Cancérologie : les 1ères radiothérapies guidées par IRM se feront à Montpellier

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Dès octobre 2018, ce sont 10 à 12 patients par jour qui pourront être traités par la radiothérapie guidée par IRM à l'ICM.
Dès octobre 2018, ce sont 10 à 12 patients par jour qui pourront être traités par la radiothérapie guidée par IRM à l'ICM. (Crédits : ICM)
Avec un investissement de 9 M€, l’Institut régional du Cancer de Montpellier est le 1er établissement français et 5e dans le monde à se doter d’un système couplant l’IRM à la radiothérapie pour traiter les tumeurs cancéreuses. Le constructeur californien de ce matériel de nouvelle génération a choisi le site montpelliérain comme centre pilote. Les 1ers patients sont attendus en octobre 2018.

Cet été débuteront les travaux nécessaires à l'installation du MRIdian Linac de ViewRay sur le site de l'Institut régional du Cancer de Montpellier (ICM). La mise en service de l'appareil est programmé en octobre 2018, a annoncé le 8 juin, le professeur Marc Ychou, le directeur général de l'établissement.

« Pour la première fois dans nos protocoles de traitement, nous allons pouvoir associer la radiothérapie avec l'imagerie par IRM [Imagerie par Résonance Magnétique, Ndlr], résume le professeur David Azria, coordonnateur du pôle de radiothérapie oncologique de l'ICM. Nous pourrons simultanément « imager » et traiter  les patients. Nous aurons ainsi un suivi en temps réel de la position de la tumeur. Ceci permettra d'améliorer considérablement la précision de la radiothérapie et de réduire l'exposition du patient à des rayonnements supplémentaires. »

Un investissement de 9 M€

Avec cette acquisition, l'ICM devient le premier établissement français et le cinquième au niveau mondial à pouvoir pratiquer cette modalité d'intervention. Les quatre autres centres sont Washington (États-Unis), Detroit (Michigan, États-Unis), Dubaï (Émirats arabes unis) et Heidelberg (Allemagne).

L'acquisition de ce nouveau système d'intervention, commercialisé par la compagnie californienne ViewRay, requiert un investissement de 9 M€. L'ICM a prélevé 2,5 M€ sur ces fonds propres pour se procurer ce matériel baptisé MRIdian Linac. L'État et les collectivités territoriales ont pris en charge la différence, soit 6,5 M€.

« Grâce au contrat État-Métropole qui s'est positionné sur le domaine de la santé [Il a été baptisé « Montpellier Capital Santé », Ndlr ], l'ICM a reçu 2,5 M€ de l'État et 1,1 M€ de Montpellier Métropole, détaille le professeur Marc Ychou, directeur général de l'ICM. Nous avons également obtenu un financement de la Région à hauteur de 1,1 M€ et le même montant du Conseil départemental de l'Hérault. »

Reconnaissance internationale

Au-delà des moyens financiers, l'expertise dans le domaine de la physique et de la radiothérapie de l'ICM a également joué en sa faveur. En effet, l'établissement a été pionnier dans les traitements en radiothérapie à de nombreuses reprises. Pour mémoire, il a été le premier établissement à se doter d'un scanner dédié en 1995, à utiliser des accélérateurs de radiothérapie linéaires numérisés en 2011 et à mettre en place un test sanguin de radiosensibilité en 2016.

« Ces innovations nous confèrent un capital confiance auprès du constructeur de MRIdian Linan, explique David Azria. Nous avons été le rencontrer et il a choisi l'ICM pour être un centre pilote pour anticiper et mettre en œuvre les  évolutions technologiques de ce type d'équipement. »

Le projet d'acquisition d'un nouvel équipement pourrait également alimenter les avancées de la recherche à l'ICM. L'établissement ambitionne en effet de s'équiper d'un CyTOF, un matériel de haute technologie destiné à explorer et identifier la composition des tumeurs.

Un indispensable travail de recherche

« Aujourd'hui, le concept de tumeurs composées de celles cancéreuses homogènes est battu en brèche, explique Claude Sardet, le directeur de l'Insitut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM). Les résultats de la recherche démontrent que la composition d'une tumeur est complexe. Elle s'organise autour de cellules cancéreuses mais aussi d'autres cellules normales qui en font un organe à part entière. La connaissance fine de cette population hétérogène de cellules permettra une véritable stratification des patients et différenciation des cancers. C'est une des conditions majeures pour réduire le taux d'échec des traitements. »

Pour acquérir le CyTOF dont le coût s'élève à 1 M€, l'ICM se positionne sur un certain nombre d'appels d'offres et lance également un appel aux dons. Point d'orgue de cette levée de fonds : le dîner de gala prévu le 19 octobre prochain, à Montpellier. À l'heure actuelle, plusieurs entreprises se sont déjà mobilisées au sein du Club des Partenaires contre le Cancer.

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Commentaires
a écrit le 29/06/2017 à 16:57 :
Voilà une très bonne nouvelle
À quand les premiers essais pour les malades. Comment faut il procéder pour participer
Aux essais.
Merci de me tenir informe.

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