TVSud disparaît, vive ViàOccitanie…

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(Crédits : ViàOccitanie)
La mutation aura lieu le 28 septembre : TVSud change d’identité et devient ViàOccitanie. Mais le bouleversement va bien au-delà du nom puisqu’elle préfigure le réseau national de télévisions locales Vià, qu’ambitionnent de créer Christophe Musset, le P-dg de Médias du Sud, et l’homme d’affaires Bruno Ledoux.

Jeudi 28 septembre, 19 h : la télévision locale TVSud devient ViàOccitanie, « la chaîne avec un accent », annonce le groupe Médias du Sud. Aux trois antennes jusqu'alors existantes (Montpellier, Nîmes et Perpignan) vient s'ajouter celle de Toulouse, le CSA ayant donné son feu vert, en octobre 2016, à la reprise de la fréquence de TLT par le groupe.

Le lendemain vendredi 29 septembre, ce sera au tour de ViàGrandParis (ex-Telif) d'être lancée. Les deux chaînes, qui ont déjà mutualisé leurs habillages antennes et leur site internet, seront visibles sur les canaux TNT 31 et 34 (canal 30 sur les box), regroupant à elles seules un bassin de plus de 18 millions de personnes.

Derrière ces deux lancements, une ambition, celle de l'homme d'affaires Bruno Ledoux (holding BLHM) et de Christophe Musset, P-dg de Médias du Sud et ancien Président du Syndicat des Télévisions Locales de France (TLF) : « créer le 1e réseau national de TV locales indépendantes ».

Le réseau Vià est annoncé comme un ensemble « qui regroupera à terme la quasi totalité des chaînes TV locales de France et qui repose sur le principe du maintien de l'indépendance capitalistique et éditoriale des chaînes, regroupées au sein d'un réseau d'affiliées émanant des territoires ».

1 % de part d'audience nationale

Dans un contexte extrêmement concurrentiel, l'objectif est de redonner une chance économique aux télévisions locales.

 « Notre rôle est de les regrouper afin de soutenir leur développement broadcast et digital, de mutualiser des programmes et de cumuler leurs audiences afin de leur permettre de développer des ressources publicitaires, notamment nationales, dont elles sont actuellement dépourvues, déclare Bruno Ledoux dans un communiqué. Il s'agit là, véritablement, de la construction d'une nouvelle grande chaîne de télévision nationale par agrégation de l'ensemble des chaînes locales de France. La visibilité de chacune d'entre elle, portée par une marque commune et des tranches horaires de grille commune, sera décuplée... En créant une marque forte avec des programmes syndiqués, nous devrions très rapidement conquérir 1% de part d'audience nationale et augmenter significativement le chiffre d'affaires des télévisions locales, ce qui leur assurera une pérennité économique sans risque de perdre leur indépendance, d'être absorbée par un groupe média ou de disparaître. »

« Nous devons renforcer nos structures selon des standards nationaux pour survivre dans cet environnement extrêmement concurrentiel tout en préservant nos spécificités territoriales, ajoutent Christophe Musset et Christian Souffron, P-dg de viàGrandParis. Ce projet a reçu le soutien des grandes régions de France qui y voient un nouveau moyen de visibilité pour leur territoire, en préservant leur autonomie, et la justification de tous les efforts réalisés. »

Une chaîne sans plateau

Pas de comparaison hâtive avec France 3 et ses chaînes régionales. Jean Brun, le directeur de l'information et des médias du groupe Médias du Sud, détaille la ligne éditoriale et les contenus de ViàOccitanie.

« On s'investit sur les territoires au moment où France 3 en sort... Le réseau Vià est issu du territoire et non d'une direction nationale, chacune des chaînes conservant son identité et ses programmes. ViàOccitanie devient une chaîne régionale d'info en continu, avec un journal à l'heure et à la demi-heure, un flash au quart et à 45. Nous nous appuyons sur quatre piliers éditoriaux : les initiatives, le sport, l'économie et la culture, avec des reportages d'une durée variable de 2, 4 et 6 minutes. C'est l'actu qui sera aux commandes et ViàOccitanie sera une chaîne sans plateau. Notre plateau, c'est la région, on fera tout dehors. »

Pour ce faire, le groupe Médias du Sud a recruté 17 journalistes, parmi lesquels un directeur des sports en la personne du journaliste toulousain Sébastien Dupuis, jusqu'alors sur Canal +, la journaliste spécialiste du rugby Judith Soula (ex-Sud Radio) ou encore quatre journalistes desk.

10 M€ de recettes publicitaires

 « On est un média audiovisuel, disponible à la télévision mais aussi un média digital, avec 20 millions de vues vidéo sur Facebook et 500 000 vues sur internet, ajoute Jean Brun. L'enjeu est autant à la télé qu'ailleurs. Notre projet remonte à bien plus loin, avec la décision d'investir dans la R&D pour créer MyVideoPlace, un concept d'hébergement de vidéos, de partage et monétisation des contenus à destination des médias, qui prend le contrepied de tout ce qui s'est fait jusqu'à présent. C'est par cette plate-forme que transitent tous nos contenus. »

Les ambitions de ViàOccitanie ? « 10 M€ de recettes publicitaires d'ici à trois ans », énonce Jean Brun, contre 5 M€ aujourd'hui. Le réseau Vià peut d'ores et déjà compter sur le soutien publicitaire de Enedis (ex-ERDF), présenté comme « le 1e engagement fort d'une entreprise ».

Prochaine étape : l'agrégation d'autres chaines TV locales, pour lesquelles des négociations sont en cours, donc confidentielles.

« Christophe Musset a été le président du syndicat TLF, et on peut imaginer qu'une partie d'entre elles soient intéressées par un tel réseau », assure Jean Brun.

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Commentaires
a écrit le 28/09/2017 à 10:10 :
super challenge!!!!

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