Référendum en Catalogne : 90 % des voix pour l'indépendance

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(Crédits : YVES HERMAN)
Au terme d’une journée de vives tensions autour du référendum, la Généralité de Catalogne indique, le 2 octobre, que 90 % des suffrages exprimés soutiennent la création d’une république indépendante. Le Parlement catalan pourrait, d’ici le 4 octobre, procéder à une déclaration en ce sens.

Mise à jour du 2/10 - Selon un décompte donné dans la nuit du 1er au 2 octobre, le vote en faveur de l'indépendance de la Catalogne obtient 90,09 % des suffrages exprimés. Dans un climat de vives tensions, qui a vu la police espagnole confisquer un grand nombre d'urnes, le taux de participation atteint seulement 42 % du corps électoral catalan. "Nous avons gagné le droit d'avoir un État indépendant qui prenne la forme d'une République", déclare le président de la Catalogne, Carles Puigdemont. Le Parlement régional catalan va être saisi des résultats de ce vote et pourrait, d'ici mercredi 4 octobre, procéder à une déclaration unilatérale d'indépendance. De son côté, le gouvernement espagnol a mobilisé près de 10 000 policiers pour empêcher la tenue de ce référendum, déclaré illégal par le Tribunal constitutionnel espagnol. "Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum, a estimé le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, au soir du 1er octobre. L'État de droit reste en vigueur avec toute sa force."

Article du 29/9 - Depuis que les séparatistes catalans ont annoncé la tenue d'un référendum sur la question de l'indépendance, malgré l'interdiction du tribunal constitutionnel, c'est tout le poids de la justice espagnole qui leur est tombé dessus. Menaces de poursuites judiciaires pour toute personne participant à l'organisation du scrutin, perquisitions dans des imprimeries pour confisquer les bulletins de vote, arrestations de plusieurs hauts fonctionnaires accusés de désobéissance, Madrid a usé de tout l'arsenal judiciaire et policier à sa disposition.

Guerre des urnes

Pourtant, le gouvernement catalan continue d'assurer que le scrutin aura bien lieu. Il a même présenté, ce vendredi 29 septembre, les fameuses urnes, objets d'une traque infructueuse de la police espagnole.

Pour le très indépendantiste président catalan Carles Puigdemont, la tenue de ce référendum est le but d'une vie. Cet ancien journaliste n'envisage aucune concession qui pourrait sauver son avenir politique, et se verrait très bien retourner dans la vie civile une fois sa mission accomplie.

De l'autre côté, le Premier minstre Mariano Rajoy est poussé par sa droite à agir avec fermeté et à ne surtout pas permettre la tenue du scrutin, qui serait vécu comme un véritable camouflet pour le chef du gouvernement.

L'enjeu de la participation

 Si la société catalane est divisée sur la question de l'indépendance, avec une très légère avance pour les partisans du non selon les derniers sondages, le résultat du référendum risque d'être beaucoup plus tranché.

Le scrutin n'ayant aucune valeur légale et étant de plus interdit par la justice espagnole, de nombreux anti-indépendantistes ne se déplaceront pas aux urnes. Mais si la participation est importante, les séparatistes pourraient avoir des arguments pour légitimer le scrutin ou du moins se retrouver en position de force pour négocier avec Madrid.

L'autre enjeu pour Barcelone : l'impact international. Les indépendantistes espèrent que les images de longues files d'attente devant les bureaux de vote feront le tour du monde et pousseront la communauté internationale à s'impliquer dans le conflit catalano-espagnol. Celles de policiers espagnols confisquant les urnes et fermant les bureaux de vote pourraient aussi jouer en leur faveur.

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Commentaires
a écrit le 02/10/2017 à 8:57 :
Effectivement le referendum est illégal et près de la moitié de la population ne serait pas PRO Indépendantiste cependant il faut savoir que la région bénéficie déjà d'une large autonomie et ses structures politiques à tous niveaux (dont écoles et éducations) privilégient depuis de nombreuses années la voie de l'indépendantisme fanatique, allant jusqu'à étouffer les voix et les initiatives des pro Espagne, les traitant de facistes et autre, les exemples sont nombreux à être cités par des personnes qui l'ont subi, système de fonctionnement qui est bien sûr inadmissible.

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