De grands industriels se mobilisent autour de SDTech

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J. Benabdillah (SDTech), G. Spenlehauer (L'Oréal), B. Pahlawan (Total), M. Deguet (CEA LITEN), V. Ferreiro (AddUp), A. Ait Amer (SDTech)
J. Benabdillah (SDTech), G. Spenlehauer (L'Oréal), B. Pahlawan (Total), M. Deguet (CEA LITEN), V. Ferreiro (AddUp), A. Ait Amer (SDTech) (Crédits : Anthony Rey)
Des personnalités venues de Total, L'Oréal, AddUp Solutions (Michelin) et du CEA ont participé, le 9 juin, au 1er comité scientifique de SDTech (micronisation de poudres). Cette instance conseillera la PME alésienne alors qu'elle investit lourdement sur sa nouvelle filiale dédiée aux nanopoudres.

Le comité scientifique de SDTech, spécialiste des poudres fines pour l'industrie, s'est réuni pour la première fois dans les locaux de la société alésienne, le 9 juin. Cette instance, destinée à aider la PME gardoise à structurer sa démarche scientifique et les nouvelles orientations business qui en découleront, intègre des personnalités hautement qualifiées issues de grands groupes industriels : Total (pétrole et gaz), L'Oréal (cosmétiques), AddUp Solutions (joint venture du fabricant de pneus, Michelin, et du groupe d'ingénierie industrielle, Fives), le CEA LITEN (Laboratoire d'Innovation pour les Technologies des Énergies Nouvelles) et Pierre Fabre Dermo Cosmetics.

"SDTech veut faire un bond industriel dans les quatre à cinq ans qui viennent, explique Jalil Benabdillah, P-dg de SDTech. Il nous faut, pour cela, réunir une vision, des moyens, et l'une des briques de ce développement sera ce comité scientifique de haut niveau, que nous avons constitué sur trois critères : que ses membres soient des industriels ou des acteurs travaillant pour eux (comme le CEA), qu'ils soient déjà clients ou partenaires de notre société, et qu'ils jouissent d'une grande notoriété."

Des projets croisés à l'étude

SDTech s'appuie sur ses différents métiers (micronisation et traitements à façon, analyses et caractérisation, R&D, conseil, etc.) et la grande palette d'applications couvertes (industries minérale, chimique, cosmétique, pharmaceutique, agroalimentaire, etc.) pour trouver des complémentarités avec ces partenaires industriels et développer des projets croisés.

"Un groupe disposant de gros moyens est parfois peu mobile, estime Gilles Spenlehauer, directeur de la recherche avancée de L'Oréal. Il connaît bien ses grands métiers, mais derrière des lignes de produits comme ceux de L'Oréal, il existe une multitude de technologies qu'il faut parvenir à maîtriser, notamment dans les matériaux et les nanos. On se tourne alors vers des spécialistes, et il en existe peu en France et dans le monde sur ces sujets-là."

"La technologie évolue si vite qu'un industriel ne peut pas avoir la prétention de tout savoir, rajoute Bruno Pahlawan, directeur de la division des programmes R&D de Total. Nous devons nous-mêmes nous appuyer, en interne, sur des comités scientifiques de ce type pour restreindre le champ des possibles. Nous regardons les enjeux sur le long terme, sans considération commerciale immédiate."

Cette première réunion chez SDTech a permis à la société alésienne de présenter au comité l'ensemble des expertises couvertes par ses équipes, et le panel des programmes de R&D déjà engagés. Dans six mois, une nouvelle réunion verra le comité se prononcer sur les orientations stratégiques de SDTech, ses investissements, etc.

"Notre stratégie collaborative s'oriente vers tout type d'entreprise, quelles que soient sa taille et sa localisation, dès lors qu'elle a la capacité à mettre en place une preuve de concept et à la transformer rapidement en démonstrateur, détaille Vincent Ferreiro, président de AddUp Solutions. Si ces conditions sont réunies, alors nous entrons dans une interaction traditionnelle, comme avec tout partenaire."

L'envol de SDTech Nano

Parmi les projets phare de SDTech figure la création d'une nouvelle filiale dédiée aux nanopoudres et nanomatériaux, SDTech Nano, opérationnelle à la rentrée. Le PME gardoise a déjà acquis un terrain de 8 500 m2 (dont une partie encore constructible) et a investi 2 M€ dans la rénovation et l'équipement des bâtiments industriels qui s'y trouvaient.

Ce 2e site se constituera d'une extension des locaux de SDTech (six nouvelles salles), et des bâtiments de la nouvelle filiale, avec notamment six à neuf nouveaux postes, et un show-room qu'elle partagera avec la société Duo Display, fabricant de stands haut de gamme. Un espace sera également réservé à l'accueil de trois à cinq entreprises confirmées portant des projets innovants.

"Le CEA assure une première mission consistant à aider les PME à se développer au plan national, et nous accompagnons notamment SDTech dans la construction de ces nouveaux bâtiments, précise Mme Deguet, directrice du développement nanomatériaux du CEA-LITEN. Nous voulons aussi favoriser les innovations croisées, car elles sont au coeur de tout."

SDTech Nano projette un premier chiffre d'affaires de 500 000 € sur l'exercice en cours. Globalement SDTech (40 salariés) a réalisé un CA de 2,5 M€ en 2016, et affiche une croissance de 25 à 40 % depuis le début 2017.

"Nous finalisons une levée de fonds de 1 à 1,5 M€ pour nous permettre d'intégrer de nouvelles compétences, sur lesquelles le comité scientifique sera consulté, conclut Jalil Benadbillah. Nous prévoyons entre 10 et 15 recrutements par an d'ici 2020, en nous donnant l'objectif d'une centaine de salariés d'ici cinq ans - même si cette prévision n'est pas figée..."

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