Un artiste très singulier au Musée d’Art Brut

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L'artiste Paul Duchein, aux côtés de Marie-Odile Carpentier (commissaire de l'exposition)
L'artiste Paul Duchein, aux côtés de Marie-Odile Carpentier (commissaire de l'exposition) (Crédits : Valentine Ducrot)
Paul Duchein est à l’honneur du Musée d’Art Brut de Montpellier dans l’exposition monographique « Les théâtres de l’imaginaire », jusqu'au 31 décembre 2017. Collectionneur et critique d’art, l’artiste voue une passion sans limite à l’art populaire.

Il y a du Tim Burton dans l'univers apprivoisé de Paul Duchein. Une fantaisie poétique débridée, peuplée de personnages imaginaires. Ou pas. Dans ses drôles de petites boîtes faites de bric et de broc, l'octogénaire Paul Duchein a concentré sa vie, ou plutôt ses mille et une vies. Rêves en boites, boîtes à rêves ?

Surréalisme

C'est à Rabastens dans le Tarn que grandit Paul Duchein. Tout jeune, il ramasse des objets bizarres et transforme une pièce de la maison familiale en cabinet de curiosités. Les premiers pas vers un art populaire qu'il défendra toujours, becs et ongles.

« J'ai une passion délirante pour cet art qui, il faut bien le dire, n'intéresse personne » confiait Paul Duchein lors de sa visite au Musée d'Art Brut, le 12 octobre.

Une passion qui prendra des chemins de traverse décisifs, du côté du surréalisme, mouvement artistique majeur prônant l'affranchissement des contraintes au profit de la spontanéité, du rêve, de l'inconscient. Les œuvres de Max Ernst, Dali, Magritte ou Chirico le fascinent, il fréquente des artistes, écrit sur l'art, découvre les Arts Premiers et l'Art Brut qu'il collectionne.

« J'ai une tendresse particulière pour l'Art Brut qui est instinctif, inventif et spontané. L'important est de faire ce qu'on veut, sans être téléguidé par des contraintes marchandes, des côtes. Je suis d'ailleurs contre le côté financier et spéculatif de l'Art. »

Récup'

Dans les années 60, Paul Duchein réalise ses première idoles dans des boites.

« Il fabrique des boites un peu sauvages, un peu brutes, poétiques et fortes. Le pli est pris analyse Marie-Odile Carpentier, critique d'art et commissaire de l'exposition. Il va construire un monde de « boites », de « reliquaires » ou de « monstrances » perchés sur une sellette. À sa manière, il invente des mondes clos et redonne vie à des objets sauvés du rebus qui sont transfigurés en œuvre d'art. »

Dans ses boites mises en scène comme des théâtres, l'artiste décline son imaginaire, au gré de thématiques - Rencontres opportunes et figures bavardes, Closeries Vénitiennes, Suite Mexicaine, Le Jardin d'Eden... Il en faut de la patience, du temps, pour glaner, coller, peindre, ou poncer ces centaines d'objets, photos, animaux naturalisés, et autres accessoires.

« Je crois aux rencontres hasardeuses, inopportunes et merveilleuses qui s'ancrent dans nos vies. C'est la même chose pour tous ces objets », explique Paul Duchein.

Mais quand l'artiste fait se rencontrer les improbables - comme cette main d'enfant en plâtre s'approchant d'un crâne de gazelle, donnant lieu à « l'éloge de la caresse »-, c'est juste magique. Dans une autre vie, Paul Duchein était pharmacien. Boite à pharmacie ? boite coffre, box art... sur les cimaises du Musée d'Art Brut, jusqu'au 31 décembre 2017, le théâtre de la vie est en marche.

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