Le Club de l’éco zoome sur l’immobilier 2.0

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La première table ronde, animée par Anthony Rey (à droite), accueillait (de gauche à droite) Thierry Aznar, Alexandra François-Cuxac, Maxime Toury et Stéphanie Jannin.
La première table ronde, animée par Anthony Rey (à droite), accueillait (de gauche à droite) Thierry Aznar, Alexandra François-Cuxac, Maxime Toury et Stéphanie Jannin. (Crédits : Christine Caville)
Le 11 mars, lors du Salon de l’immobilier à Montpellier, Objectif Languedoc-Roussillon a organisé un Club de l’éco portant sur l’avènement du digital dans les métiers de l’immobilier. Une « révolution » en marche que les acteurs s’approprient petit à petit.

Le métier de promoteur immobilier change. Profondément. Les attentes des clients ont évolué avec l'avènement du « tout connecté » et les professionnels voient leurs pratiques se modifier par l'introduction de nouveaux outils numériques. C'est à cette révolution engendrée par l'introduction du digital à tous les étages des professions de l'immobilier que s'intéressait le Club de l'éco organisé par Objectif Languedoc-Roussillon le 11 mars 2016, en ouverture du Salon de l'immobilier au Corum de Montpellier.

« Notre métier a profondément changé, en intégrant beaucoup de normes, de réglementations nouvelles, souligne Alexandra François-Cuxac, présidente nationale de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI). L'arrivée du numérique est une révolution complète. Elle pourra prendre du temps, mais les gens sont prêts à intégrer ce progrès chez eux, les attentes sont clairement exprimées... »

À Montpellier, le promoteur immobilier Hélénis fait partie des précurseurs dans l'intégration du numérique à ses outils de travail.

« D'abord en commercialisation, en transformant notre concept store avenue Foch en digital room, précise Thierry Aznar, président d'Hélénis. Sur les écrans à disposition, les clients peuvent entrer virtuellement dans les immeubles, visiter et même modifier les appartements. Dans les prochains jours, nous allons monter un pôle numérique au sein de l'entreprise, avec des personnes qui réfléchissent à intégrer le digital dans nos programmes. »

Le politique et le digital

« La révolution numérique est là, martèle Stéphanie Jannin, élue déléguée à l'urbanisme à Montpellier Méditerranée Métropole. La société change et on doit donner un cadre. Le politique met en place un terreau pour que les porteurs de projet s'intéressent à cette question. La palette du numérique est immense et il faudra cibler ce qui est efficace... Je crois à la mise en réseau des gens, qui permettra de faire mieux avec moins. »

À titre d'exemple, l'élue cite la gestion des parkings, « avec des gens qui vivent sur place et occupent le parking la nuit, et des gens qui travaillent à proximité et l'occupent de jour... Voilà comment le numérique dans l'immobilier peut nous aider ».

« Nous devons imaginer la ville de demain, renchérit Christophe Perez, président de la SERM-SAAM. Et faire en sorte que les nouveaux outils génèrent du lien social, jusque dans les immeubles et les appartements. »

Et de citer deux opérations qui ont intégré le digital de manière innovante : l'îlot La Mantilla à Montpellier, avec un dispositif qui permet aux habitants de contrôler leur consommation énergétique, et le quartier Eurêka, à Castelnau-le-Lez, qui verra les différents bâtiments connectés entre eux afin répondre à la thématique du bien-vieillir mais aussi de créer du lien social entre les habitants.

« Les outils numériques ne vont pas nous éloigner de l'humain mais le remettre au cœur de la problématique. Si on reste dans cette voie, on est dans le vrai », confirme Alexandra François-Cuxac.

Regard critique

De leur côté, les architectes ont-ils bien pris le train de l'innovation ?

« Nous sommes des créateurs, donc ce qui nous intéresse, c'est la nouveauté, répond Philippe Capelier, président du Conseil régional de l'Ordre des architectes Languedoc-Roussillon. Alors oui, nous sommes en plein dans l'innovation. Notamment avec le BIM (Building Information Modeling, NDLR) qui permet de maîtriser un projet depuis son début. »

Mais l'architecte tempère l'engouement général pour l'innovation.

« Cette fascination pour le progrès, il faut la compenser par regard un peu critique : si on pousse la démarche au bout, on fabriquera des immeubles sans fenêtres tant notre rapport à l'extérieur passe par les écrans ! Il faut avoir la patience du retour, pour voir ce que ça va donner. J'encourage les promoteurs aux expérimentations : par exemple, tenter le low tech plutôt que le high tech. »

Identifier une bonne idée

Parmi les solutions innovantes promues par la FPI se trouve celle de la start-up montpelliéraine LK Spatialist, un outil numérique de prospection foncière qui permet à un promoteur d'accéder à toutes les informations d'urbanisme et aux réglementations qui caractérisent une parcelle.

« Nous savons très bien identifier si une idée est bonne et si elle répond à un besoin, et ce produit rend un service à notre profession », observe la présidente de la FPI.

L'innovation se niche à toutes les étapes d'un projet. Y compris dans la conception. Avec Made in Plan, Maxime Toury, co-fondateur, proposera une solution destinée aux particuliers, qui « automatise la conception d'un projet de maison, en tenant compte de des contraintes d'urbanisme et d'environnement... ». Une solution qui, à terme, pourrait, intéresser les promoteurs pour automatiser la disposition intérieure des appartements d'un programme immobilier.

Sur la question financière, StayHome, plate-forme participative de portage immobilier, permet à des particuliers de « faire investissement rentable avec une utilité sociale forte » : permettre à des propriétaires en difficulté de solder leur prêt tout en occupant leur bien le temps de se sortir d'une mauvaise passe financière et de le racheter.

« Ce dispositif pourrait intéresser les promoteurs immobiliers qui peinent à vendre ce qu'on appelle les queues de programmes qui constituent des immobilisations financières importantes empêchant certains promoteurs d'avoir la trésorerie nécessaire pour lancer de nouvelles opérations », affirme Patrick Drack, co-fondateur de StayHome.

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