Futur nom de LRMP : les grands élus montent au créneau

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Carole Delga, présidente de LRMP, Martin Malvy, ex-président de M-P, et le conseiller régional Fabrice Verdier interviendront tout au long de la journée
Carole Delga, présidente de LRMP, Martin Malvy, ex-président de M-P, et le conseiller régional Fabrice Verdier interviendront tout au long de la journée (Crédits : Benoit / Moynat/Caville)
Lors des 2es Rencontres de la Nouvelle Région, organisées le 24 mai à Narbonne par Objectif Languedoc-Roussillon et La Tribune Toulouse, la présidente du Conseil régional, Carole Delga, l’ex-président de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, et le député du Gard, Fabrice Verdier, prendront la parole devant 400 acteurs économiques. Ils devront défendre la procédure choisie pour baptiser LRMP, et rappeler les enjeux entourant cette étape cruciale.

Martin Malvy, l'ancien président du Conseil régional Midi-Pyrénées (1998-2015), a pris la tête du Comité du Nom, mis en place en 2016 par l'actuelle présidente de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Carole Delga, pour éclairer l'institution dans sa démarche visant à trouver une nouvelle dénomination. À ce titre, Martin Malvy interviendra lors des 2es Rencontres de la Nouvelle Région pour rappeler le travail engagé pour aboutir à la liste finale des cinq propositions, soumise à la consultation populaire ouverte depuis le 9 mai, et ce jusqu'au 10 juin.

Le Comité du Nom en mission

D'abord, une première salve de consultations a permis de collecter 93 noms : 5 000 élus, entrepreneurs et représentants de la société civile ont été consultés par courrier ; le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) a été saisi ; et le site dédié a permis de recueillir 32 000 contributions. Sur cette base, le Comité du Nom, animé par Martin Malvy et composé de 30 personnalités issues des 13 départements de LRMP, a retenu un bloc de huit noms, avant que l'assemblée plénière du Conseil régional, réunie le 15 avril, n'en garde que cinq.

« La dimension même de cette Région rend complexe et sensible son identification par de simples références historiques, géographiques ou culturelles, écrit Martin Malvy dans la résolution finale publiée par le Comité du Nom. Or il convient de doter la Région d'un nom qui l'identifie, qui ne puisse être ramené à un sigle par l'usage, qui ne se confonde pas avec l'évocation d'une marque commerciale ou qui pourrait prêter à confusion. La seconde famille de critères qui doit guider le choix du nom concerne, puisque l'Assemblée régionale en décidera pour des décennies, l'usage qui en sera fait pour la renommée de la Région tant en France qu'à l'étranger ou à l'évidence les considérations historiques ou linguistiques par exemple n'ont en rien la même portée. »

Identité vs marketing ?

En lançant, le 9 mai, la procédure de consultation publique, Carole Delga n'a pas souhaité indiquer de préférence personnelle tant que l'opération ne serait pas bouclée. « Je suis attachée à un nom qui fédère et qui parle à l'international », se borne-t-elle à commenter.

Carole Delga se dit consciente, néanmoins, du dilemme clairement identifié par le Comité du Nom dès sa constitution : doit-on privilégier des critères identitaires (logique de territoire, histoire, culture) ou une approche mieux connue, et donc plus lisible à l'international ? La présidente de Région évoquera tous ces enjeux dans un discours prononcé le 24 mai à Narbonne, en insistant sur sa ligne directrice, qui consiste à « associer le plus grand nombre possible de citoyens » à la décision.

« L'identité régionale en cours de gestation sera centrée sur un patrimoine commun, mais aussi sur de nombreuses complémentarités, que le nouveau nom devra montrer, répondait-elle à Objectif Languedoc-Roussillon en marge d'une réunion du club d'entreprises Conecto, le 30 mars à Montpellier. Nous sommes la région comptant le plus grand nombre de produits sous signes officiels de qualité : il nous faudra donc assurer la complémentarité entre la vigne, les céréales ou les produits transformés tels que le foie gras. De même, nous devrons trouver des passerelles entre l'industrie de Midi-Pyrénées et le bassin alésien, et le Gard rhodanien. Les synergies sont, de même, très nombreuses en matière de tourisme. Nous devrons donc nous appuyer sur ces secteurs traditionnels, et sur ces fleurons en cours d'émergence, pour démontrer notre capacité à produire, à innover, et à aller à l'international. Et quelle meilleure façon d'aller à l'international que de le raconter à travers un nouveau nom ? »

Une nouvelle méthodologie politique ?

Pour sa part, le député (PS) du Gard et conseiller régional Fabrice Verdier a été chargé de coordonner la consultation citoyenne. Aux côtés de Martin Malvy, il s'exprimera dans un module interactif, où les élus défendront la pertinence des noms proposés face à un panel d'entrepreneurs et d'acteurs économiques issus du LRMP ; ceux-ci pourront, en connaissance de cause, réagir et prendre part à une consultation électronique organisée dans le théâtre de Narbonne.

Fabrice Verdier insiste sur le timing de cette procédure, en dressant un parallèle à peine voilé avec le mouvement Nuit Debout. Après Carole Delga, qui l'évoquait également le 9 mai, il va jusqu'à affirmer qu'une nouvelle méthodologie est en train d'émerger à travers cette séquence.

« Il y a ceux qui parlent de démocratie participative et il y a ceux qui la font, affirme-t-il. La consultation populaire choisie pour le nouveau nom était un engagement de campagne de Carole Delga, qu'elle a tenu, mais c'est aussi une méthode qu'elle utilise ailleurs, comme le prouvent les États généraux du rail aujourd'hui en cours. Nous savons que la fusion des régions a été délicate, qu'elle a soulevé des réticences. Il fallait donc un baptême laïc pour que les habitants se l'approprient. Nous faisons le pari de la citoyenneté, surtout dans un contexte de montée des extrêmes. Nous attendons des centaines de milliers de votes, mais il n'y aura pas de seuil en dessous duquel ce serait un échec. Le seul échec serait celui des gens qui sont en attente de démocratie participative et ne s'en saisissent pas. »

Le programme des 2es Rencontres de la Nouvelle Région, pour lesquelles les inscriptions sont toujours ouvertes, verra aussi des chefs d'entreprise venir pitcher sur le potentiel attractif de la nouvelle identité régionale, des tables-rondes consacrée aux secteurs qui portent déjà LRMP à l'international et à ceux qu'il s'agit de consolider à l'issue de cette consultation, ainsi qu'un débat interactif de clôture.

Un service de navettes sera proposé entre Toulouse et Narbonne de 7h30 à 17h (sous réserve d'un nombre minimum de réservations).

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Commentaires
a écrit le 15/05/2016 à 15:25 :
J'aimerai un nom qui porte les "pyrenees"
au coeur! Que serions nous sans cette beaute naturelle et qui a forge notre histoire? Si nos montagnes sont absentes dans le nouveau nom, je ne sais pas ce qu'il va se passer comme reactions? Peut etre qu'un " mouvement" va surgir pour revendiquer une hauteur confisquee par les "mediteraneens"?!
a écrit le 13/05/2016 à 19:06 :
L'identité et le Marketing sont intrinsèquement liés. Séparer les deux c'est vraiment ne rien comprendre au marketing. Pyrénées-Méditerranée c'est au contraire avoir une vision au court-terme. Une marque comme Occitanie mais aussi Languedoc peut porter à terme beaucoup plus de choses qu'une description géographique. De plus l'Occitane en Provence fait que cette marque est déjà connue de par le monde. Nous pouvons en faire une opportunité plutot qu'un problème.
a écrit le 13/05/2016 à 15:57 :
Qui neconnaît pas Midi Pyrénées
Qui ne connaît pas Languedoc Roussillon qui ne connaît pas la Mediterranéeen France en Europe et dans le Monde.
Il nous fait rester au plus près de ces noms et donc Pyrénées Mediterrànée me paraît le approprié

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