L'avenir des Salins du Midi mobilise les élus

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L'annonce de la mise en vente des Salins du Midi suscite l'inquiétude des élus gardois. Après l'organisation d'une table ronde le 6 mars 2012, ceux-ci évoquent des pistes de relance industrielle du site.

Officialisée le 29 février 2012, la mise en vente des Salins du Midi par ses propriétaires (les fonds d'investissement français Chequers et Abénex, entrés au capital en 2004) a connu une première phase financière, avec la désignation de la banque d'affaires Lazard mandatée pour ce dossier.

L'affaire entre désormais dans une phase politique, car l'annonce de la vente déchaîne la colère des élus des collectivités concernées par l'activité du site gardois.

« Nous sommes outrés de l'évolution de ce dossier, s'enflamme Robert Crauste, conseiller municipal (PS) du Grau du Roi et conseiller régional. Nous n'arrivons pas avoir de dialogue avec la direction et notamment avec Pierre Lévi, président de la Compagnie des Salins du Midi. Cela fait longtemps que nous dénonçons le montage de LBO, et finalement, ce que l'on craignait est arrivé. Une fois tiré le jus de l'entreprise, on met en vente les actions, alors qu'elle dégage des bénéfices. C'est une approche purement financière qui ne se préoccupe ni du projet industriel, ni de l'avenir. »

Mardi 6 mars 2012, une rencontre initiée par Jean-Paul Boré, conseiller régional, a réuni les représentants des salariés du groupe et des élus des communes d'Aigues-Mortes, du Grau-du-Roi, Saint-Laurent d'Aigouze, Vauvert et Aimargues.

Ils ont demandé au Préfet l'organisation d'une nouvelle table ronde, et exigé la présence des dirigeants.

« Le climat n'est pas bon, poursuit Robert Crauste. Les salariés sont inquiets, à juste titre. Il faut retrouver des repreneurs sérieux, peut être inciter la Caisse des dépôts et des consignations à venir autour de la table ! Les syndicats sont prêts à chercher de nouvelles pistes, pourquoi pas la création d'une coopérative... »

Construire un projet industriel d'avenir : le défi n'est d'ailleurs pas incompatible avec un développement touristique, après l'annonce, plusieurs fois retardée, d'un projet de musée et de centre de thalassothérapie.

Même si, selon Didier Caire, élu Europe Ecologie-Les Verts, « le Musée est un écran de fumée. Les Salins ne sont plus maîtres de leur destin depuis qu'ils ont cédé aux intérêts financiers, aux marges de bénéfices extravagantes et aux enjeux de rentabilité immédiate. On est dans une logique de décélération. La question est : quel avenir pour le site et son territoire qui a une valeur écologique essentielle ? On peut imaginer des solutions alternatives de développement possible sur ces espaces, telles que la culture d'algues, à travers une vision à moyen long terme. »

Lors de la présentation du projet de musée en février 2012 (25 emplois, coût estimé : 5 M€), Pierre Levy confiait : « Ils est impensable qu'une entreprise comme la nôtre (340 000 tonnes de sel par an) disparaisse en une nuit. Un Muséum sans usine n'aurait pas de sens, mais je ne peux pas donner de garanties. C'est pour cela qu'il faut investir et se battre ».

La société emploie 200 personnes à Aigues-Mortes, et 60 à Salins-de-Giraud.

Le site des Salins du Midi a reçu 88 000 visiteurs en 2011.

Valentine Ducrot

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Légende photo : Les Salins du Midi produisent 340 000 tonnes de sel par an.
Crédit : Salins du Midi


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