"Les Medef de Montpellier et Béziers doivent fusionner au plus vite"

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Samuel Hervé, président du Medef Montpellier Sète Centre Hérault
Samuel Hervé, président du Medef Montpellier Sète Centre Hérault (Crédits : DR)
Après l'assemblée générale du 28 juin, où le CA du Medef Montpellier a été renouvelé d'un tiers, son président Samuel Hervé dresse sa feuille de route d'ici la fin 2017 : transformation numérique, mutualisation accrue et amorçage d'une fusion avec le Medef biterrois.

Vous avez imposé le renouvellement de neuf des 36 membres élus au CA du Medef Montpellier, lors de la dernière assemblée générale. Pourquoi ?

Samuel Hervé : Avant ce changement, nous n'avions quasiment aucune représentation de secteurs comme le numérique, l'innovation, la santé, les entreprises en forte croissance, l'international, l'entrepreneuriat féminin, les RH, etc. J'ai donc en effet imposé l'arrivée de personnalités comme Vincent Daffourd et Frédéric Salles (respectivement fondateurs de Care Labs et de Matooma, NDLR). Je veux un Medef plus ouvert. Pour avoir de l'influence, il faut du nombre et donc être ouvert à d'autres composantes du territoire. De la même façon, j'ai pris un nouveau prestataire pour améliorer notre présence sur les réseaux sociaux. Si on n'existe pas dans ce domaine, on n'existe pas pour une partie de la population. Et si le Medef n'est pas identifié par cette population de nouveaux dirigeants, il mourra.

Comment mettrez-vous ces administrateurs à contribution ?

S. H. : Nous organiserons, le 7 septembre, un séminaire des administrateurs afin que chacun d'entre eux se présente, détaille ses compétences, ses réseaux, ses mandats, etc. En nous benchmarkant de la sorte, nous identifierons plus facilement nos actions en commun, et nous pourrons mutualiser nos forces de frappe. Ce n'est donc pas une volonté hégémonique vis à vis d'eux : au contraire, grâce à ce travail, ils pourront utiliser le Medef quand ils auront des difficultés à rencontrer tel acteur, tel service de l'État, etc.

Quelles sont vos intentions sur le numérique, précisément ?

S. H. : Nous devons ramener vers nous les startuppers. Beaucoup d'entre eux sont en cours de levées de fonds, mais pour cela, il leur faut faire leur POC (preuve de concept, NDLR). De l'autre côté, nous avons des métiers traditionnels qui doivent réinventer leurs usages et créer de la valeur, au lieu de subir la plateformisation de l'économie, qui risque de capter cette valeur. Je vois que l'UIMM est engagée dans la fabrication 3.0, mais comment aller plus loin ? Le bâtiment se prépare au BIM, mais comment aller plus loin ? Nous devons éveiller la curiosité de nos adhérents historiques. Pour cela, nous lancerons un appel à projets ouvert aux start-ups d'ici la fin 2017. Les entreprises sélectionnées pourront, par le biais d'un concours de pitchs, éprouver leur POC face à un panel de métiers, secteurs et branches professionnelles. Je précise que cette initiative servira de vitrine au Medef national.

L'Hérault est le seul département de France où le Medef est encore scindé en deux : Medef Sète Centre Hérault d'un côté, et Medef Béziers Ouest Hérault de l'autre. Cela peut-il durer ?

S. H. : La rapprochement entre les deux est une de mes priorités, je l'ai dit dès mon élection en janvier. Je l'ai dit également à Fabien Portes (président du Médef Béziers, NDLR). Le critère de représentativité pèse désormais autant sur les syndicats patronaux que sur les syndicats de salariés. Si on parle de taille critique, alors il faut être unis, sous peine de ne pas être lisibles auprès des acteurs institutionnels, de nos administrateurs et peut-être même du Medef Occitanie. Je ne demande pas la fermeture du Medef Béziers, mais la création d'une seule entité. Il existe déjà un Medef Hérault, présidé par Fabien Labbé, qui n'est qu'une coquille juridique pour les deux Medef. Fabien Portes veut l'utiliser, et je suis d'accord à la condition de la transformer en vrai syndicat patronal, par le biais d'un traité, où sera inscrit le principe d'une fusion des deux Medef d'ici deux ans. Il serait logique d'adopter ce traité au plus tôt, en tout cas avant le mois de novembre (date de l'élection du nouveau président du Medef Occitanie, où Fabien Portes sera candidat, NDLR), à moins d'en rester à des lettres d'intention...

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