Carole Delga veut supprimer "la concurrence inefficace" entre les 2 régions

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Carole Delga s'exprimait face à une douzaine de patrons et décideurs
Carole Delga s'exprimait face à une douzaine de patrons et décideurs (Crédits : Christine Caville)
Dans le cadre de la série de débats avec les candidats aux élections régionales, Objectif Languedoc-Roussillon a reçu Carole Delga, le 6 novembre. Interrogée par une douzaine d’acteurs économiques, la tête de liste PS-PRG a développé les grandes orientations de son programme.

Au cours d'un échange d'une durée d'1h30 avec 12 acteurs économiques incontournables en Languedoc-Roussillon, Carole Delga a passé en revue les principaux points de son programme de campagne.

Soutien de l'économie

"Nous continuerons de soutenir la filière aéronautique et spatiale, mais aussi celle de la chimie verte, des énergies renouvelable, de l'industrie numérique. Je veux créer un fonds régional d'investissement, qui mobiliserait des fonds publics et privés, pour financer haut de bilan des entreprises en phase de croissance... La Région Languedoc-Roussillon a développé le concept des PRAE. C'est à travers ces parcs que l'on peut répondre aux besoins de foncier et de très haut débit. Enfin, nous voulons créer deux cités des start-ups, à Toulouse et Montpellier. Sur la culture de l'innovation, notamment l'innovation sociale, le Languedoc-Roussillon a un point d'avance. C'est un dispositif dont on s'inspirera. Par exemple, la pépinière dédiée à l'ESS (Pôle Réalis, NDLR) devra être dupliquée."

Équilibre économique du territoire

"Vous avez, en Languedoc-Roussillon, une vision faussée de Midi-Pyrénées, qu'on appelle souvent « Blanche Neige et les sept nains » car la région compte une grande métropole et sept départements très ruraux. Il existe donc en Midi-Pyrénées une vraie politique d'aménagement du territoire, et nous continuerons à avoir une action très forte sur tous ces territoires. Concrètement, ça passe par des pépinières d'entreprises, des dispositifs de tiers-lieux pour générer une dynamique. Mais aussi par la contractualisation au travers des réseaux consulaires, pour avoir un maillage fin..."

Fonds européens

"Avec 3 Mds € d'aides européennes, le Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées est la 2e région  en France sur les fonds FEDER, FEADER et FSE. Nous pouvons aller chercher d'autres crédits européens. Nous pouvons aussi augmenter l'apport du secteur privé. Par exemple, sur le Canal du Midi, le crowdfunding pourrait être intéressant, autant pour replanter des platanes que pour l'entretien des ouvrages d'art."

Santé

"Nous devons avoir des complémentarités et non des concurrences. Par exemple, il serait pertinent de présenter une candidature commune sur certains équipements, comme protonthérapie. Mais je ne peux pas dire que les investissements de la Région seront concentrés sur Montpellier. Il faudra aussi respecter les projets développés à Toulouse. Ma vision, c'est un équilibre."

Tourisme

"Sud de France est une marque ombrelle et c'est une vraie réussite. Le dispositif des Grands Sites de Midi-Pyrénées, que la Région soutient en terme de communication et d'infrastructures, n'est pas une marque. Ce dispositif est intéressant et doit être développé en Languedoc-Roussillon, pour le Pont du Gard ou le Canigou, par exemple. Tout ça sous la marque Sud de France. Pour le littoral, je veux lancer un plan « Racine 2 » qui permettra la rénovation de l'hébergement, la modernisation des équipements touristiques."

Énergies renouvelables

"Nous devons utiliser la façade maritime, prioritairement pour l'éolien. Il faut favoriser les dispositifs liés à la méthanisation, favoriser l'utilisation de véhicules électriques par l'installation de bornes. Mais aussi réduire la consommation d'énergie. Je veux aussi instaurer un dispositif d'éco-chèques afin de soutenir les travaux de rénovation énergétique des maisons des particuliers et dans le même temps soutenir la filière de l'artisanat et du bâtiment."

Mobilités

"La future région comptera 10 aéroports, dont 2 principaux, Toulouse-Blagnac et Montpellier. Nous devons définir les fonctions et vocation de chacun pour qu'il n'y ait pas de concurrence inefficace, les aéroports ayant des modes de gestion différents. Certains peuvent développer la maintenance, comme Nîmes, ou le tourisme religieux, comme Tarbes-Lourdes. L'aéroport de Montpellier doit être renforcé pour que nous ayons une image plus forte à l'international. Il faudra bâtir un plan d'action avec des complémentarité et certainement pas des doublons ! Sur le ferroviaire, j'ai toujours été favorable aux lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, mais aussi Montpellier-Perpignan qui est indispensable sur le corridor européen. La gare de la Mogère est aussi indispensable pour désengorger la gare Saint-Roch, qui sera dévolue aux TER, aux trains du quotidien. Concernant la route, tous les engagements signés dans le cadre du Contrat de Plan État-Région seront mis en œuvre, il n'y aura pas d'année blanche. Enfin pour les ports, nous avons beaucoup investi sur port de Sète et nous allons poursuivre. D'autant que la Région y est aussi, désormais, compétente sur le ferroviaire. Demain, il faudra regarder Sète et Port-la-Nouvelle, et non plus Bordeaux."

Enseignement

"Nous pouvons avoir deux écoles de commerces. Concernant le plan de financement du nouveau campus de Montpellier Business School, la Région sera au rendez-vous en partenariat avec les collectivités locales. Nous devons avoir une stratégie forte en matière d'enseignement supérieur et de recherche. Avec 220 000 étudiants, nous aurons un rôle à jouer au niveau européen."

Logement

"La Région Languedoc-Roussillon soutient financièrement la construction de logements sociaux, et la nouvelle Région continuera dans les zones tendues. Nous soutiendrons aussi le logement étudiant et le logement pour les saisonniers, ainsi que la rénovation de logements dans les centres bourgs des villes moyennes. Le préalable, c'est le foncier, et nous demanderons à l'État d'étendre à la nouvelle Région l'Établissement public foncier régional (EPF-LR, NDLR)."

Culture

"Le budget de la culture en 2016, pour les acteurs habituels, sera reconduit avec les mêmes montants, pour garantir une visibilité, et les subventions seraient versées en mars 2016, même si budget est voté en mai. Cela nous permettra de bâtir, pour 2017, une nouvelle politique, dans une co-construction avec acteurs culturels de tous les territoires."

La place de Montpellier

"Nous pouvons avoir deux métropoles capitales, même si juridiquement, il n'y aura qu'une seule préfecture de région. Les deux hôtels de Région seront maintenus, et toutes les assemblées délibérantes se tiendraient à Montpellier. Il faut une répartition équilibrée des services de la Région, de part et d'autre. Je ne serai pas cantonnée sur une seule ville. Les montpelliérains seront respectés, la ville aura toute sa place dans la nouvelle région. Montpellier doit continuer à être la « surdouée » comme le disait Georges Frêche."

Le futur nom de la région

"Le nouveau nom sera décidé par l'Assemblée délibérante avant le 30 juin 2016. Je ne proposerai pas de nom car cela doit se faire en concertation avec les acteurs économiques mais aussi les habitants. Je suis partante pour une vraie concertation."

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Commentaires
a écrit le 09/11/2015 à 10:46 :
Malgré les promesses, en voici une qui ne figure pas dans les objectifs affichés.

Lettre ouverte aux candidats
Plateforme de fret multimodale internationale
Une opportunité régionale, nationale et une ouverture internationale pour Nîmes-Garons
6 000 emplois non délocalisables (3 000 directs et 3 000 induits)
Madame, Monsieur,
Depuis plusieurs mois, avec la Sté Bengi management, nous n’avons cessé de promouvoir le projet de création d’une plateforme multimodale internationale de fret à Garons.
Les 30 rendez-vous et 6 rencontres publiques tenus ainsi que la diffusion de dizaines de milliers de flyers sur l’Agglomération ont recueilli de nombreux témoignages de soutien.
Or, malgré les déclarations d’intention de certains, les décisions ne sont toujours pas prises.
Ce projet relève des compétences de la Région et de l’Agglomération. Il est structurant pour le développement économique et environnemental local régional et international.
Nîmes est exceptionnellement située dans le principal couloir de circulation des marchandises au Sud de la France. (100 000 tonnes/jour) En position centrale sur la Méditerranée, à égale distance de Barcelone et de Gène, elle conjugue tous les modes de transport : Air, route, ferroviaire.
Située à 1h30 des ports de Sète et de l’Ardoise financés par la Région, sa position est renforcée par la mise en service en 2017 de la ligne mixte LGV ; voyageurs et fret à vocation Européenne.
Un financement supporté essentiellement par les utilisateurs privés.
Une complémentarité avec la future gare SNCF voyageurs et l’aéroport de Montpellier.
Le développement du ferroutage et transports doux connectés vers la ville avec le prolongement futur du TCSP.
Des terrains disponibles en 2017 : (base travaux LGV 80 ha.)
L’EPFR (Etablissement Public Foncier Régional) peut être mis rapidement à contribution afin d’engager les conversations avec la SNCF et porter le terrain le temps des études et la réalisation.
Nîmes et le Gard pourraient ainsi jouer les premiers rôles dans le réseau métropolitain avec Montpellier et plus largement dans la future grande région. C’est un atout majeur pour : améliorer l’organisation des transports, créer des milliers d’emplois et favoriser le développement durable.
Un tel projet d’intérêt général exige des décisions politiques rapides pour éviter que ces terrains soient voués à la spéculation immobilière sans gain durable pour l’économie gardoise.
Madame, Monsieur, Imaginons un instant que soit annoncée la suppression de 6 000 emplois sur le Gard. Quel élu resterait sans rien dire ? Que dire alors du manque d’engagement pour la création de 6 000 empois ?
Alors, nous vous posons la question suivante:
Êtes-vous prêt(e), en tant que candidat(e) aux élections régionales, à défendre et porter ce projet structurant pour Nîmes, le Gard et la Région ?
Le projet peut être visualisé dans son intégralité sur www.touspournimes.com
Vous remerciant pour votre attention, et dans l’attente de votre réponse, cordialement à vous.
Pour TPNA
Jean Paul Boré
Le porte-parole
a écrit le 09/11/2015 à 10:17 :
Chère madame, au vu de vos propositions deux pensées me viennent :
1) les promesses n'engagent que ceux qui y croient.....(sic)
2) peut être ne connaissez vous pas si bien que cela les dossiers dont vous parlez car la gare TGV de la Mogere est une ineptie redoutable et tous les indicateurs dans ce dossier sont dans le rouge. Mais peut être pour séduire les électeurs nîmois et autres pratiquez vous la bouvine et foncez vous dans le rouge .....la fin de ces fonceurs la est bien connue.
Bien sincèrement
a écrit le 08/11/2015 à 18:45 :
En considérant que "la gare de la Mogère est aussi indispensable pour désengorger la gare Saint-Roch, qui sera dévolue aux TER, aux trains du quotidien" après n'avoir parlé de Montpellier Perpignan que comme ligne à grande vitesse", Mme Carole Delga s'ajoute à la liste des politiciens qui n'ont pas encore compris que c'est surtout pour reporter de l'autoroute vers le rail le transport de fret notamment entre péninsule ibérique et reste de l'Europe que la ligne nouvelle est indispensable. Grâce au contournement Nîmes Montpellier, les gares de Nîmes Centre et surtout de Montpellier St Roch vont être libérés du trafic fret pour lequel a été conçu ce contournement qui était conçu et programmé sans gare nouvelle mais par contre avec un raccordement à Saint-Brès permettant l'utilisation du contournement pour des TGV qui desserviraient le Pôle d'Echanges Multimodal de Montpellier Saint-Roch où s'arrêtent les TER dont ont besoin les usagers venant de ou allant à d'autres gares ou haltes (comme Baillargues à l'est, Villeneuve-lès-Maguelonne, Vic-Mireval, Frontignan, Sète, Marseillan, Béziers). L'utilité d'une nouvelle gare à Montpellier (mais à l'intersection ligne actuelle, LNMP et CNM) ne sera avérée que si la ligne nouvelle Montpellier Perpignan amène un surcroît de trafic voyageurs TGV excédant les capacités (environ 8 millions de voyageurs par an) de Montpellier Saint-Roch rénové.
C'est pourquoi le collectif contre la gare de la Mogère (qui ne s'oppose ni au CNM ni à la LNMP) demande aux candidats au régionales de tenir compte des incertitudes juridiques pesant sur la réalisation de la gare de la Mogère (déclaration de projet contestée par un militant citoyen devant le tribunal administratif, alors que l'enquête public avait rassemblé 755 avis négatifs argumentés sur 770 opinions exprimées), construite sur une zone inondable et confiée dans sa conception, sa réalisation, sa maintenance et son exploitation à un partenariat public privé contesté devant le Conseil d'Etat et le Tribunal administratif par les associations ATTAC de Montpellier et ASSECO CFDT Languedoc-Roussillon, avec notamment le soutien d'Agir pour l'Environnement et d'autres associations de défense des consommateurs ou usagers ou de sauvegarde de l'environnement. Compte tenu notamment du clair positionnement contraire de Nouveau Monde en Commun, listes menées par Gérard Onesta, il y aurait un gros problème pour une unification des candidatures de gauche et écologiste , race positionnement aberrant de la tête de liste PS PRG (qui ne veut pas interrompre le financement régional de plus de 30 M€ dans cette gabegie contraire aux intérêts des usagers du rail qui ont besoin d'une gare non périphérique, mais argument de vente pour les promoteurs immobiliers étendant l'imperméabilisation des sols sur un poumon vers au sud-est de l'agglo géante).

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