Les salariés de Sauramps en grève

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Le 29 juin 2017, les salariés du groupe Sauramps son en grève devant les portes de la librairie Sauramps Odyssée, à Montpellier.
Le 29 juin 2017, les salariés du groupe Sauramps son en grève devant les portes de la librairie Sauramps Odyssée, à Montpellier. (Crédits : Cécile CHAIGNEAU)
Au lendemain de la décision du tribunal de commerce faisant tomber les librairies Sauramps dans l’escarcelle du groupe Le Furet du Nord, les salariés des sites du Triangle et d’Odysseum ont débrayé et manifesté leur colère, le 29 juin. Ils espèrent qu’un recours va être opposé à cette décision.

« Les juges enterrent Sauramps », « Licenciés alors qu'on aurait pu être sauvés », « Salariés soldés par le tribunal »...  Jeudi 29 juin, soit au lendemain de la décision du tribunal de commerce passant le groupe montpelliérain Sauramps dans l'escarcelle du groupe Le Furet du Nord, des pancartes expriment la colère des salariés des librairies du Triangle et d'Odysseum.

Quasiment tous sont en grève, rassemblés devant les portes du magasin d'Odysseum condamné à fermer ses portes prochainement, afin de protester contre une décision qu'ils jugent « scandaleuse » au regard de la proposition, mieux disante socialement, de la société Ametis, portée par François Fontès et Bertrand Barascud.

L'offre retenue par le tribunal prévoit la reprise de 47 salariés en centre ville de Montpellier (Triangle, Polymôme et Musée Fabre) et de 10 salariés à Alès. Mais abandonne la librairie d'Odysseum et ses 26 salariés. Au total ce sont 62 salariés du groupe montpelliérain qui vont se retrouver sans emploi, auxquels s'ajoutent 11 CDD qui n'avaient pas été reconduits. Il y a un an, au moment du placement sous mandat ad hoc de l'entreprise, ils étaient 130...

« Ça représente 52 % des salariés du groupe, c'est énorme ! », souligne l'un salariés, devant les portes de la librairie d'Odysseum.

Amertume

Le sens de la décision du tribunal ? Vraisemblablement la volonté de ne pas prendre de risque en désignant une structure qui oeuvre déjà dans le secteur de la librairie. Les salariés qui battaient le pavé ce jeudi sont amers à plusieurs titres.

« Avec l'offre de Benoît Bougerol (libraire et propriétaire de la Maison du Livre à Rodez et de la Librairie Privat à Toulouse, NDLR) fin 2016, toutes les librairies auraient été sauvées et seuls dix emplois menacés, d'où notre incompréhension autour de cette non-cession, regrette Julien Domergue, représentant syndical Sud chez Sauramps. Et on s'est battus pour obtenir du ministère de la Culture le label de librairie indépendante. Or le projet du Furet du Nord est un tout autre projet... »

La crainte souvent exprimée sur le projet du repreneur désigné, c'est la mise en place d'une stratégie qui limite la place du livre au profit d'un mix-produit proche du concept des magasins Cultura.

« Le livre reste comme cœur de métier, se défendait Pierre Coursières le 9 juin dernier dans nos colonnes. Au Furet du Nord, il représente plus de la moitié de notre chiffre d'affaires, soit bien plus qu'à Cultura. »

« Pierre Coursières garde 27 des 31 vendeurs du Triangle mais ce sont des experts du livre. Les gardera-t-il demain ? », s'inquiète aujourd'hui Julien Domergue.

Une autre chose le préoccupe : « les 26 salariés d'Odysseum n'auront pas droit au plan social (Le Furet du Nord abondera aussi à hauteur de 100 000 € au plan social, NDLR) car c'est une filiale et qu'ils ne sont pas assez nombreux. Les offres de reclassement du Furet du Nord ne les concernent donc pas non plus... ».

Des offres de reclassement qui proposent six postes de logistique de nuit à Lille, et 19 postes de vendeur en région parisienne...

Dans l'espoir d'un recours

Les salariés n'ont pas dit leur dernier mot. En marge de ce mouvement de grève, ils misent sur une intervention du Procureur de la République.

« Aujourd'hui, la seule façon de faire fléchir la décision du tribunal, c'est de faire un recours, explique Julien Domergue. Il peut venir de Jean-Marie Sevestre en sa qualité de cédant, et il semblerait que c'est ce qu'il veuille faire. Mais surtout, il peut venir du Procureur de la République dont le recours est en plus suspensif. Ce qui empêcherait l'entrée en jouissance du Furet du Nord dès samedi. Ce recours doit être déposé dans les dix jours. Comme il avait rendu un avis favorable, nous espérons que le Procureur va solliciter ce recours contre l'avis du tribunal. Si nous ne parvenons pas à le joindre aujourd'hui, nous irons demain manifester devant le tribunal de grande instance. »

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