Sauramps : la proposition de reprise du Furet du Nord

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La librairie Le Furet du Nord, à Villeneuve d'Asq (59).
La librairie Le Furet du Nord, à Villeneuve d'Asq (59). (Crédits : Le Furet du Nord)
Le 6 juin, trois repreneurs potentiels ont déposé une offre de reprise du groupe de librairies Sauramps, à Montpellier. Parmi eux, Le Furet du Nord, chaîne de librairies dont le siège est situé dans le département du Nord. Pierre Coursières, le P-dg du groupe, a accepté de dévoiler les contours de son projet à Objectif Languedoc-Roussillon.

Jusqu'au dépôt des offres auprès de l'administrateur judiciaire, les candidats à la reprise des librairies Sauramps (130 salariés), à Montpellier, étaient tenus au secret. Le 6 juin, date à laquelle les offres devaient avoir été déposées, on apprenait qu'elles étaient au nombre de trois : la société Ametis de l'architecte François Fontès (sur l'ensemble des librairies), le libraire de Rodez Benoît Bougerol (sur la librairie d'Alès), et la chaîne de librairies Le Furet du Nord.

Le groupe Le Furet du Nord, dont le siège se situe à Lomme (59), compte aujourd'hui 17 magasins, le dernier venant d'être créé à Saint-Quentin-en-Yvelines (78). Il emploie 420 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 90 M€.

Son P-dg, Pierre Coursières, a accepté de dévoiler plus avant son projet, qui porte sur les librairies du Triangle (78 salariés, dont 22 à Mauguio en fonctions support et logistique) et sur celle d'Alès (12 salariés), excluant la holding (5 personnes) et la librairie d'Odysséum (36 salariés).

« Il est impossible de reprendre le magasin d'Odysséum en l'état, compte tenu du loyer très élevé, même si c'est une librairie qui fonctionne bien, déclare-t-il. Or je connais bien Klépierre (propriétaire des murs, NDLR) : ils ne bougeront pas, ils préfèrent récupérer la surface. »

Mutualisation des fonctions support

L'homme est languedocien d'origine et connaît très bien Montpellier. En poste au Furet du Nord depuis 2003, il en a repris les rênes en 2008. Mais son offre de reprise inquiète certains salariés de Sauramps pour deux raisons.

« Le concept se rapproche plus d'un Cultura que de celui d'une librairie indépendante, notait un représentant des salariés le 7 juin. Et il s'agit d'une chaîne, il y a donc le risque de voir les fonctions support disparaître. »

Sur le premier point, Pierre Coursières se veut rassurant.

« Le secteur de la librairie aujourd'hui a une révolution digitale à mener, et il est très compliqué pour les librairies indépendantes de se doter des outils digitaux pour mener cette révolution, fait-il observer. Par ailleurs, il faut développer le mix-produit : on se doit diversifier une partie de l'offre, tout en gardant le livre comme cœur de métier. Au Furet du Nord, il représente plus de la moitié de notre chiffre d'affaires, soit bien plus qu'à Cultura... Le parallèle avec Cultura s'arrête donc là. »

Sur la question des fonctions support menacées, il ne cache pas la réalité des faits : « Si on veut donner une pleine puissance à une offre commerciale, il faut des services support performants, ce qui demandera en effet une mutualisation avec nos services ».

Fédérer des librairies

Son offre ne prévoit pas, en effet, de reprendre la totalité du personnel : « Nous reprenons environ les 3/4 des salariés, soit 34 personnes sur 49 au Triangle, et 9 sur 12 à Alès ». Une source proche du dossier décrypte : « En comptant 49 salariés au lieu des 78, il efface les fonctions pour lesquelles il ne reprend personne... ».

Pierre Coursières se veut toutefois positif.

« L'idée n'est pas d'intégrer Sauramps pour faire progresser Le Furet du Nord, mais de fédérer des librairies, assure-t-il. Nous sommes très similaires à Sauramps dans la manière de fonctionner, très décentralisée avec des magasins autonomes. Nous souhaitons que Sauramps conserve son autonomie commerciale sur des bases plus saines. Et nous ne voulons pas débaptiser Sauramps, c'est une marque magnifique ! Ce qui m'intéresse, c'est la force commerciale de Sauramps qui, cumulée à celle du Furet du Nord, peut nous rendre plus forts. »

Des conditions suspensives

Pierre Coursières a toutefois posé des conditions suspensives non négligeables à la reprise : obtenir une remise aux normes par les bailleurs et revenir à un niveau de loyer cohérent au Triangle.

« Le loyer au Triangle est trop élevé, et il y a une mise aux normes à faire, qu'il faut régler avant la reprise. Nous allons demander aux propriétaires de le faire. Ensuite, nous investirons sur la remise en route et la dynamique commerciale du magasin, ce qui représentera plusieurs millions d'euros. »

Le dirigeant s'apprête à rencontrer les représentants du personnel et l'administrateur judiciaire pour porter son offre.

« C'est le tribunal qui jugera ! », conclut-il, déclarant que pour l'heure, il n'a une connaissance que superficielle des autres offres déposées.

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