Selon Éric Giraudier, la gestion de la CCI d'Alès était défaillante depuis 2014

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Éric Butel, trésorier, et Éric Giraudier, président de la CCI du Gard
Éric Butel, trésorier, et Éric Giraudier, président de la CCI du Gard (Crédits : Anthony Rey)
Après le vote du 1er budget de la CCI du Gard, le 27 mars, entraînant la clôture des comptes des ex-CCI de Nîmes et d’Alès, son président Éric Giraudier a pointé un déficit opérationnel de 2,35 M€ chez cette dernière, dont 300 000 € de « créances non recouvrées ». Son prédécesseur, Francis Cabanat, conteste la légalité de cette AG.

Après l'élection d'un nouveau bureau et d'un nouveau président, Éric Giraudier (président de l'UPE 30), à la tête de la CCI du Gard, le 27 février, la chambre consulaire gardoise a adopté son budget primitif 2017 lors de l'assemblée générale tenue le 27 mars. Celui-ci s'élèvera à 17,6 M€, selon la répartition suivante :

  • 6,2 M€ (36 %) dévolus à l'appui aux entreprises
  • 5,2 M€ (29 %) à la formation hors CFA
  • 4 M€ (23 %) aux moyens généraux
  • 2 M€ (11 %) aux équipements.

Pour ce premier budget de la nouvelle CCI 30, officiellement née le 1er janvier 2017, la procédure impliquait également la clôture des comptes 2016 des ex-CCI de Nîmes et d'Alès. S'agissant des comptes de la chambre nîmoise, présidée par Henry Douais (CPME 30) jusqu'aux élections consulaires de décembre 2016, le résultat net, révisé en juin 2016, était projeté à 4,03 M€, mais s'élèverait finalement à 800 000 € après l'audit demandé par Éric Giraudier (et toujours en cours).

Une « gestion défaillante » à Alès ?

S'agissant des comptes de la CCI d'Alès, Éric Giraudier renouvelle ses accusations de « gestion défaillante » contre son ex-président, Francis Cabanat. Le résultat net primitif, à l'équilibre initialement, aurait été révisé en perte de 1,19 M€ en octobre 2016, mais s'élèverait finalement en perte de 2,35 M€ selon l'audit en cours. « On s'achemine même vers 2,6 M€ », rajoute Éric Butel, nouveau trésorier de la CCI 30.

« Selon nos estimations, la masse salariale de la CCI d'Alès représentait 98 % des charges : les salaires ont continué à augmenter alors même qu'on savait que les deux CCI allaient fusionner, et alors même que l'État ne cesse de ponctionner nos finances », explique-t-il.

L'équipe d'Éric Giraudier pointe une autre anomalie : de « nombreuses avances à des entreprises ou des particuliers » accordées par la chambre alésienne « depuis plusieurs années », pour un montant global de 300 000 €. « Autant de créances que la CCI d'Alès n'a jamais provisionnées ou cherché à recouvrer », affirme Éric Giraudier.

« Quand un budget est révisé en déficit à 1,19 M€, et qu'il accuse un million d'euros de pertes supplémentaires une fois exécuté, c'est bien qu'il y a eu une gestion défaillante, résume-t-il. Et nous avons relevé le même schéma en remontant jusqu'en 2014, si bien que nous nous interrogeons sur cette récurrence au cours des trois derniers exercices, et sur la sincérité des budgets votés sur la période. »

Les dénégations de Francis Cabanat

C'est après avoir voulu accéder à ces éléments financiers, sans succès selon lui, qu'Éric Giraudier et cinq autres consulaires ont démissionné en bloc, provoquant l'AG du 27 février 2017 et l'élection d'un nouveau bureau, et entraînant de facto la mise à l'écart de Francis Cabanat, pourtant élu dans les urnes président de la CCI 30 en décembre 2016. En réaction, l'ex-président de la CCI d'Alès a saisi le tribunal administratif de Nîmes, le 22 mars, pour contester cette procédure et, notamment, l'élection d'Éric Giraudier, qu'il considère comme « illégale et usurpée ».

De plus, dans un courrier adressé au Préfet de région (autorité de tutelle des CCI) et communiqué à la presse le 27 mars, le jour même du vote du budget, Francis Cabanat rappelle que la délégation alésienne (« représentant près de 9 000 entreprises ») n'a pas siégé à l'AG du 27 mars, « pour ne pas s'engager dans des délibérations qui seront invalidées ». Il questionne également le Préfet pour savoir s'il a donné son aval au nouveau bureau, au motif notamment que l'ordre du jour n'avait pas été transmis aux membres de la CCI 30.

Éric Giraudier a lui-même répliqué, devant la presse, en indiquant que les seuls éléments sur la base desquels le Préfet pourrait invalider le bureau et mettre la CCI 30 sous tutelle seraient, selon le Code de commerce, l'absence de budget voté avant le 31 mars 2017, et l'absence de règlement intérieur (lui aussi voté le 27 mars). Et rajoute, dans sa propre réponse adressée par courrier à Francis Cabanat : « Je vous invite, à l'avenir, à ne plus faire usage de la qualité de président de la CCI du Gard ».

Francis Cabanat n'a pas donné suite aux sollicitations d'Objectif pour réagir aux éléments financiers communiqués par la CCI 30.

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Commentaires
a écrit le 29/03/2017 à 20:01 :
Deja en 1991, les CCi n'étaient pas jugées comme représentatives du monde de l'entreprise. Exemple de question posée par un Sénateur : Question écrite n° 18963 de M. André Fosset (Hauts-de-Seine - UC)
publiée dans le JO Sénat du 12/12/1991 - page 2753

M. André Fosset appelle l'attention de M. le ministre délégué à l'artisanat, au commerce et à la consommation sur les récentes élections consulaires qui n'ont mobilisé que 22 p. 100 du 1,5 million de chefs d'entreprise et de commerçants, appelés à désigner leurs représentants dans les chambres de commerce et d'industrie. Le taux d'abstention est particulièrement élevé dans les 16 C.C.I. de plus de 20 000 ressortissants et pour la chambre de commerce de Paris, 9 p. 100 seulement des 200 000 ressortissants ont voté. Il lui demande les réflexions que lui inspire une telle situation qui semble refléter, notamment, le découragement des chefs d'entreprise et des commerçants.

Taux d'abstention aux élections de 2016 des CCi : Plus de 80% d'abstention en moyenne ...
a écrit le 29/03/2017 à 16:01 :
La tres faible participation électorale rend les élus consulaires très peu représentatifs et leur gestion est souvent tres discutable. Elles licencient ou évincent des personnels qui ne sont en rien responsables de ces errements. Elles seront sans doute encore réduites et vouées à disparaître car elles ne sont que des établissements administratifs de l état qui en a assez de ce système qui même réforme continue ici et là ces crises d ego et autres gaspi...sauf pour les salariés pas grand chose à valoriser...

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