Rentrée, budgets, travaux : Barascud dresse la feuille de route de Sauramps

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Bertrand Barascud (Amétis) s'est associé à l'architecte François Fontès pour la reprise de Sauramps
Bertrand Barascud (Amétis) s'est associé à l'architecte François Fontès pour la reprise de Sauramps (Crédits : DR)
Après un long feuilleton judiciaire, les nouveaux dirigeants du groupe Sauramps et les salariés se concentrent sur les rentrées littéraire et scolaire de septembre : plusieurs millions d'euros sont investis sur cette échéance capitale. Entretien avec Bertrand Barascud sur la reprise et les projets en cours.

Ils ont les clefs de la boutique depuis le 20 juillet. Au terme d'un long et éprouvant feuilleton judiciaire qui aura largement occupé les esprits et les gazettes régionales (mais aussi nationales), le groupe de librairies Sauramps, emblématique institution montpelliéraine, est passé dans les mains de la société Amétis (développement de logements locatifs sociaux) et de ses deux associés, l'architecte François Fontès et Bertrand Barascud.

Un mois plus tard, en cette dernière semaine d'août, les repreneurs sont sur le pont pour préparer ce rendez-vous capital que constitue le mois de septembre, avec sa rentrée littéraire et sa rentrée scolaire.

Si les rayonnages et étals des librairies semblent encore peu garnis aux clients, c'est que les choses ne peuvent se faire en un claquement de doigts. C'est ce qu'explique Bertrand Barascud à Objectif Languedoc-Roussillon.

« Il a fallu créer trois nouvelles sociétés (une par site géographique : Montpellier centre, Odysseum et Alès, NDLR) et négocier de nouveaux contrats avec les éditeurs, ce qui nous a pris une quinzaine de jours. Nous avons ainsi signé 50 nouveaux contrats avec des éditeurs, des fournisseurs en papeterie, etc. Par exemple, un contrat de 2,5 M€ chez Hachette... Les comptes ont été ouverts à partir du 15 août et les commandes arrivent maintenant, à raison de cinq tonnes de livres, presse et papeterie par jour. Nous avons demandé aux équipes de se surpasser et de faire des commandes massives. Et nous travaillons déjà sur les commandes de décembre. »

Carte blanche

Les salariés ont presque carte blanche pour rattraper le retard des quelques mois passés sans trésorerie suffisante et ainsi assurer le rendez-vous de la rentrée de septembre. Le dirigeant évoque quelque 3 à 4 M€ déjà sortis en commandes, « et ça continue ». Les trois centres logistiques du groupe (dont le plus important à Mauguio) ne ménagent pas leur peine.

« Les salariés ont accepté de restreindre leurs congés d'été », souligne Bertrand Barascud.

Quant au marché des livres scolaires pour la Région Occitanie, un marché de 1,2 M€, « la Région a confirmé sa commande et il sera honoré, les livres ayant commencé à être envoyés à compter du 21 août », assure le dirigeant.

Des compétences mobilisées

Que répondent les nouveaux dirigeants au procès en incompétence que leur faisait leur concurrent Le Furet du Nord au moment de la reprise, et comment gèrent-ils ce nouveau challenge ?

« Les gens compétents sont à Sauramps, nous les avons avec nous, sourit Bertrand Barascud. Je m'attendais à trouver des gens fatigués mais ils ont manifesté une vitalité pour remonter la boîte qui nous a surpris. Et nous avons suffisamment de surface financière pour leur assurer un avenir serein. »

Par ailleurs, et dès qu'ils ont décidé de leur candidature au rachat, François Fontès et Bertrand Barascud se sont attachés à mettre toutes les compétences d'Amétis pertinentes sur le dossier Sauramps. Deux anciens cadres dirigeants du Crédit Agricole, la banque du groupe de librairies, se sont adjoints au projet et continuent aujourd'hui encore de piloter la reprise, en attendant l'arrivée prochaine d'un directeur dont le recrutement est toujours en cours.

Finalement, 100 salariés repris

« Nous sommes tous sur le coup, assure Bertrand Barascud. Il y a quelqu'un qui passe chaque jour voir les équipes. On patrouille sans cesse, on répond aux questions des salariés, on les rassure. »

Car le moral et la motivation des salariés ont été mis à rude épreuve ces six derniers mois... L'offre de reprise d'Amétis a été validée par le tribunal avec 94 salariés conservés sur les 119 que comptait le groupe.

« Finalement, il y a quinze jours, nous avons porté le nombre de salariés repris à 100, essentiellement pour renforcer les forces de vente et de logistique. Sur les 19 personnes restant, 12 ont choisi un départ volontaire, ce qui laissait à l'administrateur judiciaire sept licenciements à effectuer. »

Le dirigeant confie avoir trouvé « une équipe bien abîmée, qui demande qu'on les écoute, qui veut de la transparence, qui souhaite être tenue au courant des projets ».

« Je ne cache rien, ajoute-t-il. Chez Amétis, les comptes sont communiqués aux salariés et ce sera la même chose pour Sauramps. Et pour les sujets importants, nous travaillerons par comité de projet. »

Gros sous

Pour redresser la barre, l'investissement financier des repreneurs est conséquent. Outre les quelque 50 000 € mis sur la table pour le rachat des actifs, il a notamment  fallu financer la reprise du stock (1,8 M€), la dette de loyers à Odysseum (environ 283 000 €), et dégager de la trésorerie pour faire tourner les nouvelles sociétés créées (1 M€).

Bertrand Barascud annonce un budget de 200 000 € investi dans la communication de rentrée et de fin d'année, afin de remettre Sauramps dans la lumière (agence de communication, achat d'espaces publicitaires, etc.).

L'autre gros budget à venir concernera la rénovation et restructuration des magasins. La priorité sera celui du Triangle, en centre ville, où 540 000 € sont programmés.

Les travaux relevant de la sécurité ou de la présence d'amiante sont du ressort du propriétaire des lieux, la foncière Actipierre, et les problèmes de fuite de toiture du ressort du syndic de copropriétaires. Mais Amétis porte de son côté un projet de réaménagement des espaces.

« Nous conservons la structure, les demi-paliers, les étages, etc., qui participent au charme du lieu, explique Bertrand Barascud. Mais nous voulons créer des atmosphères différentes selon les thématiques de livres, des ambiances intimistes. Egalement rapprocher le Polymôme, agrandir la papeterie et créer un espace d'échanges pour les clients, où ils pourront se poser pour lire, prendre un café, discuter avec un libraire. Un comité de projet va être mis en place dès septembre, qui sera piloté par les libraires. Les travaux pourraient démarrer en février, en profitant de la période d'accalmie. »

Odysseum, une librairie à potentiel

À Odysseum, ce sont 200 000 € qui seront investis pour repenser le lieu et en faire une librairie plus populaire, à destination d'un public plus jeune.

« Nous conservons les 2 300 m2 de surfaces de vente, mais nous allons revoir la programmation du magasin en insistant sur la librairie jeunesse, la BD, en recréant un Polymôme, en mettant plus de papeterie. »

Mais parce qu'il faut « retrouver du chiffre d'affaires », les repreneurs ont également décidé de jouer la diversification : le livre restera central mais seront introduites des activités de connectique (objets connectés) et décoration, toujours liées à la librairie. L'objectif étant de revenir à un chiffre d'affaires de 10 M€ (7,5 M€ aujourd'hui).

« Je suis très confiant, lance Bertrand Barascud. Nous avons toujours pensé qu'Odysseum était le réservoir du chiffre d'affaires de Sauramps. C'est une zone à fort potentiel, avec la gare LGV, l'@7center et les 3 000 cadres qui vont arriver, l'installation de Montpellier Business School, les 10 000 m2 de commerces qui vont se faire, etc. »

Autre axe de rééquilibrage : réduire les charges annuelles de 300 000 € en renégociant le très lourd emprunt qu'avaient contracté les précédents dirigeants pour créer le magasin d'Odysseum et qui a, selon Bertrand Barascud, largement contribué à plomber le groupe.

Voir plus grand à Alès

Enfin, les repreneurs ne délaissent pas les deux autres points de vente, la boutique du Musée Fabre et celle d'Alès (30). Concernant la première, la concession qui permettait à Sauramps d'occuper les lieux se termine en novembre et sera remise sur le marché. Les repreneurs feront une nouvelle offre pour maintenir le lieu.

Quant au magasin d'Alès, actuellement 250 m2 sur deux niveaux, une réflexion est cours pour le déplacer sur un autre site, sur un seul niveau et plus grand, qui permettrait d'ajouter une activité papeterie et pourquoi pas un espace d'échanges.

« Nous sommes des développeurs, et notre objectif, c'est de remettre l'entreprise à flot sous deux ans ! », promet Bertrand Barascud.

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Commentaires
a écrit le 26/08/2017 à 17:38 :
Serait il possible de savoir qui de chez amétis passe chaque jour et qui ils vont voir parmi les salariés? Car connaissant des libraires sur place ils n'ont pas vu de personnel d'ametis depuis 1 mois... pourriez vous faire du vrai journalisme en vérifiant sur place certaines choses rapportées ici qui sont semble-t-il faux... ou pour le moins imprecises

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