ArcelorMittal : un projet de valorisation de chaleur fatale en Lozère

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La chaudière biomasse au coeur du projet
La chaudière biomasse au coeur du projet (Crédits : Sabrina Khenfer)
ArcelorMittal lance un projet de récupération de la chaleur fatale générée par ses fours, pour ses propres besoins en énergie et pour le réseau de chaleur de Saint-Chély-d’Apcher (48). Kyotherm sera le maître d’ouvrage tandis que Schneider Electric réalisera ces installations, qui devraient fonctionner au 1er semestre 2018.

Lorsque le projet de chaudière biomasse a vu le jour à Saint-Chély-d'Apcher (48), le cahier des charges était clair : ce véritable chauffage central à l'échelle d'une ville, qui alimente aujourd'hui 28 bâtiments publics - piscine, écoles, hôpitaux, maison de retraite... -  et 27 particuliers, devait être implanté à proximité de l'usine ArcelorMittal, premier employeur privé du département.

« L'idée date de 2007, lorsque nous avons décidé de construire une nouvelle ligne de recuit continu sur notre site lozérien, explique Philippe Chapus, responsable du projet au sein de l'entreprise de sidérurgie. La Ville de Saint-Chély-d'Apcher, qui envisageait un réseau de chaleur urbain, a dès le début défini un projet de récupération de notre chaleur fatale. Cette anticipation et un surinvestissement de sa part à l'époque permet aujourd'hui de mettre en place plus facilement ce projet. »

Kyotherm et Schneider Electric à la barre

Spécialisée dans le financement et la gestion de projets de production de chaleur renouvelable ou d'économie d'énergie, c'est la société Kyotherm qui s'apprête à porter ce projet à 5,6 M€.

« Le cœur de métier d'ArcelorMittal, c'est la production d'acier, souligne Rémi Cuer, chargé d'investissement. Mais ils ne sont pas forcément énergéticiens. Nous allons donc faire à leur place les investissements pour les nouvelles installations de récupération de leur chaleur fatale, qui seront conçues et installées par Schneider Electric. La chaleur récupérée permettra à ArcelorMittal de chauffer ses bâtiments et entrera en partie dans ses procédés industriels. Le reste sera exporté dans le réseau de chaleur de la ville. »

« Une belle image de marque »

L'intérêt d'un tel dispositif est donc multiple pour ArcelorMittal. « La particularité de notre site de Saint-Chély est de produire des aciers électriques pour des voitures hybrides, basse consommation, pour des génératrices éoliennes... poursuit Philippe Chapus. C'est donc dans la logique de notre production. C'est une belle image de marque pour nous. »

Le procédé permettra en effet d'éviter l'émission de 4 000 t de CO² par an, en réduisant notamment la consommation de fioul et de gaz naturel. « Le coût de l'énergie est très cher en Europe. Le fait d'utiliser notre propre énergie dans nos process industriels va donc également diminuer nos dépenses. »

Un avantage économique en terme d'approvisionnement pour le géant de la sidérurgie, mais aussi par la possibilité d'exporter son énergie sur la commune de Saint-Chély-d'Apcher. Le coût de l'énergie revendue par ArcelorMittal restera toutefois très intéressant pour la ville.

« Il faut être compétitif par rapport au prix de la chaleur produite actuellement par la biomasse, poursuit Rémi Cuer. Notre export de chaleur fatale permettra surtout d'éteindre l'une des chaudières biomasse pendant l'été et remplacera en grande partie le fioul utilisé en complément lors de périodes de maintenance ou de grand froid. Le coût de production d'énergie de la ville est déjà faible actuellement, il le sera encore plus. »

Les travaux débuteront cet été pour une mise en service début 2018.

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