Smoove rafle officiellement le marché du Vélib' à Paris

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Hors Vélib', Smoove gère les solutions de vélos-en libre-service de 26 villes, dont le Vélomagg' de Montpellier.
Hors Vélib', Smoove gère les solutions de vélos-en libre-service de 26 villes, dont le Vélomagg' de Montpellier. (Crédits : Smoove)
Après des semaines de rumeurs insistantes, le syndicat mixte Autolib' et Vélib' Métropole a enfin tranché et a attribué, le 12 avril, le marché métropolitain du Vélib' au consortium franco-espagnol conduit par le Montpelliérain Smoove. Un contrat d'une valeur de 600 M€ sur quinze ans, obtenu aux dépends du géant JCDecaux.

Sans doute dans le but d'éteindre la polémique ouverte par les syndicats franciliens ces derniers jours, le syndicat mixte Autolib' et Vélib' Métropole a indiqué qu'à "une écrasante majorité", le renouvellement du marché du Vélib' à Paris vient d'être officiellement attribué au consortium franco-espagnol Smoovengo. Celui-ci, conduit par la société montpelliéraine Smoove, associe le Catalan Moventia, Indigo (ex-Vinci Park) et Mobivia (ex-Norauto).

Une rude bataille avec JCDecaux

Lors d'une conférence de presse tenue à l'Hôtel de Ville de Paris, le 12 avril, le syndicat mixte indique que le contrat se monte à 600 M€ sur quinze ans. Il porte sur la fourniture de 20 000 vélos (dont un tiers électriques) et l'équipement de 1 800 stations, à compter de janvier 2018, sur un territoire étendu désormais à la Métropole du Grand Paris.

Pour Smoove, c'est donc une victoire qui vient parachever la percée réalisée le 3 avril dernier, quand la commission d'appel d'offres du syndicat mixte avait classé la proposition du Montpelliérain en tête, devant celle de l'ex-délégataire du Vélib', le géant publicitaire JCDecaux. La veille de cette conférence de presse, le 11 avril, le groupe avait d'ailleurs publié un communiqué indiquant qu'il déposerait "un recours devant le juge des référés du Tribunal Administratif de Paris", contestant à l'avance le vote du syndicat mixte au motif que l'offre de Smoove constituerait un "dumping social".

Questionnée sur la portée de ce recours, la présidente du syndicat mixte, Marie-Pierre de la Gontrie, a répliqué que la grille tarifaire du nouveau dispositif Vélib' ne sera connue qu'à l'automne.

Face aux inquiétudes des syndicats, qui rappellent de leur côté que le marché du Vélib' représentait pour JCDecaux 315 emplois, Smoove avait pris les devants, le 4 avril, en annonçant qu'il conduira "les dialogues de recrutement de ses équipes dans le cadre d'une démarche bien évidemment largement et prioritairement tournée vers les salariés de l'actuel exploitant, en proposant à tous ceux que ce dernier ne voudrait pas garder pour ses activités publicitaires, de rejoindre Smoovengo".

L'offre innovante de Smoove

Start-up créée à Montpellier en 2008, spécialiste des solutions de vélos-en libre-service et des services de mobilité, Smoove a conçu pour le marché du Vélib' une offre calibrée contre le vol grâce à une fourche-cadenas brevetée, offrant la possibilité de se garer même si la station est pleine grâce à une fonctionnalité de sur-capacité, et mobilisant une flotte de vélos à assistance électrique, dont la capacité des batteries permettra de gravir "tous les reliefs parisiens".

Hors marché du Vélib', Smoove équipe, à ce jour, plus de 26 villes en France et à l'étranger, dont Helsinki, Moscou, Chicago, Vancouver, Bangkok et Marrakech.. La société gère actuellement plus de 715 stations vélos, 8 800 vélos en libre-service et 13 000 vélos de location longue durée.

Lors de la précédente DSP assurée par JCDecaux, entre 2007 et 2017, le dispositif du Vélib' avait généré 300 000 abonnements longue durée et 40 millions de trajets par an.

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Commentaires
a écrit le 13/04/2017 à 9:56 :
Hidalgo nous fait le coup des autoroutes. Comment peut-on imaginer accorder une licence à un nouvel opérateur sans "verrouiller" sa tarification auprès du grand-public et son prévisionnel de progression de tarif? Nous tombons une nouvelle fois dans les errements, pour ne pas écrire les "scandales" du partenariat "public-privé". Les montpelliérains et les nîmois en font actuellement l'amère constatation avec les vraies-fausses gares de la Mogère et de Manduel. A force de privilégier les "magouilles de réseaux", il est fait n'importe quoi. Attention, à force de tirer sur la corde elle va finir par péter. Jean-Luc Melenchon et Marine Le Pen, vous n'etes pas loin.
a écrit le 13/04/2017 à 8:00 :
Le gros problème du vélib est qu'il ne profite pas aux personnes âgées. Cela ne semble choquer personne que ce soient des personnes en difficultés de mobilité qui n'en profiterons pas. Cet argent aurait été mieux Investi dans des transports en communs électriques.
a écrit le 13/04/2017 à 5:47 :
Les impots locaux vont encore augmenter. Vive hidalgo.
a écrit le 12/04/2017 à 18:44 :
Folie financière: il fallait profiter de la fin du contrat précèdent pour arrêter les frais. Le principe du velib est séduisant pour se faire élire mais un gouffre pour les finances publiques. On va vers à la fois un relèvement important des tarifs, un probable mix avec le mode paiement au déplacement avec smartphone tel que le veut le Stif et donc l'abandon de la tarification abonnement. Le remplacement des bornes est le ponpon dans ce gâchis général, et j'attend de voir le vélo involable et son informatique embarquée à l'épreuve de certaines de nos chères tètes blonde. désœuvrées.
Il fallait arrêter les frais et construire de vraies pistes cyclables et des parkings sécurisés et laisser la population s'approprier tout cela. Des échoppes privées de dépannage ou des ateliers coopératifs se seraient créés pour des réparations.
J'ai vraiment le sentiment que l'on procède à l'envers du bon sens. Mettre des velib sans réseau sérieux.
Réponse de le 12/04/2017 à 19:43 :
J' approuve à 100% ces propositions. Malheureusement la mairie de Paris est adepte du collectivisme (la propriété c' est le vol) et de la pensée "bobo".
On attend avec impatience une municipalité qui choisisse le pragmatisme et le bon sens plutôt que le dogmantisme idéologique en créant des pistes cyclables dignes de ce nom.
Réponse de le 12/04/2017 à 20:36 :
Je ne vois pas pourquoi le velib empêcherait la construction de pistes cyclables. Si ça marche bien, les réseaux devront bien se mettre en place un moment où à un autre. Et si velib était supprimé je suis persuadé qu'il n'y aurait plus de nouvelles pistes avant bien longtemps ! Donc si vous voulez des pistes, il faut des vélos...

Quand à préférer les vélos personnels, je doute que les parisiens veuillent monter celui ci dans les appart de 10m2 au 4eme sans ascenseur. L'intérêt du velib n'est pas de faire du "collectivisme" mais de répondre à des besoins à la fois réguliers (pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas avoir leur propre velo) et ponctuels (fin de soirée, touristes, actifs de passage, petite course, etc.). Ça répond à un besoin que vous n'avez pas semble il, mais il suffit de voir le nombre d'utilisateurs pour voir le besoin comblé.

Après c'est vrai que quand on voit comment roulent les locaux, ça ne donne pas très envie de faire du vélo entre les scooters qui roulent comme des tarés et les automobilistes qui ne regardent pas la route... Mais ça je vous rassure, c'est un peu partout en France...
a écrit le 12/04/2017 à 17:08 :
J'ai lu que les tarifs devaient augmenter assez 'fortement', mais parait que ce ne sont que des chiffres pour l'appel d'offre. Pourquoi ne seraient-ils pas gardés ? S'ils se sont basés dessus pour le marché à acquérir, y a pas de raison de les altérer.
Smoove ne vend pas de vélos électriques au grand public ? S'ils sont 'merveilleux'. J'en cherche un qui recharge la batterie en descente, y a quantité de pentes ici.
Réponse de le 12/04/2017 à 17:34 :
Le tarif de l'abonnement n'a pas changé depuis la création. L'inflation est d'environ 15% sur cette période.
Il est normal que les tarifs changent...

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