Sommet Santé 2017 : quel modèle économique pour la Silver Economy ?

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La Silver Economy sera au centre du 3e Sommet Santé, le 12 septembre au Crès
La Silver Economy sera au centre du 3e Sommet Santé, le 12 septembre au Crès (Crédits : Shutterstock)
Le 3e Sommet Santé 2017, qui se tiendra le 12 septembre au Crès (34) à l’initiative d’Objectif Languedoc-Roussillon, abordera les enjeux de la Silver Economy. Parmi eux, un défi majeur à l’échelle régionale : trouver un modèle économique, qui reste à définir.

Constituant à elle seule un axe stratégique dans le schéma de développement économique adopté par le Conseil régional en 2017, la Silver Economy représente en Occitanie un potentiel évident au sein de la filière santé : près de 700 établissements, 60 centres de recherche et 19 000 emplois. Toutefois, selon les acteurs réunis par Objectif Languedoc-Roussillon pour le 3e Sommet Santé, qui se déroulera le 12 septembre à L'Agora du Crès (34), le sujet repose sur un modèle économique qui reste à définir.

« Il s'agit aujourd'hui d'accompagner les entreprises d'un secteur qui, souvent, s'ignorent encore, observe Samuel Hervé, vice-président de la CCI Hérault et référent Silver Economy. Il faut davantage les coordonner, car il existe autant de solutions qu'il y a de facettes dans cet enjeu, entre les entreprises, la CCI, le secteur médical et paramédical, etc. Les « personnes fragiles », selon la terminologie de la Carsat, ne disposent que d'un revenu faible. Ceci pose la question du business model de la Silver Economy, qui ne peut être résolue qu'en associant tous ces professionnels. »

Des solutions multiples

Les professionnels observent que les territoires, en France, explorent des pistes multiples : une forte implication institutionnelle dans la structuration de la filière, comme pour la Silver Valley en Île-de-France ; une offre d'accueil et de suivi labellisée dans les Pays de Loire... Et ce foisonnement d'acteurs et d'innovations vient questionner le potentiel d'autres territoires s'orientant vers une solution univoque, comme la multiplication d'EHPAD (« C'est un danger de ghettoïsation », estime le neurologue Jacques Touchon).

« La Silver Economy ne doit pas se limiter aux problématiques sanitaire et pathologique, centrées uniquement sur les personnes malades et dépendantes : ceci n'est qu'un secteur d'activité au sein d'enjeu plus global, renchérit Jean-Marc Blanc, directeur de la fondation I2ML (Institut Méditerranéen des Métiers de la Longévité, à Nîmes). Le plus important reste le profil du sénior qui dispose d'un pouvoir d'achat, qui peut consommer des loisirs, de la mode, etc. »

Quelle structuration en région ?

Encore faut-il que les innovations sortent, et que les professionnels connaissent l'existence des living labs, comme l'I2ML, travaillant sur le territoire régional. Les preuves de concepts (POC) existent, de même que les financements, sur toutes les variantes évoquées : technologies innovantes, tourisme, services, hébergement, etc.

« Nous soutenons l'évolution du modèle de consommation en santé, comme l'illustrent Care Labs (émetteur du Chèque Santé, NDLR) ou Bastide Le Confort Médical, qui est en pleine expansion, commente Jean-François Manlhiot, membre du directoire de la Caisse d'Epargne Languedoc-Roussillon, en charge de la banque de développement régional. Le poids de la Silver Economy se traduit aussi dans le tourisme, car les seniors ont un fort pouvoir d'achat, et nous finançons depuis l'origine le n°1 du secteur en Europe, qui vient notre région. Il se ressent aussi dans ce que Natixis (filiale du groupe BPCE, représentée au sein du Sommet économique par Sylvain Broyer, directeur de la recherche économique, NDLR) nomme la « géronto-technologie », notamment dans le numérique, l'une de nos priorités. Il se perçoit, enfin, dans la consommation d'assurance, car les seniors cherchent une allocation d'actifs qui s'allonge dans le temps : nous développons une gamme d'assurance-vie, ou bien liée à la famille, à la garantie santé, etc. »

Il n'en demeure pas moins que les professionnels attendent une implication plus forte des acteurs politiques dans la structuration de la filière régionale. La Région et la Métropole de Montpellier, par les voix du conseiller régional délégué à la santé, Michel Boussaton, et de la vice-présidente Chantal Marion, viendront sur le Sommet Santé répondre à leurs interpellations. Renseignement et inscriptions sur le site dédié.

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