Énergies renouvelables : "L'ambition doit être revue à la hausse"

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(Crédits : Christine Caville)
Avant même que la COP21 ait rendu ses conclusions, Arnaud Mine, président SOLER du Syndicat des énergies renouvelables, et président cofondateur de l'entreprise Urbasolar à Montpellier, se félicite qu'un tel rassemblement de chefs d'État et de gouvernement ait pu avoir lieu. "Une formidable victoire de la raison", selon lui, pour l'un des enjeux essentiels de notre siècle.

La COP21 qui se tient au Bourget aura rassemblé plus de 190 chefs d'États et de gouvernement. Au lendemain des attentats de Paris, c'est un succès majeur pour notre diplomatie, mais au-delà, c'est un espoir pour la planète que de constater cette mobilisation.

La COP21, c'est la 21e Conférence des parties (COP21) à la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques. Les pays ont jusqu'au 11 décembre pour trouver un accord global pour lutter contre le réchauffement climatique. L'objectif est de limiter l'augmentation de la température de la Terre à deux degrés d'ici 2100 par rapport à 1880 (ère préindustrielle). Au-delà de cette limite, les experts retenus par l'ONU redoutent un emballement aux effets irréversibles : élévation du niveau de la mer, événements extrêmes répétés (cyclones, sécheresses, etc.), chute des rendements agricoles, extinction d'espèces animales et végétales.

Pour 2030 et au-delà

Si un accord est trouvé, il s'agira d'actions de long terme car rien de ce que nous ferons ne ralentira les changements climatiques à court terme. La COP 21 ce sont donc des négociations pour des actions dont les effets seraient visibles pour 2030 et au-delà.

Par rapport à notre quotidien et aux préoccupations légitimes des uns et des autres en matière de sécurité, d'emploi, ou encore les enjeux immédiats d'élections régionales, ceci peut paraitre accessoire, mais ne nous y trompons pas, ce rassemblement unique, exceptionnel, de chefs d'État et de gouvernements si divers dans leurs croyances et leurs modes de pensée dans cette époque troublée est déjà en lui-même une formidable victoire de la raison, et se justifie car il s'agit bien d'un des enjeux essentiels de notre siècle.

Un des grands sujets est le développement des énergies renouvelables et du photovoltaïque en particulier, technologie reconnue par tous (ou presque) pour être la plus prometteuse car compétitive, propre et adaptée aux besoins d'un développement durable. Les contradicteurs qui s'expriment n'ont pour audience que les apparatchiks du système encore existant mais qui est amené à disparaître progressivement. Les signes perceptibles sont multiples. Par exemple, l'annonce de l'initiative des États au premier rang desquels la France et l'Inde - International Solar Alliance - pour le développement massif du photovoltaïque. Ou encore l'initiative de 50 énergéticiens mondiaux dans le cadre ce qui est appelé « Terawatt initiative » pour l'installation de 1 000 gigawatts de centrales photovoltaïques (sur un rythme annuel actuel de 50).

Une initiative toute particulière : l'engagement de 1 000 villes du monde, Paris, New York, Rio, Durban, etc., pour atteindre avant 2050 la couverture de 100 % de leurs besoins énergétique par les énergies renouvelables.

Une place de choix

Quelles conclusions peut-on en tirer et quelle opportunités pour notre grande région ?

Le photovoltaïque s'est développé dès 1979 dans notre région avec des entreprises pionnières à l'époque, et aujourd'hui une demi-douzaine de PME et ETI reconnues nationalement et avec une action de déploiement dynamique à l'export. Le département de l'Hérault est celui qui concentre principalement ces entreprises pour un secteur qui compte plusieurs centaines de salariés.

Nous avons par ailleurs un schéma régional établi en 2013 qui prévoyait, en 2050, la couverture de 71 % de notre consommation énergétique par les énergies renouvelables. Pour une région possédant d'importants, voire exceptionnels, gisements solaires et éoliens et qui revendique une place de choix dans la hiérarchie des régions françaises, il est évident que l'ambition doit être revue à la hausse et l'agenda considérablement accéléré.

Ainsi, quelque soit l'équipe élue à l'exécutif régional, il sera essentiel dans cette période de basculement de revoir complètement les ambitions et les plans d'actions pour le développement des énergies renouvelables, pour leur insertion dans la réflexion des collectivités locales et des entreprises, pour leur utilisation systématique dans le bâtiment. Au-delà de ces actions qui se devront d'être les promoteurs des engagements pris dans le cadre des COP à venir, nous avons une belle opportunité pour développer une filière économique génératrice de nombreux emplois.

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