"Pour réussir, il faut savoir échouer..."

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(Crédits : Edouard Hannoteaux)
Pour Stéphane Reboud, directeur exécutif des ventes services zone EMEA (Europe, Middle-East, Africa) et directeur du site de Montpellier chez Dell, la France a une vision trop dépréciative de l'échec entrepreneurial, alors que les possibilités de rebond qui s'ensuivent sont très valorisées partout ailleurs dans le monde. Une culture à implanter pour sortir, enfin, des situations de blocage ?

Les start-ups américaines ont développé un concept qui fait école et s'est maintenant imposé comme un standard dans les cours de management outre-Atlantique : « Fail quick and move on ». Dans l'écosystème French Tech, on dirait « Plante-toi vite pour réessayer vite » et pour rebondir aussitôt, riche des enseignements tirés d'une mise en application terrain qui vaut toutes les simulations. C'est une des principales caractéristiques de la nouvelle économie (numérique ou non) par rapport à la traditionnelle, à celle, entre autres, du Code du travail existant.

Le poids des contraintes

C'est aussi là que réside l'un des points de crispation actuel sur l'adéquation de l'environnement réglementaire avec cette nouvelle économie. D'un côté, on trouve des trublions bouillonnant d'idées qui se sentent à l'étroit dans le carcan français, de l'autre des traditionalistes qui les accusent de détruire des acquis. Comme souvent, à chacun sa part de vérité et d'ombre. Dans tous les cas, pas ou peu de possibilité de pouvoir tester en vrai (à balles réelles !) une idée nouvelle de business, un produit réel sur un marché concurrentiel avec de vrais clients, de vrais employés avec de vrais contrats, etc. Faute de quoi, on assiste à une forme de braconnage où celui-ci se joue au mieux des contraintes réglementaires du numerus clausus, où celui-là contourne les contraintes d'employeur via le statut d'auto entrepreneur... Et le meilleur, c'est que ça marche : l'offre de service rencontre son public car elle est innovante et fournit la plupart du temps une qualité de prestation nouvelle et appréciée.

Une nouvelle impulsion

Alors que fait-on maintenant ? Le status-quo parait bien peu acceptable dans le marasme économique actuel et face à la pression d'un marché global, du libre-échange et de la numérisation. Le laissez-faire, c'est la jungle, bien loin de notre culture européenne et notre protection sociale à la française que peu d'entre nous sommes honnêtement prêts à laisser filer en bloc. Ouvrons des pans d'expérimentation dans des secteurs à même d'évoluer, dotons-les de moyens innovants (en contrat de travail, relation clients/fournisseurs, partenariat privé/public,...) et équipons-les de régulateurs modernes avec de vrais pouvoirs d'action pour assurer la bonne marche du marché. C'est l'un des aspects des thèses du Pr Jean Tirole, prix Nobel d'économie 2014, célébré et écouté à travers le monde... sauf en France. Preuve que, parfois, il faut savoir échouer. Mais vite, s'il vous plait, que l'on puisse passer à autre chose.

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Commentaires
a écrit le 25/07/2016 à 17:01 :
Un article de Stéphane Reboud par Stéphane Reboud...
a écrit le 25/07/2016 à 16:28 :
Mais ce brave homme dirige une start up ou une simple filiale d'un grand group ?
a écrit le 22/07/2016 à 15:24 :
Oui vous avez entièrement raison mais vous vous adressez soit à des héritiers capitalistes qui sont persuadés que tout ce qu'ils pensent est vérité et que tout ce qu'ils font est forcément un succès, soit à de nombreux patrons de PME et indépendants, là aussi héritiers directes ou indirectes qui sont trop stupides pour comprendre cette vérité là.

Vous avez raison mais les détenteurs de capitaux sont pour la plupart des veaux incapables de se remettre en question et leurs serviteurs forcément de plus en plus incultes et incompétents car difficile de conseiller des vaniteux persuadés de tout savoir.

Le capitalisme mène à ça et des civilisations entières sont tombées plusieurs fois à cause de ça, ce cycle là entame aussi sa fin.

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