Présidentielle : les élus régionaux se positionnent en vue du 2nd tour

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Candidat d'En Marche, Emmanuel Macron engrange les ralliements dans la région Occitanie, où Marine Le Pen l'a pourtant devancé.
Candidat d'En Marche, Emmanuel Macron engrange les ralliements dans la région Occitanie, où Marine Le Pen l'a pourtant devancé. (Crédits : En Marche !)
Après le séisme du 1er tour ayant vu l'élimination des candidats PS et Les Républicains, les élus de l'ex-Languedoc-Roussillon affichent leur position en vue du 2nd tour, prévu le 7 mai, qui opposera Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Sans surprise, ils appellent, pour une large part, à faire barrage à la candidate FN.

Les soutiens de Jean-Luc Mélenchon restant fidèles à la ligne adoptée par le candidat de la France Insoumise au soir du 1er tour (organiser une consultation en ligne avant de donner la moindre consigne de vote), tous les représentants des autres candidats (hors FN) ou leurs soutiens dans l'ex-Languedoc-Roussillon adoptent une position similaire dans la perspective du second tour : voter pour Emmanuel Macron, et faire barrage à Marine Le Pen, dans une région Occitanie où elle a devancé ce dernier. Avec quelques variations notables dans la formulation. Florilège.

Carole Delga, présidente du Conseil régional Occitanie - Pyrénées-Méditerranée (PS) : « Pour la 2e fois en quinze ans, l'extrême droite accède au second tour de l'élection présidentielle. [...] J'appelle clairement et solennellement tous les démocrates et républicains à voter sans états d'âme pour Emmanuel Macron, seul de fait, à pouvoir faire barrage à la haine et au programme social et économique destructeur du FN pour nos valeurs. Parce qu'aucune voix ne doit manquer dans ce moment grave pour notre pays, Emmanuel Macron doit prendre en compte les aspirations de la gauche et des écologistes telle qu'elle s'est exprimée. [...] Il est temps de passer à un nouveau cycle, d'en finir avec l'entre-soi et, surtout, de donner des preuves concrètes d'un nouvel âge politique tant en matière d'éthique, d'exemplarité et de transparence, en lien permanent avec les populations. [...] [Quant à] la situation historique de la gauche, la division stérile, l'affrontement des ambitions, le bal des égos a amené à ce résultat. Là aussi, il est temps d'ouvrir un nouveau cycle. . [...] Dans cette véritable reconstruction que nous devons mener collectivement, au sein du Parti socialiste, au sein de la gauche, j'entends prendre toute ma part. »

Philippe Saurel, maire de Montpellier, président de Montpellier Méditerranée Métropole (divers gauche, soutien d'Emmanuel Macron) : « C'est une grande satisfaction de voir Emmanuel Macron qualifié ce soir au second tour de l'élection présidentielle, répondant au besoin de renouvellement politique attendu par de nombreux français. Face à l'extrême droite, j'appelle l'ensemble des électeurs à se mobiliser au second tour derrière sa candidature qui rassemble une grande majorité de français en dehors des partis politiques traditionnels usés. »

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole, Président de France Urbaine (LR, soutien de François Fillon) : « En mettant à l'écart les formations politiques traditionnelles et en réduisant à la portion congrue le parti au pouvoir, le Parti Socialiste, les Français ont exprimé leur volonté de changement des pratiques politiques. Nous devons tous en tirer les leçons. Pour le second tour, j'appelle à repousser le spectre de l'extrémisme et de la sortie de l'Europe, incarné par la candidate du Front National. Sortir de l'Europe ruinerait la France, tuerait l'épargne et les retraites. [...] L'Histoire nous enseigne que, chaque fois que le pouvoir a été confié à un parti extrême, cela s'est toujours mal terminé et s'est retourné contre les peuples. [...] Au second tour, je voterai pour Emmanuel Macron. Il lui appartient maintenant de rassembler largement. Aussi, cet appel n'est pas, loin de là, un blanc-seing donné à M. Macron. Il ne peut pas ignorer les priorités qui sont celles des électeurs de la droite et du centre, qui souhaitent une vraie action d'alternance pour réparer cinq ans d'errements de la présidence Hollande. [...] Enfin, je ne peux ignorer, et M. Macron encore moins, le message que nous envoient les électeurs du Front National. S'il veut être le président de tous les Français, il devra se saisir des angoisses légitimes exprimées par ces électeurs. [...] »

Yvan Lachaud, président de Nîmes Métropole (LR, soutien de François Fillon) : « Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle démontrent clairement le dépassement des clivages entretenus par les partis traditionnels. Face au danger que représente le repli sur soi et la politique anti-européenne proposé par le Front National, j'appelle sans ambiguïté les électeurs de la droite et du centre à voter pour Emmanuel Macron au second tour. [...] Il nous appartient désormais de nous mobiliser derrière nos candidats de droite et du centre aux élections législatives pour le 3ème tour de cette élection. Ce 3ème tour construira en effet la majorité de demain, et donc la politique qui sera menée dans notre pays pour les cinq prochaines années. »

Kléber Mesquida, président du Conseil départemental de l'Hérault (PS, soutien de Benoît Hamon) : « Il est clair que le vote "utile" a siphonné les voix de l'électorat PS au profit de Macron et Mélenchon. C'est aussi, en partie, le résultat des trahisons d'opportunistes de tous bords. [...] Demain, Le front républicain s'impose pour faire barrage au Front National ! Comme nous l'avons fait en 2002, en appelant à voter Chirac, nous devons soutenir Macron au 2ème tour par un impérieux devoir républicain. Viendra ensuite le temps des législatives où nous aurons, à travers nos candidats, à défendre les acquis sociaux et les valeurs progressistes. [...] Dès demain, je poursuivrais la campagne pour barrer la route au FN au 2ème tour des présidentielles, et soutenir nos candidats PS sur toutes les circonscriptions de l'Hérault. »

Robert Ménard, maire de Béziers (soutien du FN) : « D'abord une satisfaction : Marine Le Pen sera devant les Français dans quinze jours. Ça veut dire qu'on a notre championne ! Quant à Emmanuel Macron, à la fois je ne suis pas étonné car les sondages le prédisaient, et en même temps je suis atterré ! Emmanuel Macron, c'est « Hollande saison 2 » ! Aujourd'hui, on sait entre quoi et quoi on va choisir : entre une candidate qui représente la France et un candidat qui incarne tout ce qu'on ne veut pas, c'est à dire l'abandon de la famille, de l'école, l'immigration à tout va, les problèmes de sécurité et de terrorisme... J'espère que ce peuple de droite, ce peuple français ne va pas se laisser abuser. Il faut donner un coup de pied dans la fourmilière. Même si vous avez des désaccords avec Marine Le Pen, comme moi. Moi, je choisis la France. »

Muriel Ressiguier, porte-parole de la France Insoumise (Jean-Luc Mélenchon) dans l'Hérault, interrogée sur France Bleu Hérault : « [Les résultats] montrent une pénétration de nos idées dans notre société. Il ne faut pas lâcher l'affaire, il nous reste les législatives. On peut faire en sorte que le candidat qui gagnera n'ait pas de majorité pour gouverner, d'envoyer des députés en masse de la France insoumise. Le 7 mai, je ne dis pas ce que je voterai. J'attends qu'on se décide collectivement, à la fois au Parti de Gauche, auquel j'appartiens, et via la plate-forme JLM2017 où il y aura une demande de vote de la  France insoumise. Les gens qui ont fait la campagne pour nous ne nous appartiennent pas, on décidera collectivement. Les gens ne sont pas des moutons, ce sont des sujets pensants ! On a un choix extrêmement difficile à faire entre une France haineuse, raciste, faussement nationale-socialiste, et une France où c'est "marche ou crève", avec l'argent érigé en valeur absolue. Les gens doivent se déterminer en conscience. »

François Commeinhes, sénateur-maire de Sète (LR, soutien de François Fillon) : « Le pire des scénarios avec un 2e tour laissant face à face les deux extrêmes est toutefois évité. Mon choix se portera naturellement sur la candidature d'Emmanuel Macron au 2e tour, tant le programme de son adversaire est porteur de régression économique, sociale et morale. »

Pierre Morel-A-L'Huissier, député de Lozère (LR, soutien de François Fillon) : « Je n'écouterai aucun ténor de la droite, ni du centre. Je reprends ma liberté de parole et mon indépendance. Nous avons été emprisonnés par la Primaire. J'attends de savoir « comment et avec qui ? » souhaite gouverner Emmanuel Macron avant de me prononcer. Mais ne m'enfermerai pas dans ce débat et les Français font ce qu'ils veulent. Ils sont assez grands pour dire « non » au Front national. »

Patrick Vignal, député de l'Hérault (PS, soutien d'Emmanuel Macron) : « Super ambiance au Nuage (à Montpellier, NDLR) avec l'équipe d'Emmanuel Macron. Du bonheur. »

Fanny Dombre-Coste, députée de l'Hérault (PS, soutien de Benoît Hamon), appelle « à faire barrage au Front National et à son projet dangereux et néfaste pour notre pays [...] dès hier soir ». Elle indique ainsi « repartir en campagne pour appeler à voter massivement pour Emmanuel Macron ».

Sébastien Denaja, député de l'Hérault (PS) et porte-parole de Benoît Hamon : « Je vote pour Emmanuel Macron. Pour la République ! ». Interviewé par BFM TV, le 24 avril, il ajoute : « les socialistes seront les quinze prochains jours dans le combat contre l'extrême droite ».

Patrice Prat, député du Gard (ex-PS, proche d'Arnaud Montebourg) : « Quand est-ce que nos responsables politiques s'attaqueront aux causes réelles du mal plutôt que dans l'urgence appeler à faire barrage ? Oui je ferai barrage au 2nd tour mais entendez- vous le cri, les douleurs du pays ? Secouez-vous, merde..., indique-t-il dans cette tribune. La France est fragmentée plus que jamais. Personne ne sortira réellement gagnant de cette élection. [...] Les prochaines années vont être éprouvantes si le sursaut français échoue ! Alors faites l'effort de comprendre l'ensemble des Français ou la suite prendra une mauvaise tournure. »

Michaël Delafosse, conseiller municipal d'opposition (PS, soutien de Benoît Hamon) à la Ville de Montpellier : « L'extrême droite est ennemie de la République et de l'Europe, elle doit être battue clairement le 7 mai. J'invite, dans la clarté, à voter pour Emmanuel Macron. Les élections législatives doivent ancrer à gauche le parlement. [...] Regardons devant. Nous avons tant à faire ensemble... Je ne crois pas à la fatalité de l'extrême droite en France et à la défaite de la gauche. »

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Commentaires
a écrit le 25/04/2017 à 9:30 :
La soupe est bonne! Mais il n'est plus très loin le jour de l'énorme coup de balai! Peut-être alors bénéficierons-nous d'une gestion des "deniers publics" plus sérieuse et rigoureuse (Gares de Manduel et de la Mogère; dossier Brico-Dépôt d'Aigues-Vives). Elle est loin l'époque où sous l'impulsion du Général de Gaulle des grands projets étaient engagés et aboutissaient (La Grande-Motte, Port-Camargue, Port Baccarès, etc.). Les "serviteurs de l'Etat" s'appelaient à l'époque Racine, Balladur, Couttenier. Il y avait à l'époque un pilote dans l'avion.
a écrit le 24/04/2017 à 18:52 :
Comme a chaque élection présidentielle au 2ème tour les politiciens de la droite vote pour la gauche et le contraire.
Ne serait il pas judicieux de former un partie unique pour ces 2 entités,
Et j'ai même une subjection pour eux " Le parti des Mafieux"
Réponse de le 25/04/2017 à 9:33 :
A votre proposition que je partage, je substituerai volontiers celle de "la conspiration des frangins".
a écrit le 24/04/2017 à 18:14 :
Je suis socialiste depuis toujours, je crois. Je vais avoir 82 ans, Benoit Hamon était mon candidat choisi dès les primaires; l'attitude des "cadors" du PS a été inqualifiable ! Ils sont allés à la soupe en rejoignant Emmanuel Macron ! Ce monsieur est,peut-être, un surdoué mais il a utilisé son bref passage au gouvernement pour se faire connaître et ,en définitive, il n'a aucune réelle expérience, si ce n'est dans le domaine de la haute finance ! Et, pourtant, je vais devoir voter pour lui , je n'ai,hélas,pas d'autre choix. Beaucoup de ceux qui votent Marine Le Pen n'ont pas connu le régime fasciste de Pétain et sa clique, moi, si, j'étais enfant mais, je n'ai jamais oublié !

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