuis un moment, et nous avons vite compris qu'il y aurait des besoins très importants en camions, explique Nicolas Prunières, président des Transports Prunières. À elle seule, la terre à évacuer représente 45 millions de tonnes de déblais. C'est le chantier du siècle, qui va durer entre vingt et trente ans ! Un évènement majeur et complètement atypique. »

1,5 M€ d'investissements

Pour s'y préparer, Nicolas Prunières et son épouse Anne, qui ont racheté l'entreprise familiale il y a deux ans, n'ont pas hésité à investir 1,5 M€ dans des tracteurs, des semi-remorques et dans le recrutement de chauffeurs. Car cette initiative, qu'ils ont choisie de nommer Les Petits Bougnats du Grand Paris, en hommage à ces immigrants auvergnats partis monter leur commerce à la capitale, a été créée de A à Z : nouveaux véhicules, nouveaux chauffeurs, et bientôt un nouveau siège en Lozère, dont est originaire l'entreprise et où ont été recrutés les « bougnats » durant l'été.

« Nous voulions garder nos chauffeurs de Montpellier et il a donc fallu créer l'aventure de toutes pièces. L'idée, en m'adressant aux Lozériens, était vraiment d'intéresser la ruralité à la capitale. Nous avons reçu plus de 100 CV, et en avons sélectionné dix. Tous des demandeurs d'emploi qui ont suivi une formation auprès de nos chauffeurs pour être prêts lors du feu vert du chantier. »

Et prêts, ils l'étaient, lorsque les marchés ont enfin été attribués.

« Depuis juillet, dix de nos camions travaillent déjà sur le chantier. Et il y en aura vingt d'ici janvier », évalue Nicolas Prunières.

Si les termes du contrat passé entre les Chantiers du Grand Paris et l'entreprise Prunières restent confidentiels, son président explique qu'il offre une visibilité de plus de trois ans et autorise donc de nouveaux investissements.

« Nous n'avons proposé que des CDI à nos chauffeurs, car on sait que derrière, si on est à la hauteur, il y aura beaucoup d'autres choses. »

Le développement du métro permettra en effet l'émergence de nouveaux quartiers, avec leur lot de logements, bureaux et commerces qui devront sortir de terre.

« À la Google, mais pour des chauffeurs ! »

Pour réussir son pari et se montrer suffisamment attractive, l'entreprise Prunières a fait souffler un coup de jeune sur l'univers des travaux publics. Le couple a créé un logo et un site internet propres aux Bougnats du Grand Paris, et achèvera d'ici un mois la construction d'une base de vie à proximité du chantier.

« Il y aura une cuisine, des sanitaires, un coin télé où ils pourront venir se poser et se retrouver à la fin de la journée. L'idée, c'est vraiment de créer une communauté de Bougnats. Nous travaillons un peu à la Google, mais pour des chauffeurs ! »

Des chauffeurs qui, comme leurs ancêtres, ont trouvé un véritable filon en "montant à la capitale" : « Grâce à ce chantier, des jeunes de 22 ans, qui ont tout juste le permis et qui n'ont fait aucune étude, mais qui sont très motivés, gagnent entre 2 500 et 3 000 € nets par mois, avec des postes à responsabilité. C'est tout à fait exceptionnel ! »

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