L’IGP Terres du Midi n’aura pas de millésime 2016

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(Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Le projet d’IGP Terres du Midi vient de subir un revers dans son parcours pour sa reconnaissance. L’Inao vient de reporter au 6 octobre 2016 le comité national initialement prévu le 6 juillet pour instruire ce dossier. Cette dénomination ne pourra donc pas être utilisée pour la prochaine récolte. Et ce n’est pas le seul obstacle qu'elle doit gérer.

« Faute d'avoir suffisamment de dossiers à l'ordre du jour, le comité national IGP viticoles du 6 juillet n'aura pas lieu, indique l'Inao. Le suivant est programmé pour le 6 octobre 2016. »

Ce nouveau calendrier a une conséquence directe sur un dossier régional, celui de l'IGP Terres du Midi.

« Dans ces conditions, il n'y aura pas de déclaration IGP Terres du Midi pour la récolte 2016, regrette René Moreno, le président de l'IGP Hérault et de la section IGP du CIVL (Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc). Nous prenons acte de ce report et nous nous adapterons. »

La solution de la marque commerciale

L'une des "adaptations" possibles est l'utilisation du terme Terres du Midi non pas comme IGP mais comme marque commerciale pour les prochaines vendanges. Le CIVL a en effet déposé le nom pour en faire une marque protégée.

Le projet de création d'une IGP régionale baptisée Terres du Midi date de 2013. Il est né à l'initiative des viticulteurs et des metteurs en marché de la section IGP du CIVL avec l'objectif de « créer un socle de vins d'assemblage » regroupant l'offre des trois IGP de département (Aude, Gard, Hérault).

Estimée à 1,3 Mhl, cette nouvelle offre serait plus à même de répondre à la demande du négoce. Surtout, "elle permettrait d'avoir une offre d'entrée de gamme avec une origine définie pour concurrencer la montée en puissance de l'offre espagnole qui ne dit pas d'où elle vient.", ajoute un représentant professionnel.

L'assemblée constitutive de l'IGP Terres du Midi s'est tenue le 8 avril 2016. Quelques jours plus tard, son cahier des charges a été transmis aux services de l'Inao afin d'engager le processus de reconnaissance de l'IGP. Une commission d'enquête devait d'ailleurs rendre ses conclusions en juillet.

Un second point noir

C'est le second point noir : attendue à la mi-juin en région, la commission d'enquête ne s'est pas encore déplacée sur le terrain. Ainsi, même si le comité national du 6 juillet avait été maintenu, il n'aurait probablement pas pu faire avancer le dossier de l'IGP Terres du Midi faute d'avoir les conclusions de ladite commission.

« Le dossier n'est pas complet et il nous manque des éléments pour pouvoir nous déplacer, indique Joël Herissé, vigneron et président de la commission d'enquête de l'Inao pour l'IGP Terres du Midi. Nous ne savons pas « Qui fait quoi ?» et « Qui demande quoi ?». Nous avons posé une question aux initiateurs de ce projet il y a huit jours afin d'identifier le porteur de ce projet. Nous n'avons pas encore reçu de réponse.  »

En région LRMP, les représentants professionnels contestent cette déclaration.

« Le dossier est complet depuis deux mois, note René Moreno. Il contient le cahier des charges, le règlement intérieur, les conventions avec les ODG, le statut des producteurs de Terres du Midi ainsi que l'accord politique avec l'IGP Pays d'Oc. C'est d'ailleurs suite à cet accord que la commission d'enquête a pu être déclenchée. »

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