La Région s'engage pour soutenir la filière bois

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(Crédits : Christine Caville)
La Région vient de renouveler son soutien à la filière bois en signant, le 21 septembre, le 2e contrat de filière AGIR. Un dispositif rassurant pour les professionnels qui, par ailleurs, regardent déjà vers Midi-Pyrénées, région aux problématiques communes.

Le Conseil régional Languedoc-Roussillon a renouvelé, Lundi 21 septembre 2015, le contrat de filière AGIR (accompagnement global et investissement régional) pour la forêt et la filière bois, signé avec Arfobois, l'interprofession de la filière forêt bois en Languedoc-Roussillon. Le contrat est d'une durée de trois ans.

Un dispositif dont l'enjeu est de taille dans une région où la forêt représente une  ressource considérable mais encore sous exploitée et peu valorisée, et qui constitue un intéressant réservoir de créations d'emplois.

« Aujourd'hui, on n'exploite pas la moitié de la croissance de la forêt, qui gagne du terrain », rappelle Christophe Gleize, le président d'Arfobois.

Une faible exploitation notamment liée à un manque d'infrastructures, à des propriétés foncières majoritairement privées et de faible superficie (93 % font mois de 10 ha).

« Le Languedoc-Roussillon compte 129 000 propriétaires privées possédant plus de 1 ha de forêt, observe Jeannine Bourrely, présidente du Centre régional de la propriété forestière (CRPF LR). Ce qui pose des problèmes de gestion et de renouvellement des forêts. »

Autre frein à l'exploitation : une structuration de filière insuffisante, et des entreprises de très petite taille et peu positionnées sur les segments de 1ère et 2e transformations et sur des marchés à forte valeur ajoutée comme le bois construction.

Deux régions et 2,6 millions d'ha forestiers

Depuis 2010 et la signature du 1er contrat AGIR, le soutien annuel de la Région à l'ensemble de la filière représente une moyenne de 1,5 M€. Soit un total de quelque 10 M€. La signature du 2e contrat AGIR signe la volonté de continuer à soutenir la structuration de la filière, notamment dans la perspective de la fusion avec Midi-Pyrénées. Mais difficile de mettre un budget en face dans la mesure où il est impossible de préjuger des arbitrages que choisira la future assemblée régionale.

Les deux régions présentent des physionomies similaires : 1,2 million d'ha de surfaces forestières en L.-R. (5e rang des régions forestières françaises) et 1,4 millions d'ha en M.-P. (4e rang), 75 % et 83 % de part privée, 4 300 et 3 500 entreprises, 1,8 Md € et 1,2 Md € de chiffre d'affaires. En 2012, la région Midi-Pyrénées se plaçait au 9e rang des régions françaises en volume récolté, et le Languedoc-Roussillon au 13e rang.

Les tissus économiques sont également proches, avec toutefois un secteur de 2e transformation du bois plus diversifié en Midi-Pyrénées. Et les deux filières régionales rencontrent des problématiques communes, notamment le morcellement important des surfaces, et un fort besoin de remembrement.

« Il faudrait par exemple alléger les taxes afin de favoriser la vente de terrains, suggère Jeannine Bourrely. Un des freins à l'exploitation, c'est aussi la difficulté à accepter de couper les arbres. Ensuite, il faut financer les replantations. L'Allemand E.ON et Fibre Excellence (industrie papetière, NDLR) pourraient accepter de financer le reboisement dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt de l'ADEME. Nous saurons fin septembre si le projet est retenu... »

Le potentiel du bois-énergie

Les deux régions pratiquent des politiques de soutien différentes et le contrat AGIR en Languedoc-Roussillon n'a pas son équivalent en Midi-Pyrénées où existe un Plan Bois Carbone Durable.

« Ce contrat AGIR a déjà fait ses preuves et les progrès réalisés sont enviés par des régions voisines, et nous espérons qu'il donnera des idées à nos collègues de Midi-Pyrénées », se félicite Christophe Gleize.

« Nous sommes passés d'une politique de guichet à une politique de projets, se réjouit de son côté Damien Alary, le président de Région. Dans ce contrat, interviennent un certain nombre de crédits européens que j'ai réussi à faire sanctuariser à Bruxelles pour qu'ils restent languedociens et roussillonnais... Nous devons adapter nos matériaux et arrêter de faire venir du bois d'ailleurs. Derrière, c'est de l'emploi ! »

Plusieurs structures sont partenaires du dispositif : la Capeb-LR, le CRPF LR, la CCI Languedoc-Roussillon, les communes forestières, Fransylva LR (Union régionales des syndicats de propriétaires forestiers privés et des coopératives forestières régionales), l'Office national des forêt et la DRAAF. Mais aussi, et pour la première fois, l'ADEME-LR afin de mieux accompagner les professionnels dans l'exploitation du bois-énergie.

Car, parmi les enjeux prioritaires pour 2016-2018, figure le développement des marchés pour les bois régionaux (bois-énergie, bois d'œuvre, chimie verte, etc.).

« L'ADEME soutient l'animation du réseau bois-énergie, et nous réfléchissons à une charte qualité pour les prestataires afin de tirer la filière vers le haut », précise Frédéric Guillot, directeur régional de l'ADEME-LR.

Au programme d'actions du contrat AGIR : le développement de la marque Sud de France, l'animation des cellules bois-construction et bois-énergie, réalisation d'une étude prospective globale sur la thématique « Formation, compétences bois » afin de mieux structurer l'amont de l'exploitation sur les 1ère et 2e transformations.

La Maison de la chasse et de la pêche, construite par la Région et actuellement en chantier, où avait lieu la signature du contrat AGIR, sera inaugurée le 16 novembre prochain, a annoncé le président Damien Alary.

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