Nino Robotics rapatrie sa production dans l'Hérault

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Les machines sont basées sur le principe de l'auto-balancement utilisé par le SegWay, notamment.
Les machines sont basées sur le principe de l'auto-balancement utilisé par le SegWay, notamment. (Crédits : Yves Théobald)
Le fabricant de transporteurs personnels assis connaît un mois faste. Il bouclera, le 24 juillet, le transfert de son unité de fabrication de l'Aquitaine à Clermont-l'Hérault. De plus, il vient de signer avec Peugeot un contrat de R&D pour développer un modèle trois-roues visant le grand public.

Créé en 2014 à Saint-Jean-de-la-Blaquière (34) et contraint de déplacer sa fabrication en Aquitaine faute de locaux, Nino Robotics, spécialiste des fauteuils électriques deux-roues, annonce à Objectif Languedoc-Roussillon qu'il achèvera, le 24 juillet, le rapatriement de son unité de production dans son département d'origine. La location d'un local (340 m2) à Clermont-l'Hérault va lui permettre d'installer de nouvelles machines et d'augmenter la production de ses fauteuils, qu'il présente comme des "transporteurs personnels assis".

Une offre à fort impact social

"L'idée de fauteuil roulant est connotée négativement car elle renvoie au handicap, explique Pierre Bardina, fondateur de Nino Robotics. Or s'il y a 100 000 paraplégiques en France, on compte aussi des millions de personnes malades ayant des problèmes pour se déplacer. Comme tout moyen de transport terrestre, nous proposons des solutions roulantes, en position assise. Nous insistons aussi sur le design de ces machines, non seulement pour réveiller une industrie qui ronronne, mais aussi parce que l'utilisateur est alors plus valorisé : il a plus de contacts, il a donc un moral qui s'améliore, ce qui se ressent sur son état de santé."

La deuxième tranche (900 000 €) de sa levée de fonds de 1,4 M€, réussie en 2016, va permettre à Nino Robotics de hausser la cadence de production en 2018 : son premier produit (le Nino) devrait passer de 15 à 30 unités fabriquées par mois, tandis que le deuxième (le One, sorti en juin), après une première série de 125 machines, pourrait passer à 100 unités/mois. La société, qui compte dix salariés, prévoit aussi trois recrutements d'ici la fin de l'année.

"Nous avons réalisé cette levée de fonds avec Alter Equity, qui a une forte vocation sociale, note Pierre Bardina. Moi-même je voulais être créateur d'emplois dans mon bassin d'origine, et je crois beaucoup à la petite réindustrialisation."

Un contrat de R&D avec Peugeot

Nino Robotics, qui fabrique des machines électriques basées sur le principe de l'auto-balancement (utilisé par le SegWay, notamment), planche déjà sur un 3e modèle. La PME a signé, ce mois-ci, un contrat de R&D avec le Peugeot Design Lab, le centre de recherche du constructeur automobile situé à Vélizy-Villacoublay (78).

L'objectif est de développer et de commercialiser, d'ici la fin 2018, une machine compacte (65 cm de large, 1 m de long), sur trois roues. Ce "véhicule de ville", conçu pour un usage quotidien, visera tous les publics, handicapés ou particuliers.

"Les constructeurs savent qu'à moyen ou long terme, la circulation des voitures finira par être interdite dans les villes, estime Pierre Bardina. Le besoins de déplacement se reporteront alors sur des solutions de transport personnelles, hyper compactes. Peugeot s'intéresse et veut apprendre de ces nouvelles offres de mobilité, que développent des start-ups comme la nôtre."

Ce modèle, qui sera bien vendu sous marque Nino Robotics, sera aussi proposé en solution locative à des acteurs tels que les parcs naturels ou les parcs de loisirs. Ainsi, la société vient de présenter ses machines à La Compagnie des Alpes, opérateur du Futuroscope et du Parc Astérix, afin d'y tester cette nouvelle solution pendant trois semaines à la rentrée.

 Enfin, l'année prochaine marquera aussi de nouvelles ambitions à l'export (60 % de l'activité) : la PME, qui vend déjà en Europe, aux États-Unis et en Argentine, se tournera alors vers la Chine et les marchés asiatiques. Elle compte doubler son chiffre d'affaires, en le portant à 1 M€, sur cet exercice.

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Commentaires
a écrit le 16/07/2017 à 17:29 :
Vivement 2018 ,je vais me commander ce truc pour m'éclater dans les zones piétonnes
car pour l'instant ne pouvant pas marcher longtemps j'évite .

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