Présidentielle : quid des PME régionales ? Macron et Le Pen répondent

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Emmanuel Macron (EM) et Marine Le Pen (FN) répondent aux interpellations des entrepreneurs et acteurs économiques d'Occitanie
Emmanuel Macron (EM) et Marine Le Pen (FN) répondent aux interpellations des entrepreneurs et acteurs économiques d'Occitanie (Crédits : EM/FN)
Qualifiés pour le 2nd tour de l'élection présidentielle, le 7 mai prochain, Emmanuel Macron (En Marche) et Marine Le Pen (FN) affûtent leurs programmes économiques. Interrogés par deux acteurs locaux sur l'invitation d'Objectif Languedoc-Roussillon, ils déroulent leurs propositions sur des enjeux forts de l'économie en région : les PME familiales et la transmission d'entreprise.

Sur l'invitation d'Objectif Languedoc-Roussillon, deux acteurs économiques interpellent les candidats d'En Marche et du Front National, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, sur des sujets intéressant directement l'économie régionale. Le premier est Anne Nouvel-Owens, directrice générale de la société nîmoise FIC.

Les PME familiales, grandes oubliées ?

Spécialisée dans le négoce du second oeuvre, FIC (270 salariés, CA : 68 M€) est une PME familiale qui évolue dans un secteur considéré comme "peu innovant" et qui "n'exporte pas", selon la dirigeante, tout en luttant pour "conserver des emplois au prix d'une faible rentabilité". "Quelles mesures de soutien envisagez-vous pour les entreprises de ce type, qui sont un peu les oubliées des mécanismes de soutien et autres aides ?", demande Anne Nouvel-Owens.

"Je partage votre analyse, répond Emmanuel Macron. Les PME familiales sont essentielles à la solidité de notre tissu productif. Elles seront gagnantes à la suppression de l'ISF, dont les règles relatives à l'exonération des biens professionnels constituaient un véritable casse-tête. Cet impôt est un frein à la transmission des entreprises, à l'augmentation de leur capital, au réinvestissement des bénéfices. En outre, la réforme de la fiscalité des revenus du capital, notamment les dividendes et plus-values mobilières, avec l'instauration d'une taxation forfaitaire de l'ordre de 30 %, allègera la pression sur les associés ou actionnaires de ces PME. Le financement en fonds propres des entreprises en sera facilité. Parallèlement, je défendrai le maintien des incitations fiscales à l'investissement dans le capital des PME. Enfin, la baisse du taux de l'IS à 25 % profitera à hauteur de plus de 3 Mds € aux PME."

"Les PME familiales sont les murs porteurs de notre économie, affirme Marine Le Pen. Elles font passer l'intérêt commun de l'entreprise et de leurs salariés avant celles des actionnaires, au risque d'accepter, transitoirement, une rentabilité amoindrie. J'envisage de faciliter leur transmission, même si celles-ci bénéficient déjà d'un régime favorable. Mon programme est résolument tourné vers les TPE-PME pour rééquilibrer leur situation face aux grands groupes. Ainsi, elles auront une priorité d'accès dans la commande publique et un bonus sera accordé aux entreprises locales. J'abaisserai les charges en recentrant les 50 Mds € d'allègements de charges sur les TPE-PME et en les conditionnant au maintien de l'emploi. Enfin, il faut élargir le taux réduit d'impôt sur les sociétés de 15 % à toutes les TPE-PME et à abaisser le taux normal à 24 %. C'est une mesure de justice fiscale."

Les Scops, une solution aux enjeux de transmission ?

Deuxième acteur économique contacté par Objectif, Fatima Bellaredj, directrice de l'URSCOP (Union régionale des Scop) Languedoc-Roussillon, rappelle que ce modèle économique de la société coopérative ouvrière et participative peut offrir une solution aux enjeux de la transmission d'entreprise (185 000 PME régionales concernées chaque année). Elle interpelle les candidats sur l'opportunité de "mesures fiscales et sociales incitatives" pour favoriser la transmission d'entreprises saines en Scop.

"Il faut que les salariés associés repreneurs soient aidés, estime Emmanuel Macron. Ils peuvent déduire de leur revenu 25 % des sommes apportées au capital de la Scop dans la limite de 12 000 € (24 000 € pour les couples). Et les Scops sont exonérées de la cotisation foncière des entreprises (CFE). Ces mesures seront défendues, et même renforcées si l'évaluation de leurs effets montre que cela est utile."

"Les PME sont surtout sur des marchés locaux et sont souvent non-délocalisables, souligne Marine Le Pen. Elles ont beaucoup de fonds propres mais c'est du défensif en vue des jours difficiles. Deux modèles sont à préserver et à encourager : les PME familiales et les Scop. Les chefs d'entreprises familiales pensent à transmettre à leurs enfants. Ils sont tournés vers le long terme, tout en étant à l'affût des innovations afin de pérenniser leurs entreprises. Le modèle des Scop est prodigieux car il résout une équation qui a longtemps fait l'objet d'études : les conflits entre actionnaires, salariés et management. Il réunit ces trois parties dans le but de préserver l'intérêt commun, celui de l'entreprise, et non de tirer la couverture à soi pour protéger sa rente. Je suis favorable à un traitement fiscal dérogatoire qui exonérerait davantage les transmissions d'entreprises en Scop."

Retrouvez l'intégralité de notre dossier sur les réponses d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen aux interrogations des décideurs et des entrepreneurs régionaux des filières tourisme, numérique, énergie, agroalimentaire et santé dans le dernier numéro d'Objectif Languedoc-Roussillon, déjà en kiosque ou disponible à la commande sur ce lien.

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Commentaires
a écrit le 02/05/2017 à 13:55 :
Lequel des deux défendra le retour de l'épargne populaire vers les entreprises ?
https://www.facebook.com/associationlovemoney/posts/10212467581146489
a écrit le 01/05/2017 à 19:14 :
Les SCOP ont déjà un régime de faveur. Les PME familiales (au sens communautaire) aussi, mais en réalité, elles sont souvent détenues en sous-mains par des groupes multinationaux beaucoup plus vastes. Il n'a y a plus beaucoup de vraies PME familiales en france.
a écrit le 26/04/2017 à 21:59 :
Ah j'ai compris les dirigeants de PME votent pour les candidats qui leur donneront des aides? Les 44 mds du cice sans embauche n'ont pas suffit? La France est vraiment bien barrée
a écrit le 26/04/2017 à 19:36 :
Il est évident qu'après 5 ans de Macron, la France ne sera plus la France. Le budget sera transféré à Bruxelles, et les GOPE seront désormais appliquées à la lettre avec la même violence sociale qu'on a vu en Allemagne, mais avec les mêmes effets qu'en Espagne ou même en Grèce : effondrement du pouvoir d'achat, baisse des salaires et du SMIC, diminution des aides sociales ou transformation sous la forme de mini jobs installant des masses de français dans le prolétariat et la misère.
Mais aussi explosion des départements, fusion des communes, multiplication des euro-régions, attisement des intérêts particuliers qui rendra le concept d'unité nationale aussi exotique que ne le fut l'alliance des tribus gauloises lors des invasions romaines. On sait comment ça a fini.
Réponse de le 26/04/2017 à 21:10 :
@Chouff

Vous perdez votre temps. On ne saurait faire boire un âne s'il n'a pas soif.
Encore moins s'ils sont des millions. Un pressentiment me dit que si Macron arrive au pouvoir et c'est un cataclysme dévastateur qui attend le pays.
Ils viendront ensuite pleurer parce que ça va mal.

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