Présidentielle : les aspirations de la French Tech Montpellier

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Entre les deux candidats en lice pour le 2nd tour, la French Tech Montpellier a choisi, de façon assez unanime
Entre les deux candidats en lice pour le 2nd tour, la French Tech Montpellier a choisi, de façon assez unanime (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Contactés par Objectif à la veille du 2nd tour de la présidentielle, le 7 mai, plusieurs personnalités et acteurs de la French Tech Montpellier ont pris position. Sans surprise, ils s’expriment en faveur d’Emmanuel Macron, sur la base d’un constat assez unanime : l’urgence de dépasser les fractures et les clivages que cette campagne a mis à vif.

Interrogés par Objectif Languedoc-Roussillon à l'approche du 2nd tour de la présidentielle 2017, de nombreux chefs d'entreprises, startuppeurs et acteurs de la French Tech Montpellier ont affiché, quand ils ont répondu, un soutien unanime à Emmanuel Macron. S'exprimant à titre personnel, et non pas au nom de leurs associés ou de leurs salariés, ils justifient d'abord cette position par la nécessité de préserver l'ancrage européen de la France, à l'image de Michel Assenbaum (L'Avion Jaune) pour qui « il faut maintenir la position de la France part rapport à ses partenaires en Europe et dans le monde. De mon point de vue, une victoire du FN déclasserait notre pays ».

« C'est bien sûr le programme d'Emmanuel Macron qui apparaît comme le plus constructif, dynamique et en accord avec ma vision d'entrepreneure, rajoute Bénédicte Laurent (Namae). Selon moi, tout repose sur l'addition des forces de chacun, plus on laisse de gens sur le bas côté, plus on perd des opportunités d'aller plus loin, de découvrir et d'avancer. Rien ne peut tenir et être pérenne en agitant l'épouvantail de « C'est la faute de l'étranger ». La préférence nationale sur les embauches par exemple, comme le propose Marine Le Pen, ne ferait que mettre en difficulté nombres d'entreprises ancrées dans les nouvelles technologies où nous peinons déjà à trouver du monde (développeurs informatiques par exemple). »

Une campagne médiocre ?

Il n'en reste pas moins que les jugements portés sur la campagne électorale sont globalement sévères : « pathétique, sans fond, pas digne d'une campagne présidentielle » (Thierry Cottenceau, Virdys), « la médiatisation des affaires de M. Fillon et sa mise en examen n'ont pas été très bénéfiques pour l'image de la politique française, ni pour l'image de la France à l'international - la présence de M. Lassalle non plus d'ailleurs » (Vincent Daffourd, Care Labs), « deux candidats, qui prônent la tolérance zéro sur les fraudes, toutes deux mises en examen, arrivent tout même à avoir les faveurs de la vox populi - au-delà de toutes positions politiques. Cette dichotomie « tous pourris » vs « 2eme et 3eme position au premier tour » me laisse perplexe » (Bénédicte Laurent, Namae).

« Cette campagne a été bruyante et clivante, résume Laure Vidal (Il était un Fruit). Il y a les pour et les contre, notamment sur l'Europe. Il y a aussi un clivage de société que les populistes essaient de mettre en place et qui ne peut être que néfaste et stérile. Par contre, j'ai apprécié la méthode du mouvement En Marche !, j'y vois un nouveau souffle démocratique. J'ai aimé aussi les débuts de discussion sur le revenu universel : la réflexion mérite d'être approfondie, il faut peut être envisager pour notre société un changement de paradigme. Les affaires Fillon ont eu le mérite de dire clairement à nos politiques que ces pratiques doivent s'arrêter ! »

Les valeurs portées par la French Tech, notamment, ont semblé parfois en retrait dans la fureur des débats, ce que relève Katia Vidic (Nelis), personnalité engagée du mouvement à Montpellier.

« On a vu un manque d'ouverture, de rassemblement, de fédération, déplore-t-elle. Et une guerre de l'égo. L'esprit créé par la French Tech n'y était clairement pas. A-t-on parlé du numérique, de la Smart City, de la fracture numérique, des zones urbaines, de civitech, des moyens de redonner confiance, de réimpulser une dynamique plus positive ? En arriver à une France qui pense s'abstenir au second tour face à un parti comme le Front National, je le respecte mais je ne le comprends pas. En 2002, nous étions tous révoltés de voir le FN au second tour et étions dans la rue. À présent ce parti s'est banalisé et cela semble normal. »

Quelles priorités après le 7 mai ?

De l'ensemble de ces réponses émerge aussi une demande forte pour une relance économique claire : « simplifier et fluidifier les activités, par des actions qui ne peuvent pas être prises isolément, en particulier la réforme du code du travail, qui doit aller de pair avec une protection sociale efficace et équitable en cas de perte d'emploi » (Michel Assenbaum, L'Avion Jaune), « le travail, l'éducation, la réforme fiscale - dans cet ordre » (Thierry Cottenceau, Virdys), « le déploiement du plan d'investissements dans la santé de 5 Mds €, qui prévoie entre autre la transformation de notre médecine de ville et de nos hôpitaux, et la suppression du RSI, qui soulagera un très grand nombre de courageux entrepreneurs, artisans et indépendants » (Vincent Daffourd, Care Labs).

Mais le malaise exprimé par nombre d'électeurs au cours de cette campagne trouve aussi un écho dans les positions des chefs d'entreprises qui s'expriment, notamment sur le volet social. Ainsi, Katia Vidic (Nelis) pointe-t-elle la nécessité de « retrouver des services de proximité, créer du lien social, permettre de rebondir, permettre de reprendre confiance et de ne plus vivre dans la peur, dans la peur de l'échec », tandis que Laure Vidal (Il était un Fruit) insiste sur l'urgence de « mettre l'école et nos enfants, les générations futures, au cœur de tout projet, de leur donner l'envie d'être acteurs de leur vie, de les éveiller à la culture, pour en faire des êtres capables d'appréhender le monde dans sa complexité ».

L'autre point saillant est la nécessité de restaurer le vivre-ensemble, au sein d'une société française divisée, comme semblent le montrer l'éclatement du corps électoral et la virulence des débats. Pour les acteurs interrogés, il s'agit désormais de « redonner de l'espoir dans l'avenir politique, social, économique et dans le rayonnement de notre pays » (Vincent Daffourd, Care Labs), « redonner de l'espoir dans nos quartiers, dans nos villes, villages, régions » (Katia Vidic, Nelis), « parvenir au plus vite à montrer que nous pouvons vivre ensemble et produire de la richesse » (Bénédicte Laurent, Namae).

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