La CCI Hérault déroule sa feuille de route à cinq ans

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André Deljarry, président de la CCI 34, multiplie les annonces
André Deljarry, président de la CCI 34, multiplie les annonces (Crédits : DR)
Neuf mois après sa création, la CCI Hérault a présenté, le 13 septembre à Pérols (34), son plan stratégique sur 2017-2021. Le président André Deljarry prend de nombreux engagements (les croisières à Sète, la zone aéroportuaire à Béziers)... et tire la sonnette d'alarme dans le dossier Montpellier Business School.

En présentant son plan 2017-2021 pour la CCI Hérault, son président André Deljarry a dressé une longue liste de projets et d'engagements pour cette mandature. Avec ce mot d'ordre : "conduire une stratégie pragmatique et efficace, c'est à dire économe des deniers des chefs d'entreprise, tout en restant une CCI agile et innovante, afin de demeurer un des territoires les plus attractifs d'Occitanie (5 000 installations d'entreprises par an, NDLR)".

Un Palais d'Occitanie à Béziers

Cette "stratégie efficace" trouve une première déclinaison dans la gestion du patrimoine immobilier de la CCI 34. Ainsi, 3 M€ seront investis en trois tranches pour moderniser le parc des expositions de Béziers et lui adjoindre, d'ici 2019, une "salle de spectacles et de loisirs multimodale" baptisée Palais d'Occitanie.

Toujours à Béziers, le siège de la délégation de la CCI 34 sera relocalisé dans l'hôtel d'application situé près du CFA de la ville, moyennant des travaux de réhabilitation. Le CFA lui-même sera rénové à hauteur de 5,2 M€, cofinancés par la Région.

"La CCI 34 forme 1 500 apprentis par an, soit le tiers des apprentis formés en Occitanie : c'est une responsabilité importante", insiste André Deljarry.

Un problème à MBS ?

À Montpellier, l'Hôtel Saint-Côme, où se trouvent les services administratifs de la chambre, restera finalement dans le giron de la CCI 34. Une surface de 170 m2 (sur 800 m2), inoccupée à ce jour, sera louée pour générer des loyers. La CCI 34 évoque "l'arrivée d'une entreprise ou d'une pépinière".

Mais le gros dossier montpelliérain reste la réalisation du Campus Montpellier Business School (MBS), évoqué de longue date, et devant se concrétiser sur le futur quartier Cambacérès. La veille, en présentant la physionomie de ce projet, le maire Philippe Saurel avait mis en garde : "Nous avons modifié le zonage pour leur permettre de densifier sur la zone d'Alco (site actuel de MBS, NDLR), mais il est hors de question de construire des tours, comme à Manhattan, à proximité de la Paillade !".

Pour mémoire, la CCI 34 désire vendre le site d'Alco afin de financer sa part dans la construction du nouveau Campus MBS (coût : 92 M€). Pour maximiser cette vente, la chambre a confié à un groupe, composé de la Serm, de Languedoc-Roussillon Aménagement et de Hérault Habitat, l'élaboration d'un programme immobilier (surface : 40 000 m2) qui sera construit sur place... sous réserve d'un accord entre toutes les parties concernées.

Réagissant aux propos de Philippe Saurel, André Deljarry rappelle que le projet a déjà été validé en conseil municipal, et fait remarquer que tout projet sur le site d'Alco est contraint par une règle d'urbanisme, dite "servitude du Peyrou", limitant toute construction à des immeubles de type R+5 ou R+7 : "Il n'est donc pas possible de construire des tours à la Paillade !".

"Il faut maintenant que les collectivités territoriales se saisissent du dossier de financement du Campus MBS, prévient André Deljarry. Nous avons déjà l'accord de la Région pour co-financer 50 % des 18 M€ que coûtera le futur CFA de la ville situé sur ce campus. À défaut, nous risquons de perdre les accréditations internationales de MBS... qui ne tiennent qu'à la promesse de construire ce nouveau site ! Dans cette hypothèse, l'école ne pourra pas survivre d'elle-même et pourrait tomber dans le giron de Toulouse Business School. Je me donne jusqu'à la fin 2017 pour boucler ce dossier, afin de construire le campus et l'ouvrir en 2021."

Fortes ambitions sur le tourisme

Poursuivant ses annonces sur l'axe touristique, André Deljarry évoque la possibilité de vendre quatre ou cinq parts de la CCI 34 au capital du syndicat mixte de l'aéroport de Béziers.

"Mais nous en garderons une ou deux pour être force de proposition et facilitateurs dans le projet de viabilisation de 20 à 30 ha autour de l'aéroport, dévolus à l'accueil d'entreprises de l'aéronautique et de la maintenance", précise-t-il.

Sur le port de Sète, la CCI 34 vient de conclure un accord avec la Région et le Club des croisières, que préside Jean-Claude Gayssot, afin de booster le trafic des croisières, qui génère 20 M€ de retombées économiques à ce jour : elle va lui verser 100 000 € pour "être moteur dans l'accueil des croisiéristes en centre-ville". L'objectif est de capter 200 000 croisiéristes sur le port sétois en 2021, contre 40 000 aujourd'hui.

Enfin, la CCI 34 maintient son effort pour développer des "Routes des vins, du patrimoine et des métiers d'art". Plusieurs projets de ce type sont à l'étude, en coopération avec le Conseil départemental de l'Hérault en chef de file.

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Commentaires
a écrit le 14/09/2017 à 13:45 :
Les axes de développement choisis sont cohérents. S'agissant du campus "MBS", il est évident que des synergies (un regroupement sur le même site) devront être trouvées avec l'IAE et l'ISEM. Ainsi, la Région disposera d'un pôle d'enseignement cohérent orienté vers le management. A titre très accessoire, je rappelle qu'il s'agissait du voeu exprimé par le Professeur René MAURY, il y a maintenant une quarantaine d'années. Dès lors, deux pôles attractifs seront bien présents en Occitanie.

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