"Le futur du financement est en ligne"

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Souleymane Galadima, managing director de WiSEED
Souleymane Galadima, managing director de WiSEED (Crédits : WiSEED)
Située à Toulouse mais en fort développement dans le Languedoc-Roussillon et partout en France, WiSEED vient d’annoncer qu’elle prépare son entrée en bourse pour 2017. Un signe de maturité pour la plate-forme de crowdfunding, mais aussi la preuve que le marché du financement participatif dans son ensemble a fait ses preuves. Avec 150 M€ prêtés ou investis dans les PME françaises au 1er semestre, il parvient même, selon Souleymane Galadima, managing director de WiSEED, à réconcilier les Français avec l’entreprise…

Que de chemin parcouru depuis ces temps, pas si lointains, où le crowdfunding n'était qu'une chimère. Balbutiant il y a encore quelques années, le financement participatif a atteint sa vitesse de croisière en 2014, quand l'ensemble des plates-formes spécialisées ont collecté globalement plus de 16,2 Mds €, soit une croissance de 167 % par rapport à 2014. Le marché est poussé par les États-Unis, mais l'Europe n'en représente pas moins 3,2 Mds €. Spécialisées dans le financement des particuliers et des entreprises, les plates-formes de prêt ont collecté 25,1 Mds € et celles en capital 2,5 Mds €. Avec un tel rythme de croissance, la prédiction du magazine Forbes qui prévoit qu'en 2020, le crowdfunding collectera 1 000 Mds €, devient une réalité.

Croire aux projets

Les plates-formes de prêt et en capital sont salutaires pour le financement sans intermédiaires - si ce n'est de la plate-forme - de l'économie réelle. Combien d'entreprises n'auraient pas pu financer leur croissance, combien de projets innovants n'auraient pas pu voir le jour et combien d'emplois n'auraient pas été créées sans l'engagement de millions de particuliers à financer ces acteurs de la reprise ? Investir dans un projet via le crowdfunding c'est croire en ce dernier. Quelle meilleure leçon sur l'entrepreneuriat qu'un investissement dans un projet ? Quelle chance pour un particulier de pouvoir, à partir de quelques euros, se retrouver dans la peau d'un « actionnaire au sens acteur du terme », selon le mot de Thierry Merquiol, co-fondateur de WiSEED ? Investir dans une entreprise, c'est en découvrir le business plan, apprécier sa stratégie et suivre jusqu'à l'évolution parfois inquiétante de la trésorerie. Investir, c'est accepter le risque propre à la vie de l'entreprise, car il n'y a nulle création sans prise de risque.

L'idée selon laquelle les Français ne sont attirés que par les placements sans risques ou source de défiscalisation a été battue en brèche par le baromètre de Financement participatif France. Ce dernier affiche pour le premier semestre 2015 près de 50 M€ prêtés ou investis dans les entreprises françaises grâce au crowdfunding. Libre d'investir son épargne à des fins utiles, l'investissement n'est plus un risque mais une aventure. La finance participative a donc ce pouvoir, grâce à sa transparence, sa pédagogie, cette proximité entre la foule et les porteurs de projet, de réconcilier tout un peuple, avec ses entreprises créatrices de richesse.

L'immobilier aussi

Après l'associatif, le prêt et le capital, le crowdfunding s'ouvre à une nouvelle sphère : l'immobilier, avec comme corollaire l'apport de fonds propres pour financer la promotion immobilière. En 2014, plus de 810 millions d'euros ont été globalement collectés via les plate-formes de crowdfunding immobilier. Ce dernier permet de financer la construction de logements sociaux ou en accession, de bureaux, de commerces, voire d'infrastructures. Le premier projet d'envergure est né là où l'on s'y attendait le moins : en Colombie, où 300 000 habitants de la ville de Bogota ont réuni la somme de 170 millions de dollars pour construire le gratte-ciel BD Bacatá. Le modèle pourrait aller bien au-delà du financement, en permettant aux citoyens de partager leurs idées et leurs projets pour développer la ville. De nouvelles questions pourraient être posées dans l'espace public : « Comment voudriez-vous créer de l'énergie à Montpellier ? », ou encore « Quel serait le meilleur endroit pour une nouvelle crèche ? ». Offrir à la foule les clefs de la cité de demain : voilà la noble ambition du crowdfunding immobilier.

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