"Les entreprises doivent devenir leur propre média"

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Lors du Lab'Objectif 2017, Natacha Quester-Séméon interviendra sur une keynote et dans un des Duos de Choc avec Claudia Zimmer (Aquafadas)
Lors du Lab'Objectif 2017, Natacha Quester-Séméon interviendra sur une keynote et dans un des Duos de Choc avec Claudia Zimmer (Aquafadas) (Crédits : DR)
CEO de l'agence digitale YouARHere et membre actif de #JamaisSansElles, Natacha Quester-Séméon sera l'invitée vedette du Lab'Objectif, qui se tient le 2 mars à l'Espace Dièze de Montpellier. Dans cet entretien pour Objectif, l'entrepreneure et journaliste analyse les moyens d'impulser et renforcer sa stratégie d'influenceur.

Pourquoi une entreprise devrait-elle en faire plus pour optimiser sa présence sur le web ?

Natacha Quester-Séméon : Un nouveau type de management issu du monde des start-ups se déploie et pose des questions telles que la vôtre à l'entreprise sur sa capacité à s'adapter au monde. S'il existe une différence entre être un boss et un leader, alors un chef d'entreprise doit le comprendre et veiller d'abord à être influent sur ses équipes en lui communiquant sa vision d'ensemble. Les outils numériques permettent d'une part de prendre la température sur sa spécificité économique et sur ses marchés. Un grand patron tel que Richard Branson (fondateur du groupe Virgin, NDLR) explique qu'à chaque nouveau produit, il surveille d'abord les conversations à ce sujet sur le web. Cela donne une prise directe sur l'économie. D'autre part, il faut promouvoir ses propres messages, de sorte que l'entreprise devienne son propre média. Pour les start-ups, cela passe souvent par la personnalité du chef d'entreprise lui-même, car c'est lui qui est en contact avec les financeurs, les collectivités, les journalistes, etc.

Quel outil privilégier ?

N. Q.-S. : LinkedIn est essentiel, mais il faut d'abord voir dans quel écosystème on est : les publics sont différents selon la CSP, l'âge, etc. Twitter permet aussi de garder le contact avec le milieu économique. Par comparaison, Facebook est un peu plus laborieux pour un chef d'entreprise. Ce réseau permet notamment le partage de contenus, une fonctionnalité très importante qui se développe toujours plus d'année en année. Mais Facebook permet plus une ouverture culturelle qu'une communication. Plus globalement, s'il est important qu'une entreprise développe une stratégie digitale, il se peut aussi que l'influence personnelle du dirigeant dépasse celle de sa société.

Les dirigeants de TPE et PME, au four et au moulin, ont-ils le temps pour ça ?

N. Q.-S. : Que ce soit dans un groupe ou une TPE, il est vrai qu'un entrepreneur va s'interroger sur le ROI par rapport au temps investi dans cette stratégie. Le fait est que, culturellement, elle va le nourrir. Elle va lui permettre de rester connecté, dans un lien de basse intensité, avec ses clients et ses prospects. L'objectif n'est pas de faire de la communication, mais d'être relié, d'écouter, d'échanger. Dans un secteur très concurrentiel, le contact avec les clients est essentiel.

Faisons un test. Que saviez-vous de l'écosystème montpelliérain ? Celui-ci sait-il bien s'y prendre ?

N. Q.-S. : J'en avais entendu parler à travers la French Tech, où il est très actif, sans pour autant connaître directement beaucoup d'entrepreneurs. Mais je le découvre peu à peu. Il se caractérise par un grand enthousiasme et un fort dynamisme, à travers la réussite de ses pépites qui se développent seules ou en étant rachetées, comme l'illustre le succès de Claudia Zimmer, fondatrice d'Aquafadas avec qui j'aurai le plaisir d'échanger lors du Lab'Objectif, ou de Rachel Delacour, à la tête de BIME by Zendesk.

Vous vous impliquez aussi fortement en faveur de l'entrepreneuriat féminin. Une cause dont de très nombreux acteurs se saisissent désormais. Fait-on des progrès ?

N. Q.-S. : Depuis la création de mon réseau GirlPower 3.0 et des premiers qui sont apparus sur ce sujet il y a une dizaine d'années, je peux dire que les choses évoluent positivement sur le plan médiatique. Mais l'important est de voir comment les choses se concrétisent sur le terrain, où il reste encore de nombreux leviers à activer. S'il est important de promouvoir des role models, il faut encore agir pour que les milieux scientifiques, technologiques ou bancaires soient plus ouverts à la mixité. Pour que le prochain Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook, NDLR) soit une femme, encore faut-il qu'elle sache coder... Nous devons donc montrer quels sont les avantages à toujours plus de mixité. Car on a besoin de profils et de points de vue différents pour innover. La gouvernance de l'entreprise doit s'ouvrir pour être plus performante, pour générer des résultats opérationnels supérieurs, comme une étude récente vient de le montrer. On a besoin de points de vue multiples pour comprendre les enjeux du monde d'aujourd'hui. C'est pour cela que le réseau #JamaisSansElles vient d'ouvrir un hub à Montpellier.

La campagne pour l'élection présidentielle fait-elle assez écho à ces questions ?

N. Q.-S. :  #JamaisSansElles intègre plusieurs élu(e)s. Certains maires ont signé notre charte dès son lancement, comme Alain Juppé ou Philippe Saurel. Et grâce à l'engagement d'une communauté qui est très fort sur les réseaux sociaux, nous faisons un bon démarrage. Mais il est vrai qu'à part Emmanuel Macron, peu de candidats évoquent ces questions. Il est vrai aussi que cette campagne est assez inédite, et que tous les projets ne sont pas connus à cette heure... C'est pourquoi nous allons proposer aux candidats une nouvelle charte dans les prochaines semaines, et que nous comptons rencontrer leurs équipes de campagne.

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