J.O. : Athlète-Avenue va travailler avec le Comité Paris 2024

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Eva Roche (en haut au milieu), des membres de son équipe Athlète-Avenue, et des sportifs dont ils se sont occupé, comme les médaillées olympiques Malia Metella (nage) et Estelle Mossely (boxe), ou les joueurs professionnels Benjamin Recoura (basket) et Guillaume Marion (volley).
Eva Roche (en haut au milieu), des membres de son équipe Athlète-Avenue, et des sportifs dont ils se sont occupé, comme les médaillées olympiques Malia Metella (nage) et Estelle Mossely (boxe), ou les joueurs professionnels Benjamin Recoura (basket) et Guillaume Marion (volley). (Crédits : Athlete-Avenue)
La start-up montpelliéraine Athlete-Avenue a créé le 1er portail de mise en relation entre sportifs, écoles et entreprises. Sa cible : les 16 500 athlètes professionnels de France, qu'elle veut accompagner dans leur transition vers une autre vie. Elle figure parmi les 8 lauréats du concours « Smart Paris 2024 » et va, à ce titre, collaborer avec le comité portant la candidature de la capitale aux J.O.

Dans le cadre de la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, le groupement d'intérêt public Paris 2024 a lancé un appel à projets innovants sur les thématiques du sport, de la mobilité, de l'aménagement urbain de l'expérience-client et de l'évènementiel.

Huit start-ups françaises ont été récompensées, parmi lesquelles la Montpelliéraine Athlete-Avenue, créée à Montpellier par Eva Roche, vice-championne de France de kayak, reconvertie depuis bientôt quinze ans dans l'accompagnement des sportifs avec l'agence associative Collectif Shapers.

Née à Toulouse et installée à Montpellier depuis trois ans et demi, l'agence revendique un vivier de contacts de 2 700 sportifs, et l'accompagnement de plus de cent médaillés olympiques en dix ans. Parmi eux, Eugénie Ricard (planche à voile), Malia Metella (natation), Estelle Mossely (boxe) ou Pierre Houin (aviron).

« Il était temps de passer au numérique, lance Eva Roche. Aux JO de 2012, je me souviens de sportifs qui venaient me voir, inquiets. Ils n'ont pas accès à l'information pour leur vie d'après, ils sont déconnectés du monde de l'entreprise ou de la formation. Notre plate-forme digitale leur apporte des solutions consultables où qu'ils soient. »

Le rythme de vie des sportifs (entraînement intensif, déplacements, compétitions, temps de récupération) est difficilement conciliable avec les contraintes du système éducatif et du marché du travail. Il est pourtant déterminant pour eux de préparer l'après haut-niveau.

Chasseurs de têtes

La mission d'Athlete-Avenue : permettre à ces sportifs qui, pour beaucoup, n'ont pas anticipé leur « vie d'après », de se former à un métier en trouvant une école qui s'adapte à son emploi du temps. La plate-forme les met aussi en relation avec des dirigeants, valorisant le recrutement de salariés aux compétences et valeurs transférables, et même recherchées, en entreprise (engagement, goût de l'effort, réussite, motivation, respect, loyauté, etc.).

 « Nous sommes des chasseurs de têtes d'un nouveau genre, avec un outil innovant, souligne Eva Roche. Avec le site internet et notre savoir-faire, nous souhaitons trouver le bon sportif pour la bonne entreprise et aider à son intégration... Nous réalisons un travail de pédagogie avec des candidats pas tout à fait classiques. Nous savons comment ils fonctionnent selon le sport qu'ils pratiquent : un judoka gagne ou perd, quelqu'un qui fait de la voile est autonome, un footballeur sait fonctionner en équipe, etc. Les valeurs des athlètes sont de mieux en mieux reconnues dans les entreprises, notamment pour des fonctions commerciales. De grands groupes comme Décathlon ou la Société Générale ont déjà manifesté leur intérêt pour cette initiative, mais également des TPE ou des PME régionales... Nous permettons aux sportifs de valoriser leurs compétences auprès d'elles, de prendre confiance, mais nous les accompagnons aussi sur leur intégration, le temps qu'ils acquièrent les codes de l'entreprise par exemple. »

La dirigeante rappelle que la France compte 16 500 sportifs professionnels et de haut niveau, que « un sportif sur deux en France gagne moins de 500 € par mois, et 92 % ne vivent pas de leur sport et sont obligés d'avoir une activité mais à temps partiel ».

Aujourd'hui, la plate-forme revendique 520 sportifs inscrits, 150 entreprises, 260 écoles. Elle espère « dépasser la barre des 5 000 sportifs d'ici la fin de l'année 2017 ».

Concept validé

Soutenu par la bpifrance à travers la French Tech, par le Centre National du Développement du Sport (CNDS, lié au ministère des Sports) et par la Région Occitanie, le portail internet est accessible depuis août dernier, amélioré d'une nouvelle version depuis deux mois.

Le modèle économique choisi prévoit que la start-up soit rémunérée par les entreprises et les écoles. Elle ambitionne d'élargir rapidement son champ d'action à l'international. De quatre salariés au départ, elle pourrait monter à six. A terme, le Collectif Shapers se recentrera sur la formation uniquement, laissant à Athlete-Avenue son rôle d'accompagnement des sportifs.

Avoir été retenue par le concours « Smart Paris 2024 » va apporter de la visibilité à Athlete-Avenue, qui, comme les sept autres entreprises primées, va travailler en lien avec le Comité Paris 2024, tout au long de l'année 2017, pour enrichir le dossier de candidature et accompagner la démarche d'innovation engagée.

« Nous sommes très contents car nous avons été choisis certes par le mouvement sportif (Comité olympique, le ministère des Sports, NDLR) mais aussi par les partenaires privés de la candidature qui sont de grandes entreprises. Ça valide notre concept... »

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