Le Medef Montpellier reçoit 9 candidats aux législatives

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Les candidats LR étaient invités au petit déjeuner du Medef du 7 juin, ceux de LRM, le 8 juin et ceux du PS, le 9 juin.
Les candidats LR étaient invités au petit déjeuner du Medef du 7 juin, ceux de LRM, le 8 juin et ceux du PS, le 9 juin. (Crédits : C.C.)
Dans le cadre de la campagne législative, le Medef Montpellier-Sète-Centre-Hérault a auditionné des candidats héraultais Les Républicains, La République en Marche et socialistes les 7, 8 et 9 mai 2017. Objectif : faire entendre la voix du patronat et écouter les propositions électorales.

Samuel Hervé, le président du Medef Montpellier-Sète-Centre-Hérault, et les membres de son conseil d'administration ont invité les 7, 8 et 9 juin certains des candidats héraultais à la députation, investis par Les Républicains (LR), par La République en Marche (LRM) et par le Parti socialiste (PS). Au programme : « des échanges constructifs et sincères sur les enjeux et les réformes économiques, sur la place et le rôle des entreprises sur notre territoire, sur l'emploi et la formation, sur l'innovation et sur la rénovation du dialogue social ».

L'occasion pour le syndicat patronal de présenter ses sept priorités sur trois thématiques : supprimer les freins à l'entrepreneuriat, favoriser l'investissement et le travail, et redonner confiance.

« Nous souhaitons supprimer le dispositif pénibilité, remplacer le prélèvement à la source par un système de contemporanéité du prélèvement, revoir la fiscalité du capital et supprimer l'ISF, revenir sur les 35 heures, plafonner les indemnités prud'homales, mettre en place une instance unique de discussion au sein des entreprises, procéder à une nouvelle baisse des charges pesant sur le travail et alléger les taxes et impôts », énumère Samuel Hervé.

Et d'appuyer son propos : « La fiscalité locale est un vrai sujet, qui impacte fortement l'entreprise... Quant au prélèvement à la source, certes reporté à 2019, on souhaiterait que la charge administrative ne soit pas portée par les entreprises ! »

Les neuf candidats (trois LR, trois PS, trois LRM) ayant répondu positivement à cette invitation ont donc donné leurs visions de ces problématiques économiques.

ETI, PME, TPE...

« La diversité des entreprises est trop souvent oubliée, note Fanny Dombre-Coste, candidate sortante PS sur la 3 e circonscription. Le législateur prend des décisions qui s'adressent aux entreprises au sens large sans jamais identifier leurs différences. L'une de mes priorités est et sera de mettre en œuvre des politiques publiques qui soient adaptées à la taille des entreprises. Ce sont les politiques publiques qui doivent s'adapter à la taille des entreprises et non l'inverse. »

« Je n'accepte pas que des PME ferment à cause d'un souci de trésorerie, alors qu'elles restent bénéficiaires », déclare Nicolas Desmoulins, candidat LRM sur la 8e circonscription veut sensibiliser sur le sort les TPE et PME.

 « Notre territoire devrait être propice au développement des entreprises de taille intérmédiaire, estime Christian Assaf, candidat PS sur la 8e circonscription. C'est un de nos combats. Il faut leur donner un statut car c'est une réalité chez nous. Nous avions milité pour cela mais Bercy a bloqué. Il faut aujourd'hui demander à celui qui occupe l'Élysée pourquoi il n'en a pas voulu. »

 « La notion de bonheur au travail n'est pas dénuée d'intérêt, Fatima Bellaredj, candidate PS sur la 2e circonscription. C'est un point important car un salarié épanoui s'implique beaucoup plus. Cet investissement se traduit en productivité. »

Loi Travail

« Le gouvernement veut alléger le code du travail mais il faut commencer par réduire le nombre de contrats de travail, argue Joseph Francis, candidat LR sur la 1e circonscription. C'est de la fumée électoraliste ! Il ne faut pas de réformettes mais changer le logiciel... Il faut casser Bercy qui ne travaille que pour les multinationales alors que notre pays compte majoritairement des PME. »

« Nous partons à l'aventure avec un Président qu'on connaît peu, souligne Arnaud Julien, candidat LR sur la 8 e circonscription. Il parle de concertation, mais in fine, ils vont légiférer par ordonnances. Alors pensez qu'ils vont devoir céder aux syndicats et ça passera aussi par les ordonnances ! »

« Aujourd'hui, nous avons des droits avec des statuts ciblés, explique Coralie Dubost, candidate LRM sur la 3e circonscription. Je préconise la suppression de ces statuts et l'introduction d'un socle de garantie des droits fondamentaux des travailleurs, ceci permettra de mieux organiser le temps, les négociations collectives et renforcera la légitimité des syndicats. »

Haut débit - Internet

 « Il va falloir travailler sur le très haut débit pour tous, notamment en zone rurale, indique Jean-François Eliaou, candidat LRM sur la 4 e circonscription. Ceci à un lien direct sur le développement économique, la santé. Il donne la possibilité aux gens de s'installer dans les zones rurales. »

Contraintes et impôts

« Il faut libérer les entreprises des contraintes administratives, propose Catherine Dardé, candidate LR sur la 3e circonscription. Il faut aussi harmoniser l'impôt sur les sociétés, qui est supérieur à la moyenne européenne en France et qui génère une concurrence déloyale, notamment dans la viticulture. Je veux veiller à ce que toutes les mesures que prendra le gouvernement n'aillent pas dan le sens de l'alourdissement des charges de l'entreprise. »

« Les charges pour l'entreprise, j'appelle ça du racket, surenchérit Arnaud Julien (LR, 8e circo). Je suis pour la refonte total du RSI. Et il faut pérenniser la baisse des charges sociales, taxes et impôts, c'est une de nos priorités. »

« Les politiques publiques doivent être le plus neutre possible pour les entreprises afin de leur garantir un environnement stable, indique Fanny Dombre-Coste (PS, 3e circo). Les entreprises ont besoin de pouvoir se projeter sur le long terme. Elles ne peuvent pas modifier leur fonctionnement tous les cinq ans. La fiscalité est nécessaire car elle finance notre modèle social mais elle ne doit pas handicaper nos entreprises. »

La vague Macron

 « Notre challenge, c'est d'empêcher la vague Macron, de ne pas donner tous les pouvoirs au Président, qui est quand même celui qui a fait éclater les partis politiques traditionnels, lance Catherine Dardé (LR, 3e circo). Je suis pour le partage des pouvoirs. »

« J'en appelle à vous, chefs d'entreprises même si vous n'êtes pas les bataillons qui alimentent le plus les troupes communistes ou socialistes, lance Christian Assaf (PS, 8e circo). Qui sont les candidats que vous connaissez, ceux où vous pouvez taper à la porte pour demander un soutien pour l'un de vos combats ? Ceux qui sont liés par une charte au Président de la République, ceux à qui ont accepté de voter tout ce que le Président proposera : ceux-là, je ne suis pas certain qu'ils soient de bons combattants. Nous voulons tous que la France réussisse mais je ne crois pas que ça passe par des godillots qu'on envoie à l'assemblée nationale. »

 « Je veux être un VRP du territoire, pour faire venir des entreprises, déclare Arnaud Julien (LR, 8e circo). Sans vous, on ne peut pas créer d'emplois ni de richesses. Nous serons avec vous pour vous accompagner. Souvenez-vous que 80 % des candidats Macron sont de gauche, et qu'il faudra se battre ! »

 « Je suis sur une circonscription où le candidat LRM a été investi directement par le maire de Montpellier, indique  Fatima Bellaredj (PS, 2e circo). C'est un signe. Demain, on ne peut pas se permettre d'avoir des députés godillots. On ne va pas à la foire mais on va travailler. Ils sont très gentils mais il faut être dans une opposition constructive. »

Une charte à signer pour les candidats

Pour finir ces rencontres pré-électorales, le président du Medef Montpellier-Sète-Centre-Hérault invite tous les candidats à s'engager, s'ils sont élus, dans un prolongement du dialogue et de la concertation avec l'instance patronale.

« Le Medef Montpellier-Sète-Centre-Hérault va nommer un référent territorial pour chaque député, qu'on aimerait que vous vous engagiez, par la signature d'une charte, à recevoir deux fois par an », a proposé Samuel Hervé à chacun des candidats invités.

Son objectif : un suivi des promesses formulées et que ces rencontres et échanges ne restent pas lettre morte...

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