Sauramps : le tribunal retient finalement l’offre d’Amétis

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François Fontès, président d'Amétis et repreneur du groupe Sauramps, le 19 juillet 2017.
François Fontès, président d'Amétis et repreneur du groupe Sauramps, le 19 juillet 2017. (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Les salariés du groupe Sauramps, durement éprouvés par les rebondissements du dossier, sont enfin fixés. L’audience en appel, qui examinait à nouveau les deux propositions de reprise des librairies, a rendu son délibéré le 19 juillet : disqualifiée en 1e instance, c’est finalement la société montpelliéraine Amétis qui l’a emporté.

Clap de fin pour Sauramps ? Il semblerait que cet épisode soit le dernier d'une longue série qui a amené le groupe de la librairie Sauramps (120 salariés) à la barre du tribunal de commerce à l'issue d'une procédure de redressement judiciaire (depuis le 13 mars).

En procédure d'appel, et contrairement à la décision en première instance, c'est finalement l'offre d'Amétis, portée par le Montpelliérain François Fontès et de son associé Bertrand Barascud, qui a été retenue ce 19 juillet, au détriment de celle du Furet du Nord.

Pour mémoire, le 28 juin, le tribunal avait en effet retenu l'offre du groupe Le Furet du Nord, dirigé par Pierre Coursières et dont le siège social est à Lomme (59). Elle prévoyait la reprise des librairies montpelliéraines du Triangle, de Polymôme et du Musée Fabre, ainsi que celle d'Alès, mais excluait la holding et la librairie d'Odysseum. L'offre conservait 47 salariés à Montpellier et 10 salariés à Alès.

Recours suspensif

Les offres d'Amétis (l'architecte montpelliérain François Fontès et son associé Bertrand Barascud) et du libraire ruthénois Benoît Bougerol, avaient donc été écartées.

Alors que Le Furet du Nord avait pris les rênes des magasins le 1er juillet, Jean-Marie Sevestre, le cédant et ancien P-dg de Sauramps, avait alors décidé de faire appel de la décision du tribunal au motif qu'elle avait retenu l'offre la moins disante socialement, celle d'Ametis proposant la reprise de l'ensemble des librairies et de 85 salariés.

Le 7 juillet, la cour d'appel avait retenu le caractère suspensif du recours, suspendant du même coup l'entrée en jouissance du Furet du Nord dans l'attente d'un nouveau jugement sur le fond. Lequel avait lieu le 13 juillet, avec mise en délibéré de la décision le 19 juillet à 14 h.

Ametis conserve 94 salariés

Lors de cette audience en appel du 13 juillet, seuls les avocats des différentes parties étaient autorisés à prendre la parole.

« On est allé au bout de tout ce qu'on pouvait faire, déclarait Julien Domergue, délégué syndical Sud le jour de cette audience en appel. Il est difficile de dégager une tendance... Il me semble que le plaidoyer de notre avocat a fait mouche, celui d'Ametis a été assez offensif, celui de Jean-Marie Sevestre pertinent, et celui du Furet du Nord est resté sur la même ligne qu'en première instance. »

L'offre du libraire du nord avait été légèrement modifiée, et proposait de reprendre non plus 57 mais 61 salariés, avec 27 propositions de postes en reclassement à Paris et à Lille. Mais c'est finalement celle d'Amétis, révisée et montée à 94 salariés conservés dans leurs fonctions, qui aura été préférée.

« C'est une bonne nouvelle, pour les salariés de Sauramps, pour notre groupe, pour la ville, commente François Fontès pour Objectif Languedoc-Roussillon, peu après que la décision a été rendue. Nous allons d'abord nous employer à redonner confiance et courage à tous les salariés démotivés, leur dire que notre projet respecte parfaitement l'ADN de Sauramps, et que nous allons améliorer l'outil. »

Sur son compte Twitter, Le Furet du Nord écrit "Déçu mais bonne chance !"...

« Énormément de compétences »

L'architecte montpelliérain avait fait l'objet de critiques portant sur sa méconnaissance du secteur de la librairie.

Le 11 juillet dernier, Pierre Coursières, dérouté par la décision du recours suspensif et en colère, déclarait à Objectif Languedoc-Roussillon : « Amétis paraît mieux disant socialement mais c'est un faux semblant à court terme car elle garde des structures qui perdent de l'argent, et conserver l'ancienne structure (de la holding, NDLR), cela fait rarement de bonnes recettes. [...] On ne s'improvise pas patron d'une librairie indépendante qui subit une baisse structurelle de marché de 6 %, qui est en concurrence avec des pure-players... Le modèle économique est fin, complexe, précis et ne laisse la place à aucun amateurisme ! ».

« Le Furet du Nord, qui était mon concurrent, tout à fait respectable au demeurant, était d'anciens fourreurs, répond François Fontès. Il y a énormément de compétences dans le groupe et nous allons désigner un directeur général qui connaît le métier. Bertrand Barascud et moi-même assurerons l'intérim en attendant son arrivée, mais nous sommes très entourés. »

Un dirigeant recruté

Par ailleurs, certains salariés du groupe Sauramps avaient émis des inquiétudes quant au maintien, prévu dans l'offre Amétis, de certains cadres dirigeants du groupe des cadres tenus pour responsables d'une mauvaise gestion.

« Nous allons conserver quelques cadres de l'équipe Sauramps, mais le dirigeant sera recruté à l'extérieur, veut rassurer François Fontès. Quant à Jean-Marie Sevestre, il avait été très clair, il ne souhaite pas être réintégré. »

Cette décision est-elle définitive ou pourrait-elle encore fait l'objet d'un recours ?

« La seule possibilité serait le pourvoi en cassation, uniquement à l'initiative du ministère public, avance Julien Domergue. Etant donné que le bureau du Procureur a fait en sorte que le dossier soit rapidement traité, j'imagine mal qu'il aille plus loin... »

Dans l'attente, François Fontès balaie l'idée : « Nous allons commencer à travailler dès demain ».

MAJ 16h53 : Interrogé sur ses intentions, le Procureur général de la Cour d'appel, Pierre Valleix, fait savoir par son secrétariat qu'aucune communication n'est faite sur le sujet.

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Commentaires
a écrit le 20/07/2017 à 9:36 :
Après la saga "Pourcel", voici l'épopée "Sauramps". Très objectivement, personne ne voit précisément comment un architecte parviendrait à sauver une entreprise qui prend l'eau depuis près de 40 ans. Il y a sans doute d'autres intérêts derrière. Un jour les Montpelliérains sauront. Ora et labora!

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