GD6D : la Métropole expérimente un dispositif écocitoyen à Montpellier

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(Crédits : DR)
À l’heure où la COP21 lutte contre le réchauffement climatique, la Métropole de Montpellier a lancé un dispositif écocitoyen permettant à chacun d’agir sur son environnement immédiat, dans le quartier Port Mariane, auprès de 400 foyers. Une start-up aixoise, à la manœuvre, a fait un point d'étape le 9 décembre.

L'opération a démarré il y a six mois sur l'îlot de la Mantilla, dans le quartier Port Marianne à Montpellier. Baptisée « Défi éco-responsable », cette démarche innovante initiée par Montpellier Méditerranée Métropole auprès des habitants, commerçants et salariés de l'îlot s'appuie autour du dispositif GD6D développé par la start-up aixoise E3D-Environnement.

Son objectif : opérer des changements de comportement écocitoyens durables en démontrant que chacun peut agir sur son environnement immédiat à son échelle, et ainsi favoriser le mieux-vivre ensemble.

Le principe est simple : sensibiliser les habitants, recueillir leur engagement et proposer un accompagnement « pas à pas » à des gestes simples adaptés au profil de chacun.

E3D-Environnement, créée en 2009 et qui compte aujourd'hui 20 salariés (CA : 1,5 M€), a déjà expérimenté son dispositif dans plusieurs communes en France et à l'étranger : Marseille, Grand Lyon, Lille, Cannes, mais aussi Gand (Belgique), Varsovie (Pologne), la Sicile ou l'Espagne.

Une première à Montpellier

« À Montpellier, les élus ont compris que pour travailler sur le mieux-vivre ensemble, il valait mieux avoir une approche globale et donc intégrer tous les domaines : la consommation d'eau et d'électricité, la production de déchets, le tri sélectif et les déplacements sans voiture, explique Gilles Marchal, le fondateur de E3D-Environnement. C'est la première fois que nous utilisons cette approche globale, qui implique même les commerçants et les salariés qui travaillent sur l'îlot. »

Le dispositif comprend trois étapes : la rencontre des habitants par un messager (formé) de la Métropole pour connaître les habitudes de chacun, proposer des gestes simples en fonction des profils détectés, et accompagner.

« Le changement de comportement est un processus long qui nécessite une continuité dans l'échange, précise Gilles Marchal. Nous avons mis au point un algorithme qui permet, selon la motivation d'un usager, son mode de vie et les actions qu'il mène déjà, de lui proposer des gestes adaptés qu'il est prêt à faire, afin que ce changement de comportement se fasse de façon naturelle et sans contrainte. »

Les actions proposées sont précises (éteindre les appareils en veille, couper l'eau pendant le brossage de dents, stop-pub sur les boîtes aux lettres, etc.) et chaque participant retrouve en ligne les résultats chiffrés de ses actions, ainsi que celles menées par l'ensemble des participants du dispositif. Des réunions sont organisées régulièrement pour partager les résultats, et mesurer les progrès réalisés et l'impact des efforts individuels à l'échelle du quartier.

« Cette démarche crée du lien et c'est comme ça qu'on parvient à cette fameuse mixité via une préoccupation commune pour son environnement », souligne Gilles Marchal.

400 foyers mobilisés

Le dispositif aurait coûté quelque 380 000 € à la collectivité. Quels avantages en tire-t-elle ?

 « Répondre à ses obligations légales de réduire les quantités de déchets, diminuer la consommation d'électricité et améliorer la qualité de l'air, donc favoriser les déplacements sans voiture, répond Gilles Marchal. Nous avons observé que plus les gens agissent chez eux, moins le service public est coûteux car leur comportement se modifie au-delà de leur domicile. Par exemple, l'incivisme dans la rue diminue de 70 %. »

« Cette première opération durera trois ans, et nous envisageons de l'étendre à d'autres quartiers », déclare Valérie Barthas-Orsal, adjointe au maire de Montpellier déléguée à la propreté, et conseillère à la Métropole.

En six mois, E3D-Environnement annonce avoir mobilisé 60 % des usagers du quartier (pour un objectif de 70 %). Soit 400 foyers, commerçants et salariés. La moitié des usagers accompagnés ont entre 25 et 35 ans.

« Plus de 9 sur 10 ont déjà choisi une ou plusieurs actions à essayer et 72 % de ces nouvelles actions sont mises en œuvre avec succès, se réjouit Gilles Marchal. Dans l'ordre, il y a éviter la publicité non adressée, mieux trier ses déchets ou économiser l'eau. »

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