Énergie potagère, l'énergie en circuit court

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(Crédits : Comwatt)
Pour Grégory Lamotte, fondateur de Comwatt, le coût des énergies renouvelables électriques a tant baissé qu’il ne sera bientôt plus utile de les subventionner. Cette révolution énergétique, économique et technologique, comme l’incarnent les systèmes d’auto-consommation en fort développement, devrait nous amener, selon lui, à questionner l’organisation du réseau actuel.

Une forêt va t-elle puiser avec une seule racine son énergie à 300 km de là où elle est plantée ? Bien sûr que non, car dans ce cas-là elle serait extrêmement fragile et vulnérable. Alors pourquoi avons-nous choisi d'alimenter nos villes en électricité de cette manière-là ? Comment expliquerez-vous à nos enfants que les écoles, les hôpitaux et les entreprises de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées seront fermées s'il y a une sécheresse (ou pire une dégradation volontaire) qui cause des problèmes de refroidissement au niveau des centrales nucléaires de la Vallée du Rhône ? Comment expliquerez-vous à nos enfants que nous ne pourrons pas nous chauffer en LRMP cet hiver car Vladimir Poutine fait du chantage au gaz russe en représailles à notre désaccord avec sa politique extérieure ? Nous avons fait le choix de la production centralisée pour des raisons économiques, car il y a soixante ans, la manière la plus rentable de produire de l'énergie était de le faire de manière centralisée. Est-ce toujours le cas en 2016 ?

Centralisée vs décentralisée

Notre système énergétique a été conçu à l'après-guerre. C'est un processus long car à l'époque, il fallait plus de cinquante ans pour construire un système complet de production d'énergie à l'échelle d'un pays. Depuis, la révolution technologique est passée par là et le temps pour construire une centrale de production d'électricité renouvelable est devenu très court et beaucoup moins cher que les moyens de production non renouvelables. Un seul exemple : à Dubaï, une centrale solaire construite en deux ans va produire localement au prix de 2,6 c€/kwh, sans aucune subvention, alors que la nouvelle génération de centrale nucléaire française centralisée va mettre plus de douze ans à être construite pour produire au prix de 12 c€/kwh. Et avec quel niveau de subvention de l'État ? L'énergie décentralisée renouvelable coûte donc quatre fois moins cher que l'énergie centralisée polluante.

Oui, mais l'emploi ?

Selon une étude de l'OCDE, à puissance produite équivalente, les énergies renouvelables créent six fois plus d'emplois que les énergies centralisées fossiles ou nucléaires. D'autant plus que les énergies renouvelables étant installées sur nos toitures et dans nos champs de LRMP, elles vont créer des emplois locaux non délocalisables. Ainsi, avec l'énergie potagère, nous faisons d'une pierre deux coups : nous réduisons notre facture et, sans subvention, nous créons des emplois locaux pour que l'argent reste à la maison... en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

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Commentaires
a écrit le 20/06/2016 à 9:05 :
Bonjour. Je constate que le prix du kw baisse à la production et augmente à la consommation, 40% de 2010 à 2015 qui dit mieux, cette augmentation est du à l'installation
d'éoliennes et de parcs photovoltaïque subventionné par l'état avec obligation d'achat pour E D F. Ce système permet aux financeurs de défiscaliser et de vendre des certificats verts
aux pollueurs.

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