Montpellier City Life : le Smart Building, une idée crédible ?

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Le cadre juridique autour du Smart Building évolue favorablement, mais d'autres facteurs conditionnent sa généralisation
Le cadre juridique autour du Smart Building évolue favorablement, mais d'autres facteurs conditionnent sa généralisation (Crédits : DR)
Le concept de Smart Building sera au coeur du 1er Montpellier City Life, le forum de l'habitat connecté organisé le 10 mars par Objectif lors du Salon de l'immobilier. Les 12 experts conviés s'accordent sur l'importance des technologies émergentes sur ce sujet. Mais comment bâtir, sur cette base, un réseau économiquement cohérent ?

La multiplication des énergies renouvelables (solaire photovoltaïque, solaire thermique, éolien, énergie hydraulique, géothermie, biogaz, etc.) suscite le développement d'une offre technologique aujourd'hui proliférante, implantée dans chaque lieu de production et de consommation pour pouvoir la gérer localement. Cette offre inclut par exemple des capteurs collectant les données, une plate-forme de type cloud qui les mutualise pour offrir de nouveaux services à la population, et au milieu, un bâtiment intelligent (Smart Building) pour faire la connexion entre les deux.

Bâtir un réseau efficient

Mais sous quelles conditions techniques, juridiques et financières un réseau efficace peut-il se mettre en place ? Selon Jacques Bucki, porte-parole de la Smart Building Alliance, le cadre juridique existe déjà.

"La loi de 2015 fixe notamment l'objectif de consommer moins, de tendre vers toujours plus d'efficacité énergétique et donc d'encourager la gestion intelligente des usages dans un bâtiment, indique-t-il. Mais il existe mille façons de faire de l'efficacité énergétique. Tout l'enjeu est d'identifier celle qui se dégage, de l'intégrer dans une approche de type Smart City, car à l'arrivée, elle coûtera moins cher. Il existe aujourd'hui des installations connectables à 2 000 €."

Reste à identifier les bonnes technologies. Au sein d'Icade, le directeur de l'innovation, Jean-François Galloüin, se consacre au repérage d'offres innovantes développées par des start-ups ou des groupes partenaires.

"Il y a beaucoup de choses émergentes chez ces partenaires, qui disparaissent parfois très vite, note-t-il. S'il ne faut pas se laisser dépasser, il faut aussi savoir repérer les fausses bonnes idées. Dans le BTP, il peut y avoir des GTB (gestion technique du bâtiment, NDLR) difficiles à gérer quand on additionne les technologies. Ce qui nous importe, c'est que le bâtiment tienne debout et, quand on le fait vivre en exploitation, que la consommation d'énergie soit conforme à ce qu'on avait imaginé au départ. On engage des sommes importantes, ce qui oblige à être prudent."

Envoyer les bon signaux

Mais prudent jusqu'à quel point ? Pour Jacques Bucki, l'enjeu aujourd'hui est aussi de faire passer les bons messages sur le sujet du Smart Building.

"Peu d'opérateurs le proposent en raison de la complexité du sujet. Or si vous construisez aujourd'hui sans penser à cette gestion intelligente de l'énergie, ce bâtiment sera mort dans dix ans, ou bien cette zone d'activités n'attirera plus aucune entreprise. Nous devons donc créer un climat de confiance. Du côté des collectivités, cela suppose de savoir quelles sont les bonnes solutions. Je milite pour la création d'un Établissement public régional de l'énergie, associant tous les opérateurs du marché, que les collectivités consulteraient pour savoir quels sont les bons schémas pour elles en matière d'efficacité énergétique."

En ouverture du Montpellier City Life, Stéphanie Jannin, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, rappellera justement quelles ont été les options choisies pour certains projets urbains, comme le quartier connecté Eurêka. L'intégralité du programme de la manifestation est accessible sur ce lien.

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a écrit le 10/03/2017 à 12:45 :
Il faut développer des champs d’expérimentation pour les smarts grids et aussi créer une dynamique et une expertise locale. Dans le genre de la SiliconValey, toutes proportions gardées.

Smart Building, smart grids, bâtiments et territoires intelligents, etc…
Il y a en premier lieu une obligation d’efficacité énergétique : heureusement la région se prête bien à l’usage du solaire thermique et photovoltaïque et l’isolation des bâtiments ne devrait plus poser de problèmes. En mélangeant économies d’énergie et production partielle, on devrait même arriver à faire des BEPOS.

Mélange des genres : penser à la population des seniors et répondre à leurs besoins semble logique. Par contre, si l’on ne veut pas transformer la région en maison de retraite géante (je caricature) entourée de zones commerciales, c’est toute l’économie locale qui doit être développée. En plus de la présence historique d’IBM et de Dell, la situation de Montpellier attire aussi des entrepreneurs, qui insufflent une nouvelle dynamique dans des secteurs d’avenir : technologies numérique, informatique, énergies renouvelables et l’historique secteur médical.

Le Loft version SmartGrids :
Créer une « dynamique intramuros » : la logique voudrait que ces bâtiments puissent être pilotés et analysés en permanence et donc investis par les ingénieurs et techniciens qui y vivent et non par des éléments externes. Parenthèse : on a depuis des années des exemples à la télé de jeunes que l’on paye à se prélasser dans des villas et des lieux paradisiaques. On pourrait tout autant faire du buz avec des entrepreneurs et des techniciens.

L’avantage de l’agglomération de Montpellier, étant donné la forte augmentation de la population et la construction de nouveaux cadres de vie et de travail, est aussi de disposer de beaucoup de terrains aménageables en périphérie et proches de la métropole.

Beaucoup reste à faire en termes d’infrastructures et même s’il y a le Tram, côté circulation ce n’est vraiment pas une agglomération facile pour les déplacements. Ce qui laisse du potentiel de développement aux véhicules électriques.

En dehors des progrès technologiques, il est essentiel de ne pas perdre le bon sens (méthode BSP). On a connu il y a un demi-siècle, des plans d’urbanisation et des plans sur la comète, qui ont malheureusement conduit à des impasses et des quasis ghettos.

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