À peine née, la CCI du Gard plonge dans la crise

 |   |  477  mots
Les locaux de la CCI du Gard, à Nîmes
Les locaux de la CCI du Gard, à Nîmes (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Emmenés par Éric Giraudier, président de l'UPE 30, six membres du bureau de la CCI du Gard ont remis leur démission à la Préfecture du département, le 21 février. Ils invoquent un déficit de 4,7 M€ plombant l'ex-CCI d'Alès, et accusent son ancien président, Francis Cabanat, de l'avoir dissimulé bien après son élection à la présidence de la nouvelle CCI départementale.

Six membres du bureau de la CCI du Gard - Audrey Carbo, Philippe Broche, Éric Giraudier, Jean-Marc Rouméas, Eric Butel, Olivier Jalaguier - viennent de remettre leur démission au Préfet. Ils mettent en cause la situation financière de l'ex-CCI d'Alès, que présidait Francis Cabanat avant d'être élu nouveau président de la CCI du Gard, lors des élections consulaires de décembre 2016.

« La situation financière sur l'ex-CCI d'Alès est très préoccupante, écrivent-ils dans un communiqué. Celle-ci a dégagé un déficit d'exploitation cumulé sur les 4 derniers exercices de 4,78 M€. L'équilibre budgétaire n'a été atteint que par la vente de son patrimoine immobilier. Un plan de restructuration et d'économie budgétaire drastique s'imposait depuis des années compte tenu de la baisse prévisible des ressources. Il n'a pas été mis en œuvre. À titre indicatif, sur l'exercice 2016, les charges de personnels représentaient 95 % des ressources de la CCI d'Alès. »

De plus, les démissionnaires accusent Francis Cabanat d'avoir dissimulé cette situation : malgré des demandes répétées, notamment lors des trois réunions du bureau tenues depuis la mise en place de la nouvelle CCI du Gard, aucune pièce comptable ne leur auraient été communiquées, et ce jusqu'au début du mois de février 2017.

« Des mesures correctives d'urgence ont été demandées par les membres du bureau pour la sauvegarde de la chambre, seule solution pour tenir les engagements pris devant les chefs d'entreprise du département lors des élections de novembre dernier, poursuivent-ils. La responsabilité collective étant engagée et ces mesures ayant été refusées catégoriquement par le président de la CCI, la décision de démissionner du bureau de la CCI a été prise à l'unanimité ce mardi 21 février. »

Selon les dispositions du Code du commerce, l'élection d'un nouveau bureau doit se tenir dans un délai de cinq jours francs à compter de cette démission, en l'occurrence d'ici le 27 février. L'élection d'un nouveau président pour la CCI du Gard pourrait en résulter.

Ni Francis Cabanat, ni Éric Giraudier n'ont répondu, à cette heure, aux sollicitations d'Objectif. Les deux hommes nourrissent de longue date des relations tendues, comme l'attestent les difficultés pour définir une liste commune avant les élections consulaires de 2016, et l'accord qui en a résulté (Éric Giraudier aurait succédé à Francis Cabanat à mi-mandat).

De source interne, les relations difficiles entre les deux hommes ont perduré et se sont même amplifiées depuis la mise en place de la CCI du Gard. La liste commune Cabanat/Giraudier (UPE 30) avait été qualifiée de « mariage de la carpe et du lapin » par Henry Douais, président sortant de la CCI de Nîmes et tête de liste CGPME 30 lors des élections consulaires.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :