Travailleurs détachés : un nouveau fléau

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(Crédits : FFB LR)
Selon Jean-Jacques Planes, président de la Fédération régionale du bâtiment, le recours aux travailleurs détachés s'envole actuellement en France, énième avatar d'un problème connu de longue date : le différentiel de charges pénalisant la France face aux pays voisins. Sauf que l'intensité du phénomène mine, selon lui, les fondements même de notre modèle économique.

Le travailleur détaché européen est devenu dans notre pays le moyen de créer de la marge et de la compétitivité pour les entreprises. Non pas par des qualités de travail ou d'aptitudes supérieures à celles de nos compagnons mais bien par le différentiel de charges sociales appliquées dans les différents états de l'Union européenne. À cela s'ajoute une impossibilité de contrôler les heures réellement effectuées sur le poste de travail, une rémunération souvent au minimum (SMIC) pour des niveaux de qualifications plus élevées et en cas de déplacement, pas de frais à prévoir.

Nos édiles politiques ont bien conscience de ce phénomène, les organisations professionnelles ayant bien relayé auprès des pouvoirs publics tous ces dangers émanant directement de la structuration même de l'Europe, de la libre circulation des biens et des personnes.

L'empilement législatif et réglementaire

Alors à la lumière de toutes ces dures réalités, les entrepreneurs se posent la question de notre modèle économique et bon nombre sautent le pas et contractualisent avec des travailleurs détachés pour des missions ponctuelles. Ou bien ils ont recours à des sous-traitants usant de ce stratagème, voire à des entreprises d'intérim basées hors de l'Hexagone, qui rivalisent à coup de taux horaires toujours plus bas. On dénombre un taux de salariés détachés en constante augmentation alors que le chômage lui s'envole.

La loi sur la pénibilité va encore creuser le fossé tout comme la loi sur le temps de travail. Est-il imaginable que le travail en France revête un caractère plus pénible que dans tous les autres pays européens ? Plus les lois et les réglementations s'empilent et plus les forces économiques vives de notre pays doutent et s'interrogent. À ce rythme, c'est la formation et l'apprentissage qui sont en jeu, et il en va de la transmission du savoir et de l'intelligence de la main. Mais n'est-il pas déjà trop tard ?

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Commentaires
a écrit le 04/07/2016 à 9:13 :
il en a mis du temps a se rendre compte, les millions de chômeurs ayant travaillé dans le bâtiment, le transport, l'agriculture et dans les usines en savent quelque chose. Les entreprises sont de mauvaises fois, idem pour l'uberisation actuel des travailleurs ( sinon chômage de suite) nos dirigeants, et cranes d'oeufs, énarques et surtout le mensonge des hommes politiques y sont pour beaucoup. Demandez donc aux personnes qui décident s'il leur arrivait la même chose quelle serait leurs réponses. S'il y aurait un référendum en France cela se passerait comme en Angleterre. Nos décideurs sont soit trop 'c..s' ou inconscients, et ne tiennent nullement compte de l'avis du peuple. Cela doit changer sinon c'est une révolution qu'il y aura dans ce pays. Réduire en plus les millefeuilles dans ce pays ainsi que les fonctionnaires, et surtout réduire les écarts entre publique et privé dans les salaires, retraites, et avantages.........

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