Les coopérateurs languedociens veulent marier les IGP Terres du Midi et Pays d’Oc

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Les vignerons coopérateurs du Languedoc-Roussillon lancent un appel à Jacques Gravegeal, le président des vins Pays d’Oc IGP, afin de créer une ODG unique avec l'IGP Terres du Midi. Il répond interprofession unique des vins IGP de la région.

Boris Calmette, le président de Coop de France Languedoc-Roussillon, milite en faveur d'un rassemblement des deux IGP régionales du Languedoc-Roussillon, celles de Pays d'Oc et Terres du Midi, au sein d'un même Organismes de défense et de gestion (ODG).

« La coopération souhaite que la nouvelle IGP Terres du Midi et celle de Pays d'Oc soient réunies au sein d'une même ODG, nous explique Boris Calmette, le 30 mars. C'est une des garanties pour éviter une mise en concurrence de ces deux IGP qui sont en réalité complémentaires. »

L'IGP Terres du Midi n'est pas encore reconnue officiellement. Son cahier des charges est en cours d'instruction à l'Inao depuis le 1er mars. À l'initiative des viticulteurs des IGP de département (Aude, Gard et Hérault), ce projet vise à créer une IGP régionale qui regroupe l'offre des trois IGP de département du Languedoc. Plus importante en volume (environ 1,3 Mhl), cette IGP serait plus à même de répondre à la demande des négociants.

 Deux IGP régionales

L'arrivée de cette nouvelle IGP pose la question de sa place dans le paysage régional, et en particulier vis-à-vis de l'IGP Pays d'Oc.

« L'IGP Terres du Midi se positionne comme un segment intermédiaire entre l'IGP Pays d'Oc et les vins sans IG (VSIG), indique Boris Calmette. Et à la différence des Pays d'Oc, cette IGP sera  composée de vins d'assemblage. Elles sont donc complémentaires »

Une partie de la profession viticole évoque néanmoins le risque de concurrence entre les deux IGP.

« Cette IGP est un Pays d'Oc discount, indique un représentant professionnel. La liste d'encépagement est identique et le cahier des charges ne donne pas les règles d'assemblage. Au contraire, on y trouve des Terres du Midi Merlot Aude ou Merlot Gard. Il n'y a donc pas de réelles différences entre ces deux IGP, mis à part que l'IGP Terres du Midi présente le risque de déstabilisation du marché. »

En proposant de créer une ODG commune aux deux IGP gérée par les Pays d'Oc, Boris Calmette cherche à rassurer ces professionnels sceptiques.

Du côté des Pays d'Oc

Du côté de l'IGP Pays d'Oc, Jacques Gravegeal, le président du syndicat des producteurs, ne s'est pas encore positionné.

« Il y a des questions qui se posent auxquelles nous ne pouvons pas encore apporter de réponse, explique-t-il. Il faut avant tout écouter la profession. C'est pour cette raison que nous organisons des réunions de terrain. Il faudra ensuite que le conseil d'administration délibère sur le sujet. »

Une première réunion de terrain a lieu mercredi 30 mars, à Lézignan-Corbières (11). Deux autres sont programmées : l'une dans l'Hérault (le 6 avril) et l'autre dans le Gard (le 11 avril).

Interprofession unique

« Je défends l'idée d'une ODG commune mais je souhaite aller plus loin, déclare Denis Verdier, le président des IGP du Gard. L'ODG permet de traiter la dimension réglementaire du sujet mais il faut aussi prendre en compte sa dimension économique. L'interprofession unique apporte cette dimension. »

Même si elle reste très discrète, cette interprofession unique existe sous le statut de fédération régionale des interprofessions des vins du Languedoc-Roussillon (Inter Sud de France). Créée en 2006, elle regroupe les trois interprofessions viticoles de la région (le CIVL, le CIVR, InterOc) et est dirigée par Jacques Gravegeal.

« Nous avons un embryon d'interprofession unique qui pourrait, au travers ce sujet, réellement s'imposer, estime Denis Verdier. Cette interprofession doit mettre les IGP à son ordre du jour le plus rapidement possible en rassemblant l'ensemble des acteurs de la filière. Nous avons tous un intérêt commun, celui de défendre une gamme de produits et de prix afin d'éviter qu'un segment en détruise un autre. »

L'idée d'une interprofession unique n'est pas pour déplaire à Jacques Gravegeal. À une nuance près: "Faisons d'abord une interprofession unique pour les IGP régionales", déclare-t-il le 31 mars. Seule difficulté: un tel projet s'est déjà soldé par un échec en 2011. Un autre mariage avait finalement eu lieu  entre les IGP du Languedoc autres que Pays d'Oc et le CIVL (l'interprofession des vins du Languedoc) en 2012. Sous cet angle, le projet d'une ODG unique serait donc conditionné par un divorce.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2017 à 16:30 :
Mettez vous d'accord, pas sur le dos du consommateur , qui sera encore plus perdu : alors se sera la guerre des prix à la production , et à la distribution, le produit on s'en moque! pour une fois que le langued'oc tenait la rampe avec l' IGP d'Oc, ne casser pas la baraque, Envisager au pire des IGP Midi en BiB avec un combat féroce sur les prix avec l'Espagne( enfin l'argentine hispanisé!). Donc pour les producteurs qui veulent travailler sur ce créneau, c'est rendement maxi ( combien autorisé?), entrant maxi, arrosage eau maxi!: tout à l'opposé du respect de l'environnement .
Bon courage

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