EcoTransat veut créer le 1er voilier en fibre végétale

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(Crédits : EcoTransat)
EcoTransat, qui va bientôt boucler une opération de financement participatif, intègre l’incubateur de l’École des Mines d’Alès. Le projet collaboratif, dévoilé le 21 juin, vise à créer la 1ère gamme de voiliers nouvelle génération, en matériaux composites biosourcés et recyclables.

Concevoir et fabriquer les premiers voiliers écologiques en fibres naturelles et recyclables, telle est l'ambition d'EcoTransat, un projet collaboratif initié par trois associés : Gilles Melon, constructeur de bateaux, Michel Dupoirieux, ex-directeur de l'Union régionale des Scop Languedoc-Roussillon et passionné de mer, et Pierre-Julien Vandenburie, technicien en construction de voiliers.

« Aujourd'hui, 95 % des bateaux sont en fibre de verre, énonce Michel Dupoirieux à l'occasion d'une présentation du projet à la presse le 21 juin. Chaque année, 20 000 bateaux hors d'usage stagnent dans les ports de France ! De véritables cimetières de bateaux trop chers à démanteler... Et même une fois retirés, ces navires, fabriqués en matériaux composites issus de la pétrochimie, sont difficiles à recycler. »

Des voiliers dans cinq ans

La solution d'EcoTransat : concevoir des voiliers en fibres végétales (lin, chanvre, jute, bambou et basalte) et résines biosourcées, plus respectueux de l'environnement. Le 1er juin dernier, le projet intégrait l'incubateur de l'École des Mines d'Alès (EMA). S'en suivait la signature d'une convention de recherche avec le Centre des matériaux des Mines d'Alès (C2MA), spécialisé dans les matériaux polymères avancés. Soit un investissement total de 1 à 1,2 M€.

« Nous espérons que la gamme de nos voiliers sera prête dans cinq ans », déclare le porteur de projet.

Le 24 mai dernier, ÉcoTransat lançait une campagne de financement participatif sur la plate-forme ZESTE pour collecter 30 000 € et compléter l'apport en fonds propres des initiateurs du projet (40 000 €). Le cap des 50 % a été franchi avec une centaine de contributeurs. Reste à collecter encore 14 000 €.

« Cette campagne doit permettre de finaliser la création du premier prototype et d'organiser une campagne de sponsoring pour ensuite financer les cinq autres prototypes, un par type de fibre ou matériau. Les bateaux seront testés en laboratoire et lors de deux raids d'aventure, 40 000 km en deux ans, l'un autour de l'Europe et l'autre une transatlantique. »

Sur le littoral languedocien

Le premier prototype des voiliers EcoTransat est en chantier au Grau-du-Roi (30). Quant à l'entreprise, elle devrait être créée d'ici la fin de l'année 2016, « quelque part sur le littoral en Languedoc-Roussillon », consent à préciser Michel Dupoirieux.

« Notre objectif est de créer une entreprise sous un modèle coopératif, probablement une Scic, qui nous permettra de regrouper les différentes parties prenantes au projet, comme des partenaires industriels », ajoute-t-il.

Principal partenaires identifié à ce jour : l'entreprise FRD (Fibre Recherche et Développement) à Troyes (10), spécialisée dans la fibre de lin pour le milieu industriel, et qui n'est pas encore présente sur le nautisme.

« On ne sait pas encore quel sera le prix d'un voilier, mais ce projet ambitionne de démocratiser la pratique de la voile en rendant accessible au plus grand nombre des voiliers à coûts raisonnables, conclut Michel Dupoirieux. Le prix d'un bateau est souvent lié à la complexité de sa conception, or notre conception sera simple. »

Kito de Pavant en parrain

Le projet mobilise une vingtaine de personnes du monde de la voile, de la recherche, de l'éco-citoyenneté et de l'entreprise. Et deux grands noms de la voile ont accepté de parrainer le projet : le skipper Kito de Pavant et le navigateur et explorateur français Jérôme Poncet.

« Enfin un projet original, dans l'air du temps et qui ose ouvrir la réflexion sur les voiliers de demain, commente Kito de Pavant. Le monde change. Changeons de monde. »

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Commentaires
a écrit le 25/06/2016 à 16:07 :
Ce n'est pas nouveau il y a des dizaines ou centaines de tels projets, où il est toujours question des fibres dans les matériaux composites, jute, lin, etc voir ci dessus, mais rarement des résines qui font l'appellation "composite" de ces matériaux, au mieux on dit espérer que la recherche va trouver très bientôt, qu'on cherche, sinon on est juste fier d'avoir collé des toiles de lin ou de chanvre avec de l'epoxy, voire une petite proportion dans les tissus de verre, carbone... Époxy ou polyesters tant qu'il y en aura. c'est ça qui fera des vieilles coques des déchets galère à recycler ! Pas le verre ou le carbone. C'est bien d'être optimiste et positif mais ne pas mentionner cet aspect du problème ça fait pas très honnête, opération de com, comme c'est parfois clairement le cas. Un substitut à l'epoxy, biodégradable, facile à fabriquer sans danger pour les constructeurs ça ce serait magnifique. En attendant on fabrique encore des bateaux en bois, matériau bio et renouvelable par excellence, qui marchent très bien, sans ou avec très peu de collage. Même le contreplaqué marine sera bien plus propre tant que les résines / colles ne seront pas "bio". À propos quand trouverons nous des contreplaqués performants issus des forêts locale ? Ca se fait très bien en Scandinavie avec des sapins. Il y a de bons bateaux en mélèze massif, légers pour du massif, pourquoi pas du contreplaqué de mélèze ?

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